Something is killing the children t9 - Tynion IV - Dell'Edera

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis mon bref post sur le tome 2 . De l'eau et des tomes puisqu'aujourd'hui nous en sommes à l'opus 9, intitulé All her monsters , qui rappellera par son titre comme par son propos le Demon in a Bottle d'Iron Man. L'histoire principale du début de la série s'est conclue, pour le mieux si l'on peut dire. Au fil de l'eau, entre le 2 et le 9, alors que je flemmardais et ne chroniquais pas, on aura appris bien des choses sur l'organisation à laquelle appartient la chasseuse Erica Slaughter ainsi que sur les monstres qu'elle combat. Depuis deux volumes maintenant, nous explorons son passé, ses jeunes années d'enfant et de chasseuse. Les qualités dites dans la chronique du tome 1 sont toujours présentes. C'est un comic qu'on lit avec l'excitation des plaisirs simples qui régalent sans être gâchés par une simplicité excessive (si tu comprends ce que je veux dire, lecteur, tu es fort) . ...

Mortel imprévu - Dominique Monféry


Fin du XIXe siècle. Edith, la femme battue d'un médecin londonien, fuit Londres pour refaire sa vie dans le Nouveau monde. Un espoir qu'elle partage avec nombre d'hommes et de femmes en cette époque de grande migration vers les USA et leurs promesses.

Embauchée par une riche famille locale, elle fait la connaissance de Hans, charpentier de son état. Amoureux, le couple décide de partir vers le Klondike pour y participer à la ruée vers l'or (et, dans cet album, aucun Picsou à l'horizon). Edith et Hans s'y joignent à un petit groupe constitué d'un prospecteur, Harkey, et de deux autres chercheurs d'or. Les cinq s'installent dans une cabane construite sur la concession du prospecteur et commencent leur récolte aurifère. Le temps passe. L'hiver arrive. Puis tout bascule. La seule question qui reste est alors celle de la survie.


Traitement sans concession de la noirceur humaine, "Mortel imprévu" dit aussi l’incommunicabilité entre les êtres, même au sein du couple, la puissance de l'instinct de survie - qui n'empêche pas une certaine forme de noblesse - et l’hostilité fondamentale de la nature. Quand le cadre habituel s'effondre, quand la vie ne tient plus qu'à un fil, le vernis de civilisation saute même si on essaie sincèrement de le préserver. C'est ce qu'Edith découvre à son grand désenchantement.


Sur un scénario de survival assez classique auquel on pourra reprocher une fin au rebondissement vraiment tiré par les cheveux, Monféry livre un travail graphique de très grande qualité. Par le jeu des cadrages et des couleurs on se trouve immergé avec Edith dans une petite ville-frontière du Klondike, dans un campement de chercheurs d'or, dans la sauvagerie particulière que transportent avec eux les hommes au cœur de la nature, ou entouré de loups affamés rendus plus terrifiants encore par le traitement graphique dont ils bénéficient. Le dynamisme et l’éclairage des scènes subliment la narration, ils offrent aussi aux yeux du lecteur une collection de planches très belles à regarder. Le tout constitue un très bel album qui ravit l’œil.


Long story short, "Mortel imprévu" est un album one-shot de Dominique Monféry, au titre raté mais au contenu globalement très plaisant.


Mortel imprévu, Dominique Monféry

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