Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Madeleine, Résistante tome 4 - Morvan - Bertail - Riffaud

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Suite et fin de la série Madeleine, Résistante, de Bertail et Morvan, guidés et éclairés par les souvenirs de Madeline Riffaud.

On a déjà tout dit de la personnalité et du courage de la très jeune femme qui entra dans la Résistance à l’âge de 18 ans et participa à toutes les missions et à tous les combats des FTP dans et autour de Paris.

Ce qu’on n’avait pas encore dit, car ce n’était pas arrivé, c’est que Madeleine Riffaud, qui avait échappé tant de fois à la mort, s’est éteinte le 6 novembre 2024 à l’âge de 100 ans, peu après la sortie du troisième tome de ses mémoires de Résistance. Elle n’aura donc pas vu ce tome 4 dont je te parle ici, lecteur, mais elle avait déjà donné assez de matériel à JD Morvan pour qu’il puisse finir seul de narrer une épopée que, jusqu’aux derniers instants de sa vie, elle avait voulue modeste.


C’est la bataille pour la libération de Paris en 44 qui est racontée dans ce tome 4. Une bataille qui vit mourir nombre de combattants, ceux qui portaient un uniforme comme ceux qui n’en portaient pas et n’étaient pas moins courageux – sans compter les civils, victimes collatérales des affrontements ou des tireurs embusqués.


On y voit des amis de Madeleine mourir alors que la fin est si proche. Lautrec et Barbier sont tués sous ses yeux alors que la bataille était perdue pour les Allemands.

On y voit quantité d’autres morts, comme cette jeune résistante naïve qui voulait « tenir la barricade » ou « tuer un Boche » et qui prit deux balles parce que, toute à son observation passionnée, elle s’était rendue trop visible des ennemis en face.

On y voit ce milicien dont Madeleine ordonna l’exécution dans une sanisette pour lui éviter d’être lynché par la foule après qu’il eut – peut-être – abattu une petite fille.

On y voit Madeleine envoyée par le colonel Rol-Tanguy exécuter un traître dont l’identité reste dissimulée jusqu’à ce jour. Seuls quelques-uns savent.

On y voit comment, après une reddition de masse, Madeleine sut cette fois se rendre maîtresse de la foule et empêcher, encore, un lynchage. Je crois me souvenir que De Gaule aurait ironiquement dit que l’engagement n’était jamais si beau que lorsqu’on ne l’attendait plus, et il y en eut des courageux et des engagés de la dernière heure dans les rues de Paris après la débâcle allemande.

On y entend les bilans que fait Madeleine de ses amitiés de la Résistance, ceux qu’elle ne revit jamais, ceux qu’elle revit seulement des décennies plus tard, ceux, minoritaires, avec qui elle garda des contacts. Ce temps était fini, tous étaient passés à la suite de leur vie.

On y voit comment, situation revenue presque à la normale, Madeleine se retrouva sans compagnie ni compagnons ni but. Comment, risquant de dériver, elle fut sauvée – peut-être – par une rencontre avec Paul Eluard qui la prit en amitié et lui présenta nombre de personnalités.


Madeleine est une héroïne – parmi d’autres – qui auraient pu mourir maintes fois comme tant de ses compagnons. Les hasards de la guerre et sa grande habileté lui ont permis de vivre pour raconter ces journées de grande aventure.

Courage, abnégation, héroïsme, Madeleine Riffaud personnifie ces valeurs ; tous ses compagnons de la Résistance aussi. Qu’ils soient tous remerciés !

Et que soient remerciés aussi JD Morvan et Dominique Bertail qui ont recueilli les souvenirs de Madeleine et les ont rendus accessibles au public et à la mémoire collective.


Madeleine, Résistante, t4, Morvan, Bertail, Riffaud


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