Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

La Battue - Rohan Wilson

BLOG EN MODE DÉGRADÉ

ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX.

JUSQUE LÀ, LECTEUR, POUR ENCORE QUELQUES MOMENTS, IL TE FAUDRA ACCEPTER DE ME FAIRE CONFIANCE SUR JUSTE DEUX OU TROIS LIGNES.


Australie, Tasmanie, 1829. La colonisation du continent est loin d'être achevée. Bien plus qu'ailleurs, c'est ici la lie de l'Europe qui l'accomplit, bagnards et geôliers mêlés, des gibiers de potence sans foi ni loi convaincus seulement de deux choses : la supériorité de leur sang et leur droit naturel à occuper une terre qui n'est pas la leur, fut-ce au prix de l'extermination. Le terre ici était, d'une certaine façon, gratuite, et, dans des économies agricoles, ce fait équivalait à la découverte de la caverne d'Ali Baba.

C'est là, en pleine Black War, que John Batman, un des hommes forts du cru, part, mandaté par un criminel gouverneur, chasser l'Aborigène à la tête d'un motley crew de bagnards sous promesse (comme les Wagner aujourd'hui) et d'autochtones retournés parmi lesquels Black Bill, une redoutable machine à tuer passé aux Blancs.


Il faut tuer, beaucoup, éliminer le peuple premier. Les cadavres restent sur place. Juste penser à ramener quelques spécimens pour prouver qu'on a fait le travail. Sans état d'âme. Avec la certitude qu'on ne fait que chasser des nuisibles (les Australiens s'y emploieront plusieurs fois dans leur histoire).

C'est dur, rude, révoltant vu d'ici (là-bas, le complexe culturel suffit à justifier la chose), superbement décrit, plein d'une nature agressive qui ne parait que peu faite pour accueillir la vie humaine.

Et ça parle comme à l'époque (une époque où les rares fusils sont à poudre), peu, et surtout dans une langue imparfaite, sûrement périlleuse à traduire, qui est propre au peuple des fonds et rappelle celle que parlait les poilus dans Le Feu de Barbusse.

De la littérature à estomac pour lecteurs à estomac.

A lire.

La Battue, Rohan Wiilson

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