Le Serment - Gabella - Bourgouin

  Contrairement à ce que j’affirmais hier, la chronique conclusive de la série Fables n’aura été que la pénultième du mois de février. C’est celle-ci qui sera la dernière. Alexandre est un médecin brillant (parait-il) . Après une erreur ? malversation ? malveillance ? il a été radié et interdit d’exercer. Pour préserver son train de vie et celui de sa famille dans leur superbe maison en duplex, Alexandre, depuis, est le médecin de la pègre. Anonyme et protégé par d’imposants protocoles de sécurité, le médecin déchu soigne les blessés de la guerre des gangs ou des braquages qui tournent mal. Voilà qu’un soir, alors qu’il soigne un blessé par balles dans son cabinet de médecine secret, il y subit l’intrusion d’un homme très excité qui affirme avoir été mordu par un vampire et avoir besoin d’attention médicale urgente – pour être précis, avant le coucher du soleil et une métamorphose dont les conséquences seraient fatales pour Alexandre. Comme toi, lecteur, le praticien ne croit pas ...

L'Enigme de Turnglass - Gareth Rubin


L'Enigme de Turnglass est un roman tête-bêche, un genre, devenu pour un temps populaire au XIXè siècle, dans lequel deux textes sont proposés tête-bêche dans un but d'économie. Ici, chaque texte est une réponse à l'autre, ce qui fait de ce "bel objet éditorial" (je cite), une intrigue dont la totalité ne se dévoile qu'après avoir lu les deux parties qui, à priori, ne semblent pas liées.


En voici le résumé éditeur :

" Retournez le livre / Découvrez la vérité " Deux histoires, deux époques, deux sens de lecture, pour une histoire à énigmes palpitante.

Côté pile : Angleterre, 1881. Simeon Lee, un jeune médecin londonien, se rend sur l'île de Ray, au large de l'Essex, à la demande de son oncle, Oliver Hawes. Ce dernier, gravement malade, est persuadé d'avoir été empoisonné. Peu de temps après son arrivée dans l'unique maison de l'île, Turnglass House, Olivier fait une découverte des plus étranges : dans un coin de la bibliothèque se trouve une immense cage de verre, dans laquelle est enfermée une femme. Il s'agit de Florence, la belle-sœur d'Oliver, déclarée folle après avoir tué son mari. Quel secret cache-t-elle vraiment ? La vérité se trouve peut-être dans le journal intime d'Oliver, dont chacune des faces raconte une histoire très différente...

Côté face : Californie, 1939. Oliver Tooke, célèbre écrivain et fils du gouverneur de l'État, est retrouvé mort. La police conclut à un suicide. Mais cette hypothèse ne convint pas son ami Ken Kourian, jeune acteur qui tente de percer à Hollywood. Ken décide d'enquêter et découvre de nombreux éléments troublants dans le passé de son ami : l'enlèvement de son frère lorsqu'ils étaient enfants et l'internement de sa mère, Florence, dans un asile. Mais pour découvrir la vérité, Ken devra déchiffrer les indices cachés dans le dernier ouvrage d'Oliver, un roman tête-bêche intitulé L'énigme de Turnglass et dont le héros est un jeune médecin appelé Simeon Lee....


Intrigant. 

Hélas, si l'histoire (qu'il vaut mieux lire dans le sens 1881/1939 si on tient à lire) est intéressante et les révélations (pléthore, c'est le jeu) pas trop tirées par les cheveux, L'Enigme de Turnglass souffre néanmoins de défauts qui me semblent rédhibitoires.

D'abord, globalement, le texte est mal écrit ou mal traduit ou les deux. Expressions étranges, liens logiques parfois peu évidents entre deux phrases successives, à la lecture le texte heurte. C'est vraiment le point noir qui, assez rapidement, m'a tenu à l'extérieur du livre et m'a empêché de l'apprécier.

Ensuite, les motivations à enquêter, en 1881 comme en 1939, paraissent un peu légères. Et on regrettera le caractère parfois artificiel et excessif de certains émois, inquiétudes ou emportements, ainsi que le manque de réussite de certaines descriptions et images - certaines si maladroites que c'en est presque gênant.

On déplorera encore que la volonté de twist ne soit pas servie par une réalisation à la hauteur car, de fait, on sent venir d'assez loin les deux retournements des deux récits.

Enfin, et là auteur et traducteur n'y sont pas pour grand chose, un certain nombre de coquilles témoignent du peu d'attention portée au texte, quand "Coraline" devient "Coralie" ou une "quinquagénaire" une "quincagénaire". Et, quoi qu'en dise la 4ème de couv, le roman d'Oliver Tooke ne semble pas être tête-bêche, il aurait dû l'être mais ce n'est pas le cas lorsqu'il est effectivement manipulé dans le roman, ou alors c'est que l'auteur aura oublié ;)


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