Les Frères Rubinstein 7 - Pour Klara - Brunscwhig - Le Roux

Voici qu’est arrivé Pour Klara , le tome 7 de la série des Frères Rubinstein (et que, contrairement à ce que je croyais, il ne conclura pas la série) . L’album suit, comme toujours depuis six ans , les destins croisés des frères Rubinstein, Moïse et Salomon. Nés dans le Nord de la France, au sein d’une famille modeste, les deux garçons connurent dès leur jeunesse les affres d’un antisémitisme qui, à l’époque, était vu comme presque acceptable tant il était banal. Deux frères dont les vies sont emportées par les courants d’un temps mauvais contre lesquels ils n’auront cessé de lutter. Deux frères vite séparés, projetés dans des destins si divergents, mais si semblables aussi, tant ils portent conjointement le poids d’un antisémitisme qui, après avoir couvé à bas bruit pendant les premières décennies du vingtième siècle, s’embrase et détruit tout sur son passage, tel un maléfique feu grégeois (On attribue à Hitler cette harangue : « Oui, nous sommes des barbares, et nous voulons être de...

Regression - Bunn - Luckert - Enger


Adrian Padilla est un jeune homme sans histoires torturé par d’horribles cauchemars. Son amie Molly parvient à le convaincre de consulter Sid, un hypnotiseur de ses amis, afin de plonger au cœur de son inconscient vers ce qui les engendrerait. Lors de cette séance il apprend qu’il aurait eu une vie antérieure, celle d’un homme de la Renaissance nommé Gregory Sutter. Un homme possédé par un démon, un homme engagé, en compagnie de complices aussi illuminés que lui, dans une frénésie de meurtres et de luxure. Trauma personnel ou résurgence d’une vie antérieure ? Si Adrian penche pour le première hypothèse, Molly et Sid sont convaincus de la seconde. Mais quand ce dernier est retrouvé assassiné couvert de signes de torture rituels, Adrian doit se rendre à l’évidence : « même les paranoïaques ont des ennemis ».


Regression est une série de comics terminée de Cullen ‘Sixth Gun’ Bunn. Fantastique comme les autres créations de Bunn, elle développe le thème des vies antérieures dans une approche particulièrement gore et nihiliste.

Démons, système de réincarnation, vies antérieures et combattants éternels condamnés à s’affronter encore et encore au fil des siècles, Bunn imagine un culte maléfique et un mécanisme de possession dans lequel les membres trouvent une explication confortable à leurs propres perversions. C’est profondément noir sur la nature humaine jusqu’à une fin qui laisse un peu d’espoir sur icelle.


Body-horror rapide, rythmé, compréhensible sans difficulté malgré les allers-retours dans le temps et les phases de possession, Regression est très agréable à lire, du fait de son scénario dynamique et d’un graphisme qui plonge le lecteur dans une réalité alternative mystique et fragmentée, même si Bunn échoue largement à mettre le lecteur en empathie avec ses personnages.

Cullen Bunn dit avoir été inspiré par une expérience de régression réalisée par son père, hypnotiseur de scène, sur un spectateur volontaire. Il en a tiré une histoire terrifiante que l’hypnose met en branle. Un beau moyen de rendre hommage aux pères en ce jour où c’est leur fête.

Lisant Regression on pense parfois à Ligotti et parfois à Alan Moore ; il y a pire comme proximités.


Regression, trois tomes, Bunn, Luckert, Engel

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