Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

The End of the World as we Know it - Anthologie The Stand


Il y a des années j’ai lu et apprécié The Stand – même si j’ai un peu allégé ce très (trop) long roman. J’ai ensuite lu l’adaptation BD, ce qui prouve que mon appréciation n’était pas fake.

Voilà que sort une anthologie coécrite par certains des bons auteurs du moment. Elle revisite l’univers de The Stand, y retourne, nous en dit plus sur des choses que King n’avait pas trouvé le temps de raconter, nous offre le plaisir coupable de retourner arpenter une terre ravagée.


Edité par Christopher Golden et Brian Keene, doté d’une introduction de Stephen King, d’une préface de Christopher Golden et d’une postface de Brian Keene, The End of the World as we Know it rassemble des textes de Wayne Brady et Maurice Broaddus, Poppy Z. Brite, Somer Canon, C. Robert Cargill, Nat Cassidy, V. Castro, Richard Chizmar, S. A. Cosby, Tananarive Due et Steven Barnes, Meg Gardiner, Gabino Iglesias, Jonathan Janz, Alma Katsu, Caroline Kepnes, Michael Koryta, Sarah Langan, Joe R. Lansdale, Tim Lebbon, Josh Malerman, Ronald Malfi, Usman T. Malik, Premee Mohamed, Cynthia Pelayo, Hailey Piper, David J. Schow, Alex Segura, Bryan Smith, Paul Tremblay, Catherynne M. Valente, Bev Vincent, Catriona Ward, Chuck Wendig, Wrath James White et Rio Youers.

Ouch ! Ca fait du monde, y compris du beau monde.


Quatre parties dans l’anthologie :

  • pendant la crise de la super grippe qui tue l’essentiel de l’humanité,
  • peu après – quand des survivants épars répondent à l’appel de Mother Abagail et du Walking Dude,
  • longtemps après – quand des groupes épars inventent de nouvelles façons d’être alors que le souvenir de ce qui fut s’estompe,
  • et même à coté, d’un point de vue littéraire.


Les auteurs rassemblés ici proposent, à travers leurs 34 textes, une revisite très plaisante du monde de The Stand, offrant au lecteur un petit (gros) plaisir régressif, qui ressemble au visionnage des spin-off d’une série très appréciée.

On y revoit, plus ou moins développé selon les histoires, les thèmes et les tropes qui habitaient le roman original. Morts en masse et deuil impossible à faire, entraide et solidarité, prédation et violence sans frein, chute des normes sociales et sociopathologie affichée, tentative de faire avec et difficulté à s’adapter, désespoir lucide et volonté de lâcher l’affaire.

On y voit à quel point l’humain, cet être social par essence, est mis en difficulté par la disparition de la société qui est son biotope-artefact.

On y voit aussi la difficulté qu’il y a à tout simplement survivre dans un monde qui ne dispose plus des moyens de protéger la vie. Plus d’antibiotiques et on meurt d’une banale infection, plus de services de secours et une jambe cassée est fatale. Et je ne parle pas des aléas météo, je pourrais.


Et puis, au fil des histoires, avant, pendant, et même après le pic de la crise, comme dans le roman, les forces du Bien et du Mal s’affrontent alors que l’affaiblissement inédit des institutions humaines leur offre l’opportunité de s’immiscer comme rarement dans la vie de l’humanité ou de ce qu’il en reste. Et quand tout est dit et accompli, de nouvelles croyances, de nouveaux mythes, voire de nouvelles religions apparaissent, qui occuperont l’espace laissé vacant par l’effondrement humain.


34 histoires, je ne vais pas les commenter toutes. Peu sont de mauvaise qualité. J’ai pris du plaisir à presque toutes. Chacune parlera au lecteur d’une manière qui est autant liée au lecteur lui-même qu’à l’histoire qui est racontée.


Citons quelques originales que j’ai bien aimées :

The Tripps, de Wrath James White, une terrifiante histoire d'horreur domestique et urbaine.

Grace, de Tim Lebbon, qui se passe dans une navette spatiale (pas cool!) – et oui, je rappelle qu’on est dans les années 80, ce qui signifie aussi, pas de téléphones mobiles, pas d’Internet, pas d’ordinateurs portables. Les survivants sont, bien plus que nous, on their own.

The African Painted Dog, de Catriona Ward. Amusante.

Kovach’s Last Case, de Michael Koryta. Policière, amusante.

The Legion of Swine, de SA Cosby, joliment écrite.

The Story I tell you, de Paul Tremblay, dont la narration est intéressante.

The Mosque at the End of the World, de Usman T. Malik. Dans un cadre très original.


J’ai bien aimé à peu près la totalité des parties 3 et 4 soit :

He’s a Righteous Man, de Ronald Malfi.

Awaiting Orders In Flaggston, de Somer Canon

Grand Junction, de Chuck Wendig

Hunted to Extinction, Premee Mohamed

The Devil’s Children, Sarah Langan

The Unfortunate Convalescence of the SuperLawyer, Nat Cassidy. Très originale.

Walk on Gilded Splinters, David J. Schow


Et Poppy Z. Brite, avec Till Human Voices Wake Us, And We Drown, fait du Poppy Z. Brite. C’est un peu consternant de ne jamais sortir de son couloir de nage.


Une belle anthologie donc, à lire au fil de l’eau, un texte après l’autre, entre deux lectures différentes, pour éviter l’effet d’accumulation, comme du temps où il y avait une semaine d’attente entre chaque épisode de série télé.


The End of the World as we Know it, Anthologie

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