Encore deux mots (c’est fréquent ces jours-ci, les « deux mots », mais les habitués savent que je n’aime guère commenter les tomes n car la présentation du monde et des personnages est déjà faite, qu’elle est largement entamée pour les enjeux, et qu’il importe de ne pas spoiler pour les lecteurs qui n’auraient pas encore attaqué les tomes précédents ; le tout crée un système de contraintes qui limite très fortement ma loquacité) pour signaler la sortie du tome 3 du W0rldtr33 de Tynion IV, assisté de Blanco et Bellaire.
Après cette (trop) longue intro, voici les quelques mots promis :
Ce tome est le premier qui se passe principalement dans le futur, après l’apocalypse provoquée par l’Undernet. La Terre est un champ de ruines qui ressemble assez à la vision de l’avenir que donne les films Terminator.
Ellison, déjà vu dans les tomes précédents, est l’un des survivants des décennies noires écoulées. Il tente toujours de documenter ce qui peut l’être. Pour qui ? Pour quoi ? Podcaster un jour, podcaster toujours. Entré en contact avec un groupe de résistants/survivants mené par le dernier rescapé de la petite équipe réunie naguère autour de Gabriel Winter, Ellison cherche, en leur fournissant des informations précieuses, à les orienter vers la résistance et la contre-attaque quand le groupe se contentait jusque là de préserver et de transmettre la culture d’un monde évanoui (ce qui n’était déjà pas mal mais sûrement pas suffisant).
Rien d’étonnant alors si l’Undernet réagit, de la façon violente qu’il maîtrise à merveille.
Parallèlement tu découvriras, lecteur, la vie de Samantha. Tu verras comment et pourquoi une sœur adolescente un peu jalouse à pu être séduite par le côté obscur de l’Internet au point d’en devenir une utilisatrice passionnée et un agent contaminant (un patient zéro). Se confirmera aussi ce qu'on subodorait déjà (Cf. fin du TPB2) : Samantha n'est pas seule. Elle a des alliés puissants, car le mal séduit toujours ceux qui n’en sont jamais rassasiés.
Cette série pré-ap, ap, post-ap est violente, bien écrite, passionnante, autant dans ce qu’elle raconte que dans ce qu’elle garde encore secret. Mais elle n’est pas que ça. Elle est aussi une critique de plus en plus explicite des dérives de l’Internet, loin si loin de promesses initiales qui étaient, certes, utopiques, mais dont on aurait tant voulu qu’elles deviennent réalité. L’un des personnages de ce TPB3 dit à un Ellison à propos des serveurs de données artisanaux qu’il entretient : « ...L’Internet tel qu’il était pensé au départ, attention, c’est à dire sans putain d’algorithme ni capital risque de mes deux. Je te parle du véritable Internet, celui qui aurait du advenir. Celui qui met à portée de clics tout le savoir, l’histoire et la culture de l’humanité ». Cet Internet du début, lui le regrette, clairement moi aussi. D’Internet je garderais, je crois, Wikipedia et les emails. Seul Cory Doctorow est un peu plus optimiste.
A lire en tout cas, comme je crois tout ce qu’écrit James Tynion IV.
W0rldtr33, volume 3, Tynion IV, Blanco, Bellaire

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