Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

L'Abomination de Dunwich 3 - Tanabe d'après Lovecraft


A la fin du tome 2 de l'adaptation de L'Abomination de Dunwich par Gou Tanabe, comprenant qu'il y aurait un tome 3, je trouvai qu'il tirait un peu à la ligne et, qu'honnêtement, trois tomes pour mettre en images la forte nouvelle de Lovecraft était un peu excessif.
Quand le vin est tiré il faut le boire : j'ai quand même acheté et lu ce troisième et dernier tome qui vient de sortir. Et là, je mange mon chapeau, car il fallait bien trois tomes pour décrire autant, montrer autant, exprimer aussi fort l'admiration que Tanabe éprouve pour le texte de Lovecraft. Bravo donc.

Il fallait bien ces pages pour montrer la traque au frère jumeau de Wilbur Whateley et pour offrir au lecteur moult scènes grandioses :
  • l'arrivée en voiture du docteur Armitage et de ses acolytes en vue de Sentinel Hill sous un ciel couvert d'engoulevents
  • la mort en direct d'un couple de fermiers dont ne restera rien
  • l'oblitération des fermes détruites dans les environs desquelles ne restent que d'immenses empreintes et une odeur pestilentielle
  • la trace sylvestre que laisse le monstre derrière lui
  • l'ascension pédestre vers Sentinel Hill pour un rendez-vous destiné à être le plus important de l'histoire de l'humanité
  • les collines de Dunwich ravagées par les Anciens, arbre et animaux abattus comme dans la Toungouska

Il fallait des pages et des pages pour montrer, dans toute son altérité, Yog-Sothoth survolant une Arkham en ruines, ou, figure christique dévoyée, le monstre jumeau, Ancien et homme à la fois, appelant son père de Sentinel Hill lors de sa passion comme le fit son illustre prédécesseur du Golgotha.
Et il fallait du talent pour exprimer par le regard perdu et halluciné d'Armitage et de ses deux compagnons l'horreur existentielle que suscite la découverte de l'insignifiance de l'humanité.

C'est réussi, impliquant, beau et stressant (la catatonie qui frappe le témoin des horreurs qui environnent Sentinel Hill fait très 0 de SAN et la poudre d'Ibn Ghazi rappelle de bons souvenirs).

L'Abomination de Dunwich t3, Gou Tanabe d'après Lovecraft

Commentaires

Anonyme a dit…
Tiberix : approuvé !
Gromovar a dit…
Tu m'en vois ravi :)