L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Insecticide - Steven Saylor


La maison d’édition indépendante Le passager clandestin est une toute petite maison radicale, engagée et militante contre une certaine forme insatisfaisante du monde. Au milieu des non fictions, on y trouve la collection Dyschroniques qui remet à l’honneur des textes anciens de grands noms de la SF.

Nouvelles ou novellas posant en leur temps les questions environnementales, politiques, sociales, ou économiques, ces 18 textes livrent la perception du monde qu’avaient ces auteurs d’un temps aujourd’hui révolu. Et si certaines questions semblent moins d’actualité, d’autres, en revanche, sont devenues brûlantes et illustrent, hélas, la pertinence des craintes exprimées par les auteurs de SF.

On notera que chaque ouvrage à fait l’objet d’un joli travail d’édition, chaque texte étant suivi d’une biographie/bibliographie de l’auteur, d’un bref historique des parutions VO/VF, d’éléments de contexte, ainsi que de suggestions de lectures ou visionnages connexes. Une bien jolie collection donc.


Parlons ici de "Insecticide", de Steven Saylor - que j'ai connu dans un autre genre pour avoir lu tous ses romans historiques sur la période qui suit la guerre civile romaine.
Dans "Insecticide", lecteur, tu feras la connaissance de John Moreland, un citoyen banal d'une société future. Dans les USA de Moreland existe une firme, Bund, qui visiblement produit biens et services à grande échelle pour satisfaire un grand nombre des « besoins » de la vie courante, de la recherche scientifique militaire à la santé en passant par la...désinsectisation.
Le jour où Moreland voit son appartement envahi de cafards, il fait appel à une filiale de Bund - comment faire autrement d'ailleurs ? Mal lui en prend. Le prestataire qu'on lui envoie inonde littéralement son appartement d'un insecticide qui, contrairement aux assertions officielles, se révèle toxique.

Dans une ambiance qui rappelle plus Kafka ou Brazil que Damasio - et c'est tant mieux -, Saylor raconte un monde des années 80 dans lequel les firmes géantes commencent leur entrée dans la vie des gens, où le complotisme devient assez prégnant pour faire des ravages en attisant les braises de vérités mal digérées (sur les expériences de la CIA ou tout autre sujet), où l'isolement des citoyens face à des entités de plus en plus éloignées de lui devient progressivement la norme (et où, pour ce qui est du privé, l'extension du domaine de la lutte commence à montrer son vilain museau).

Un texte intéressant et angoissant - qui aurait pu être un épisode de Twilight Zone - auquel on ne reprochera qu'une fin trop abrupte.

Insecticide, Steven Saylor

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