La Grande Guerre de Charlie - Mills - Colquhoun

Charley's War – " La Grande Guerre de Charlie " – est une BD de Pat Mills dessinée par Joe Colquhoun et publiée sous forme de courts strips de trois puis quatre pages dans la revue Battle Picture Weekly entre 1979 et 1988. Le label français Delirium en a publié une intégrale en dix volumes ; pour fêter ses dix ans d'existence il sort aujourd’hui une ouvrage de belle taille contenant l'intégralité des épisodes consacrés à la Bataille de la Somme assortis d'interviews des auteurs et de reproductions de certaines couvertures. Il fallait bien que je m'y plonge. Décidé à montrer les horreurs et la cruauté sans nom d'une Grande Guerre dont on pensait bêtement qu'elle serait la Der des Ders, Mills le fait à travers le personnage de Charlie, un jeune Anglais de 16 ans guère futé mais très patriote qui s'engagea en mentant sur son âge quand on lui dit que son roi avait besoin de lui. Arrivé en France au milieu des  Pals Batallion , Charlie se retrouve

Mangez-le si vous voulez BD - Gelli d'après Teulé


Les habitués de ce blog ont peut-être lu ma chronique de 2013 du roman de Jean Teulé "Mangez-le si vous voulez".
Le roman de Teulé raconte par le détail et minute après minute une abomination commise par une foule périgourdine durant la guerre de 1870-71. Une barbarie si ignoble que même les graves condamnations prononcées ne sauraient l'équivaloir.

Je ne reviendrai pas ici sur les faits ni sur ses« causes », il suffit d'aller lire mon post précédent, et celui de Nébal auquel il renvoie.
Je dirai juste que la mise en image du récit par Gelli est une vraie réussite, offrant un album très pénible à lire (infiniment moins pénible que ce que subit Alain de Moneys de la part de gens qui étaient des voisins ou des amis).
Traits à l'encre, traitement à la couleur noire. Seule autre couleur, le rouge, rouge du vin et rouge du sang, puis rouge du corps martyrisé de de Moneys, seule tache de couleur dans un univers traité en tons de noir. Quelques visages surnagent, le reste c'est la masse, la foule. La bêtise, l'ignorance, la folie collective, toute l'horreur qu'est une foule, à laquelle s'ajoutent au départ de l'affaire des informations tronquées et des citations imparfaites ; les réseaux sociaux à l'heure du téléphone arabe.
Sans oublier la lâcheté, la peur d'intervenir, l'idée coupable selon laquelle si on ferme les yeux et qu'on ne voit plus une chose, elle cesse d'exister.

A lire absolument, comme un hommage, et pour la façon dont ça illustre certains de nos questionnements contemporains, onze jours seulement après que la société française ait découvert comme par magie ce qui se passait au coeur même de son système éducatif.

Mangez-le si vous voulez, Gelli, d'après Teulé

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