Painstaking - Rich Larson

Nous parlions ce matin de guerrier immortel, de facteur de régénération, de combats surhumains, dans une ambiance mythologique. On peut lire en VO un texte bien plus court de Rich Larson. Il s'intitule Painstaking et est lisible là . Autre salle, autre ambiance, autre origine du pouvoir, mais même genre de personnage. Un homme, modifié pour se régénérer sans limite, doit fuir ceux qui veulent sa mort dans une Namibie du futur. Il parcourt pour ce faire une ville que Larson décrit avec force détails, comme il le fait toujours, construisant un monde dont on sent la cohérence même si on n'en voit qu'une infime partie. Il donne aussi l'occasion, chemin faisant, de s'interroger sur l'identité potentielle d'un double bourgeonné. Qu'est donc le double pour moi ? Un jumeau ? Un frère ? Un fils ? Un clone ? Une copie carbone ou un individu doté dès son apparition d'une personnalité et d'un agenda propres ? Même si le texte laisse un peu sur sa faim, Lar...

Gagner la guerre t4 - Genet - Jaworski


Voici qu'arrive le tome 4 de l'adaptation BD du Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski par Genet et Jaworski lui-même.


On avait laissé Benvenuto Gesufal en grand danger à la fin du tome 3. Les mensonges et les machinations dont il a été partie commencent à émerger au grand jour alors que les dépités de la guerre de Ressine cherchent à se venger et à reprendre l'initiative politique. D'atout secret, Benvenuto devient une gène possible pour la maison Ducatore, au point que, alors que Ducatore semble retourner sa veste à son endroit, il ne voit plus que la fuite comme solution aux deux périls qui le menacent : l'emprisonnement à court terme et l'assassinat à moyen terme.


Fuir dans la ville est utile pour échapper quelques temps à des lames trop aiguisées mais, clairement, quitter la ville est le seul moyen d'échapper à la mort. Recherché par spadassins et magiciens, le bretteur à gages doit mettre le plus de distance possible entre lui et la République de Ciudala s'il veut conserver un maigre espoir de conserver sa tête sur ses épaules. Alors que tout semble se liguer contre lui et qu'aucune échappatoire n'est est en vue, une aide inattendu se présente.


Etonamment, et en dépit de son impardonnable incartade au sein même de la famille de son « patron », il est aidé dans son entreprise par un homme du Podestat Ducatore. Le vieux leader pense pouvoir encore l'utiliser, comme homme de main ou comme chèvre si nécessaire. Voilà donc Benvenuto parti sur les routes d'exil, en compagnie du mage Sassanos et de deux mercenaires Ouromands, en direction de la Marche franche, une zone montagneuse située à l'ouest de sa ville de naissance, loin de la sophistication et de la magnificence de Ciudala la belle.

En chemin les dangers le guettent encore, qu'ils soient bandits de grand chemin ou poursuivants qui n'abandonnent pas tant son nom est devenu synonyme de tout ce qui doit disparaître des intrigues de la guerre de Ressine.


Action, réaction, risque, morts violentes, difficile de savoir dans le monde de Benvenuto qui est un ami et qui est un traître, d'autant que les alliances changent au gré des intérêts et que les soutiens évoluent avec les rapports de force et les opportunités. Benvenuto doit donc compter essentiellement sur lui-même pour survivre, en acceptant néanmoins l'aide d'autres sans lesquels il ne tiendrait pas longtemps, tout en sachant qu'il ne doit jamais baisser sa garde et donc se méfier « d'aides » susceptibles à tout moment se retourner. Une situation profondément inconfortable.

Quand il s'avère que la fuite ne pourra pas durer éternellement, Benvenuto se donne un nouveau cap, qu'on explorera dans le tome 5.

"La Marche franche" est encore, comme ses prédécesseurs, une réussite. L'action est toujours aussi frénétique, les enjeux toujours aussi élevés, les manigances toujours aussi tortueuses. On halète avec Benvenuto et on n'aimerait guère être à sa place.


Gagner la guerre t4, La Marche franche, Genet, Jaworski

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