Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

Mangez-le si vous voulez BD - Gelli d'après Teulé


Les habitués de ce blog ont peut-être lu ma chronique de 2013 du roman de Jean Teulé "Mangez-le si vous voulez".
Le roman de Teulé raconte par le détail et minute après minute une abomination commise par une foule périgourdine durant la guerre de 1870-71. Une barbarie si ignoble que même les graves condamnations prononcées ne sauraient l'équivaloir.

Je ne reviendrai pas ici sur les faits ni sur ses« causes », il suffit d'aller lire mon post précédent, et celui de Nébal auquel il renvoie.
Je dirai juste que la mise en image du récit par Gelli est une vraie réussite, offrant un album très pénible à lire (infiniment moins pénible que ce que subit Alain de Moneys de la part de gens qui étaient des voisins ou des amis).
Traits à l'encre, traitement à la couleur noire. Seule autre couleur, le rouge, rouge du vin et rouge du sang, puis rouge du corps martyrisé de de Moneys, seule tache de couleur dans un univers traité en tons de noir. Quelques visages surnagent, le reste c'est la masse, la foule. La bêtise, l'ignorance, la folie collective, toute l'horreur qu'est une foule, à laquelle s'ajoutent au départ de l'affaire des informations tronquées et des citations imparfaites ; les réseaux sociaux à l'heure du téléphone arabe.
Sans oublier la lâcheté, la peur d'intervenir, l'idée coupable selon laquelle si on ferme les yeux et qu'on ne voit plus une chose, elle cesse d'exister.

A lire absolument, comme un hommage, et pour la façon dont ça illustre certains de nos questionnements contemporains, onze jours seulement après que la société française ait découvert comme par magie ce qui se passait au coeur même de son système éducatif.

Mangez-le si vous voulez, Gelli, d'après Teulé

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