Batman Imposter - Tomlin - Sorrentino - Bellaire

Batman Imposter est une histoire complète de Mattson Tomlin (scénariste) et Andrea Sorrentino (dessinateur de la série Le Mythe de l’Ossuaire ) colorisée par Jordie Bellaire (une complice habituelle de James Tynion IV) . Une fois encore : ne pas se poser la question de la continuité. Bruce Wayne porte le costume de Batman depuis quelques années. Il a, depuis, lutté contre le crime à Gotham avec l’aide du commissaire Gordon. Leur principal fait d’armes a été la mise au jour de la corruption de certains juges par la mafia, ce qui a abouti à la libération de nombreux criminels en raison de l’illégalité des procédures qui les avaient concernés. Quand l’histoire commence, Gordon a été poussé à la démission, le procureur Dent est aux abonnés absents, et la ville comme le GCPD se méfient vivement d’un justicier masqué dont nul n’arrive à déterminer s’il est un paladin, un criminel ou un fou furieux. C’est là, page 1, que ledit justicier arrive, gravement blessé, chez Leslie Thompkins, sa t...

De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122


Dans le Bifrost 122, il y a aussi une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso.


« La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille ». C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre, de John Scalzi, que s'ouvre De boue et de bois, un texte de 24 pages d'une richesse insigne.

Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen ». Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!!

Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ?

Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle.

On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évolution et la passion naturaliste (comme dans Wolf Worm) ; une forme délicieusement vintage de biopunk (très différent de celui de La Fille automate) ; un nouveau genre de damnés de la Terre ; des workhouses très dickensiennes ; et un enfant sauvage qui rappelle le film de Truffaut. Un mariage malheureux aussi, une perte terrible, et, omniprésents, le poids de la pression sociale et le jugement des pairs.

Ces thèmes sont tous suffisamment abordés pour ne pas faire gadget. Ils apparaissent par touches successives qui dévoilent l'univers du récit et construisent une biographie cohérente dans un monde qui ne l'est pas moins. Le tout sans oublier une forme d'humour pince-sans-rire très british « Oh, Henry, il se voulait différent. Il rêvait de musique enflammée, d’archet qui danse et de création qui brûle les veines — de triomphe éternel. Il n’a eu que la mèche qui virevoltait. » qui fait contrepoint d'une part à la culture très bourgeoise d'une protagoniste principale qui est le pur produit de son éducation, et d'autre part à la candeur enfantine et fraiche du « spécimen ».

C'est brillant, brillant, brillant. J'en suis tout ébaubi.

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