On verra bien - Christophe Siébert

Après le lumineux Mickey et le roi des pirates dans lequel tout finit par s'arranger, redescente sur Terre avec On verra bien de Christophe Siébert. Nouvelle déjà ancienne de Siébert, On verra bien  s'est appelée Tu es une pute avant d'être mertvecgorodisée. Elle est publiée aujourd'hui par la maisonette d'édition Ours . On verra bien commence mal, se poursuit mal, finit mal. C'est triste, crade, et malheureusement pas spécifique à Mertvecgorod. 20 pages d'abjection où se croisent dissociation, acceptation, et une modeste révolte ; mais reprochera-t-on à quelqu'un de n'aller pas plus loin que le maximum de ce qui lui est possible ? Cette petite histoire (format A6) qui rappelle qu'il vaut parfois mieux n'être la princesse de personne est publiée dans une version amoureusement cousue main par les amicaux tenanciers de la maison Ours. Un joli petit écrin pour une bien vilaine histoire, et une maisonette d'édition très sympathique qui p...

Mickey et le roi des pirates - Chamblain - Dav


Londres, 1859. La ville emmitouflée sous la neige appartient largement à Picsou, le canard milliardaire. Sous l’ombre tutélaire du coffre géant se trouvent des restaurants Picsou, des transports Picsou, des théâtres Picsou, des usines Picsou, des aciéries Picsou, and so on.

Dans cette Angleterre en pleine Révolution industrielle, dans une ambiance qui rappelle immédiatement Dickens, on apprend par la presse, dès la première page, qu’un terrible malheur vient d’advenir, le célèbre Sou fétiche a disparu. Volé sûrement. Mais par qui ? Il était pourtant protégé par un imposant dispositif de sûreté, qui s’est révélé inutile. Quant à Donald, censé l’avoir à l’œil, il n’a rien vu ni entendu et ne se souvient de rien. Etrange.

Sans aucun indice ni témoin, comment retrouver une si petite aiguille dans l’immense botte de foin mondiale ?


Sans la moindre hésitation, après avoir incriminé ses plus féroces ennemis, Picsou part à la recherche du Sou disparu. Les jours passent dans l’inquiétude (qui dirige l’empire pendant qu’il n’est pas là ?), jusqu’au retour d’un Picsou passablement bizarre qui dit avoir changé ses priorités et semble délaisser ses entreprises et ses affaires. Son empire industriel et financier survivra-t-il à la désinvolture du canard le plus riche du monde ?

Il faudra le courage et la ténacité du journaliste Mickey et de ses alliés pour retrouver le Sou perdu et remettre de l’ordre dans un monde tourneboulé.


Mickey et le Roi des pirates est un one-shot de la série Disney Glénat. Et c’est une réussite.

C’est une aventure trépidante pleine de faux-semblants et de demi-vérités.

C’est une revue d’effectif qui permet au lecteur satisfait de cheminer avec Mickey, Minnie, Donald, Daisy, Dingo, Pluto, Pat Hibulaire, Miss Tick, Flairsou, Clarabelle, Géo Trouvetou, le Fantôme noir et même le Commissaire Finot.

C’est un album aux dessins et couleurs d’une très grande beauté qui restitue un monde aujourd'hui disparu (avec un souci du réalisme poussé jusqu’à tenir compte de la date d’achèvement du Pont de Westminster).

C’est l’occasion de visiter une Londres où se côtoient belles demeures victoriennes et galetas sordides, de parcourir l’île de la Tortuga et ses repères de pirates, d’apercevoir le Vésuve ou le corbeau Algorab (Géo Trouvetou est même ici une occurrence du fusil de Tchekhov).

C’est beau, c’est dynamique, c’est coloré.


Cerise sur le gâteau, Mickey et le Roi des pirates est, on peut le dire, une BD wébérienne. A la charnière des XIXe et XXe siècles, le sociologue allemand Max Weber regrettait la rationalisation du monde qui en chassait toute magie, le désenchantant littéralement et enfermant l’homme dans la « cage de fer » de la rationalité opératoire. C’est à ce désenchantement que tentent de répondre les protagonistes de l’album, de manière explicite – on le voit dans la planche ci-dessous. Fonce, lecteur !


Mickey et le Roi des pirates, Chamblain, Dav

Commentaires