Something is killing the children t9 - Tynion IV - Dell'Edera

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis mon bref post sur le tome 2 . De l'eau et des tomes puisqu'aujourd'hui nous en sommes à l'opus 9, intitulé All her monsters , qui rappellera par son titre comme par son propos le Demon in a Bottle d'Iron Man. L'histoire principale du début de la série s'est conclue, pour le mieux si l'on peut dire. Au fil de l'eau, entre le 2 et le 9, alors que je flemmardais et ne chroniquais pas, on aura appris bien des choses sur l'organisation à laquelle appartient la chasseuse Erica Slaughter ainsi que sur les monstres qu'elle combat. Depuis deux volumes maintenant, nous explorons son passé, ses jeunes années d'enfant et de chasseuse. Les qualités dites dans la chronique du tome 1 sont toujours présentes. C'est un comic qu'on lit avec l'excitation des plaisirs simples qui régalent sans être gâchés par une simplicité excessive (si tu comprends ce que je veux dire, lecteur, tu es fort) . ...

Sector 5 - Bec - Pacurariu - Guimaraes


Bucarest, aujourd'hui.


Marian Ferentari est un inspecteur de la police locale, peu en cour et clairement à la ramasse. Il est mis sur une affaire sordide, le meurtre d'un avocat sans histoire tué devant ses enfants avant d'être énucléé. Dans une pièce de l'appartement du mort un matériel vidéo pro, et dans son ordinateur des milliers de photos de femmes nues dans des poses lascives. Dans quoi trempait la victime ? Et que va découvrir Ferentari ?


Avec Sector 5 – du nom d'un quartier de Bucarest – Christophe Bec livre un one-shot assez long dont l'action se situe dans une ville et un quartier qu'il connaît bien pour les avoir fréquentés à titre privé du fait de ses attaches conjugales.

Documenté par son expérience propre et par le vécu de sa femme roumaine, Bec déroule le fil d'une intrigue policière solide qui met en exergue l’ambiance très particulière régnant à Bucarest : mafia omniprésente, corruption endémique, police au mieux peu efficace, industrie du sexe banalisée jusqu'à l'excès dans une société patriarcale et misogyne.

Concernant ce dernier domaine on apprend ici que la ville roumaine est l'une des capitales mondiales des camgirls, ces modèles professionnelles ou amatrices qui, par webcam et Internet interposés, satisfont à distance les fantasmes de clients du monde entier, gagnant ainsi, malgré les pourcentages confiscatoires prélevés par les studios – légaux – qui les emploient, des revenus souvent dix fois supérieurs au salaire moyen du pays.

Si cette industrie est légale, des studios illégaux existent bien sûr aussi et c'est peut-être de ce côté que l'enquête de Ferentari le conduira. Il faudra agir vite et faire preuve de plus d'initiative que d'habitude car le meurtre de l'avocat ne semble pas être un cas isolé.

Vengeance mafieuse ou serial killer hors de contrôle, pour espérer résoudre l'affaire Ferentari va devoir plonger dans le milieu glauque des voyeurs online, entre misère sexuelle, mépris réciproque, simulations d'orgasme, fantasmes et délires d'amour partagé. Un milieu qu'il ne méconnaît pas complètement.


Avec Sector 5, Bec offre au lecteur un album pour lecteurs avertis. Le thème comme le traitement sont clairement sexuels, car c'est d'un marché du sexe qui a pignon sur rue que veut parler l'auteur. Et il le fait sans aucune pusillanimité.

Il est aidé en cela par Christi Pacurariu au dessin et Alex Guimaraes à la couleur. Si ce dernier propose une Bucarest sombre et glauque en accord avec le thème traité, les dessins de Pacurariu sont parfaits pour les scènes de rue et d'architecture mais ils pêchent un peu par des visages pas toujours évidents à distinguer et des cases parfois trop petites (question de pagination max. ?).


Long story short, Sector 5 c'est 104 pages d'enquête et de plongée dans les bas-fonds d'une ville qui a peut-être tiré le pire de sa liberté, 104 pages qui se lisent avec plaisir comme un bon polar dont la progression et la résolution sont logiques et justement rythmées.


Sector 5, Bec, Pacurariu, Guimaraes 

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