Not Like Other Girls - AL Goldfuss

A creature wearing a woman’s body becomes a lonely man’s girlfriend, but the woman suit and his interest start to rot. Not Like Other Girls est une nouvelle de A.L. Goldfuss lisible gratuitement là . En peu de mots (disons 6000) , Rothfuss réussit un tour de force weird et body-horror qui écoeure un peu, émeut beaucoup et amène - pour peu qu'on le veuille - à réfléchir aussi. Pas mal du tout en seulement huit pages. Invasion, affirmation de soi, utilisation du corps de l'autre (et pas seulement par le coupable idéal) , relation toxique, micro-roman d'apprentissage, on est ici entre Puppet Masters et, pour les happy few, Night Shift (celui de Siouxsie, silly !) . Not Like Other Girls  est une histoire impressionnante qui induit chez son lecteur une succession de sentiments aussi variés que contradictoires et pousse à penser les abus qui s'y déroulent tant d'un coté que de l'autre. C'est un excellent texte à ne pas mettre sous tous les yeux. C'est cela...

Regression - Bunn - Luckert - Enger


Adrian Padilla est un jeune homme sans histoires torturé par d’horribles cauchemars. Son amie Molly parvient à le convaincre de consulter Sid, un hypnotiseur de ses amis, afin de plonger au cœur de son inconscient vers ce qui les engendrerait. Lors de cette séance il apprend qu’il aurait eu une vie antérieure, celle d’un homme de la Renaissance nommé Gregory Sutter. Un homme possédé par un démon, un homme engagé, en compagnie de complices aussi illuminés que lui, dans une frénésie de meurtres et de luxure. Trauma personnel ou résurgence d’une vie antérieure ? Si Adrian penche pour le première hypothèse, Molly et Sid sont convaincus de la seconde. Mais quand ce dernier est retrouvé assassiné couvert de signes de torture rituels, Adrian doit se rendre à l’évidence : « même les paranoïaques ont des ennemis ».


Regression est une série de comics terminée de Cullen ‘Sixth Gun’ Bunn. Fantastique comme les autres créations de Bunn, elle développe le thème des vies antérieures dans une approche particulièrement gore et nihiliste.

Démons, système de réincarnation, vies antérieures et combattants éternels condamnés à s’affronter encore et encore au fil des siècles, Bunn imagine un culte maléfique et un mécanisme de possession dans lequel les membres trouvent une explication confortable à leurs propres perversions. C’est profondément noir sur la nature humaine jusqu’à une fin qui laisse un peu d’espoir sur icelle.


Body-horror rapide, rythmé, compréhensible sans difficulté malgré les allers-retours dans le temps et les phases de possession, Regression est très agréable à lire, du fait de son scénario dynamique et d’un graphisme qui plonge le lecteur dans une réalité alternative mystique et fragmentée, même si Bunn échoue largement à mettre le lecteur en empathie avec ses personnages.

Cullen Bunn dit avoir été inspiré par une expérience de régression réalisée par son père, hypnotiseur de scène, sur un spectateur volontaire. Il en a tiré une histoire terrifiante que l’hypnose met en branle. Un beau moyen de rendre hommage aux pères en ce jour où c’est leur fête.

Lisant Regression on pense parfois à Ligotti et parfois à Alan Moore ; il y a pire comme proximités.


Regression, trois tomes, Bunn, Luckert, Engel

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