Hyde Street t1 - Johns - Reis

Hyde Street, une rue qui existe en tout lieu et à toute époque. Dans cette sorte de purgatoire organisé et managé par un être mystérieux nommé le Compteur atterrissent les âmes viles en attente de traitement. A Hyde Street, elles devront être damnées, définitivement tuées, ou, rarement, absoutes. Ce sont les démons qui la hantent qui se chargent de l'orientation finale. Ces derniers y ont grand intérêt ; en effet, après 10000 âmes traitées sans absolution, chaque démon – des ex-humains à l’âme noire sélectionnés par le Compteur pour être ses agents sur Hyde Street – pourra revenir sur Terre avec, en prime, ce qu’il peut souhaiter. Les démons de Hyde Street sont hauts en couleurs. On compte dans leur rang Mr X-Ray (un publicitaire des 60’s, cynique et mauvais père) , Pranky (un boy-scout des 50’s, enfant martyrisé et tueur en série) , Le Monstre Mutique (acteur de rôles de monstres chez Universal, tueur par accident en raison d’une paranoïa aiguë liée à sa carrière peu glorieuse) , ...

Mangez-le si vous voulez BD - Gelli d'après Teulé


Les habitués de ce blog ont peut-être lu ma chronique de 2013 du roman de Jean Teulé "Mangez-le si vous voulez".
Le roman de Teulé raconte par le détail et minute après minute une abomination commise par une foule périgourdine durant la guerre de 1870-71. Une barbarie si ignoble que même les graves condamnations prononcées ne sauraient l'équivaloir.

Je ne reviendrai pas ici sur les faits ni sur ses« causes », il suffit d'aller lire mon post précédent, et celui de Nébal auquel il renvoie.
Je dirai juste que la mise en image du récit par Gelli est une vraie réussite, offrant un album très pénible à lire (infiniment moins pénible que ce que subit Alain de Moneys de la part de gens qui étaient des voisins ou des amis).
Traits à l'encre, traitement à la couleur noire. Seule autre couleur, le rouge, rouge du vin et rouge du sang, puis rouge du corps martyrisé de de Moneys, seule tache de couleur dans un univers traité en tons de noir. Quelques visages surnagent, le reste c'est la masse, la foule. La bêtise, l'ignorance, la folie collective, toute l'horreur qu'est une foule, à laquelle s'ajoutent au départ de l'affaire des informations tronquées et des citations imparfaites ; les réseaux sociaux à l'heure du téléphone arabe.
Sans oublier la lâcheté, la peur d'intervenir, l'idée coupable selon laquelle si on ferme les yeux et qu'on ne voit plus une chose, elle cesse d'exister.

A lire absolument, comme un hommage, et pour la façon dont ça illustre certains de nos questionnements contemporains, onze jours seulement après que la société française ait découvert comme par magie ce qui se passait au coeur même de son système éducatif.

Mangez-le si vous voulez, Gelli, d'après Teulé

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