L'héritage de Molly Southbourne - Tade Thompson

L'héritage de Molly Southbourne est le troisième et dernier volume de la saga Molly Southbourne , commencée en fanfare par l'impressionnant Les Meurtres de Molly Southbourne et publiée en UHL dans une traduction de Jean-Daniel Brèque. Les plus vieux, dont je suis de plus en plus fréquemment, se souviennent d'un jeu sur Apple II qui s'appelait Where in the World is Carmen Sandiego ? Ici, la question que se posent une bonne partie des protagonistes du récit est Where in the World is Molly Southbourne ? Car l'abomination triste que constitue la (double) sororité des mollys puis des tamaras n'a jamais vraiment quitté les pensées ni l'attention des « monstres froids » dont parlait Nietzsche – ou tout au moins de leurs soldats jamais décommissionnés. Mollys et tamaras doivent demeurer cachées et prudentes pour espérer survivre dans un monde qui ne peut les recevoir sans arrière-pensée, voire pas les recevoir du tout. Pour autant, L'héritage de Molly South

Une année sans Cthulhu - Smolderen Clérisse


Ceci est trop court et peu argumenté imho pour être vraiment une chronique.
Appelons ceci Trigger Warning alors.

Un Trigger Warning adressé à mes semblables. A ceux qui pourraient être convaincus de dépenser 21 € par l'annonce d'une histoire faisant revivre les années 80. A ceux que le nom Cthulhu attireraient. A ceux que le blurb de Romain Brethes du Point Pop, « Un petit bijou entre pop art et gothique flamboyant », achèveraient de décider.

J'ai été adolescent dans les années 80. J'ai été un geek gavé de jeux vidéos et d’ordinateurs personnels. J'ai été rôliste. J'ai maîtrisé à L'appel de Cthulhu et à ADD (les deux jeux cités). J'ai été goth.

Et bien, je n'ai pas reconnu grand chose.

Sur le plan des easter eggs, ADD, CoC, Iron Maiden, Qix, Tron, la peur (circonscrite quand même) des jeux de rôle et de leur influence satanique, deux ou trois autres choses. C'est peu.
De plus, les joueurs paraissent tout juste en être, les goths sont bien braves, les rockers agricoles, les ordinateurs traités de la manière magique (à tous les sens du terme) qui n'est jamais la bonne.

Sur le plan de l'histoire – car, nonobstant le contexte, une histoire captivante aurait pu emporter l'adhésion –, on va d'une première moitié lente et décalée, au point que je me suis demandé à un moment si le titre n'était pas purement un leurre, à une seconde partie qui soulage car elle démarre enfin vraiment – et n'est pas désagréable à lire – mais offre une histoire à plusieurs niveaux si emberlificotée qu'elle fait ce qu'elle est : artificielle.

Entre chronique rurale, divorce, suicide, vieux et jeunes secrets, embrouilles de lycée, meurtres et magie, police et pots de fleurs, l'album ne choisit jamais son propos et c'est dommage.
Quant aux références à Lynch ou Cronenberg... Cronenberg admettons, Lynch, ma foi...

Romain Brethes n'était pas adolescent dans les 80's. Ceci explique sans doute cela.
Smolderen, qui lui n'était plus adolescent, écrit dans l'article en question : « C'est sûr que cet album peut apparaître comme un contre-pied à la manière dont les années 1980 sont aujourd'hui récupérées par la pop culture ». Je n'entrerai pas dans un débat sur « la manière dont les années 1980 sont aujourd'hui récupérées par la pop culture », je me bornerai à dire que, si les années 80 de la culture de masse sont une piètre recréation de la réalité, celles de Smolderen et Clérisse ne sont guère plus convaincantes.

Alors si ta bio ressemble un peu à la mienne, ami inconnu, passe ton chemin, garde ton argent pour Mishima. Moi, je vais réécouter Les nuits sans Kim Wilde.

Une année sans Cthulhu, Smolderen, Clerisse

Commentaires

Tororo a dit…
Je me range sans hésiter à votre avis, ami connu.
Gromovar a dit…
Aujourd'hui nous sommes deux. Bientôt nous serons des millions.