Mickey7 - Edward Ashton - Retour de Bifrost 119

Mickey7 est le roman SF de Edward Ashton qui a inspiré le film Mickey17 de Bong Joon-ho. Il raconte l'histoire de Mickey Barnes et de ses clones successifs lors d'une mission de colonisation sans retour de la planète Niflheim. Clones successifs car Mickey Barnes est un Consommable, volontaire pour effectuer les missions suicides exigées par les imprévus de la colonisation. Un drôle de job certes, mais un job rendu possible par la certitude qu'après sa(ses) mort(s) presque certaine(s) il sera reconstitué, souvenirs intacts ou presque, à partir du stock de protéines de la colonie ; et s'il a demandé ce misérable emploi c'est qu'il doit fuir d’urgence son monde d'origine à cause d'une énorme dette impayée. Outre le caractère douloureux et un peu dégradant de la fonction, Mickey a de nombreux autres problèmes : d'abord la planète Niflheim se révèle bien moins hospitalière que prévu, ensuite la mission comprend un pourcentage non négligeable de « natali...

Une année sans Cthulhu - Smolderen Clérisse


Ceci est trop court et peu argumenté imho pour être vraiment une chronique.
Appelons ceci Trigger Warning alors.

Un Trigger Warning adressé à mes semblables. A ceux qui pourraient être convaincus de dépenser 21 € par l'annonce d'une histoire faisant revivre les années 80. A ceux que le nom Cthulhu attireraient. A ceux que le blurb de Romain Brethes du Point Pop, « Un petit bijou entre pop art et gothique flamboyant », achèveraient de décider.

J'ai été adolescent dans les années 80. J'ai été un geek gavé de jeux vidéos et d’ordinateurs personnels. J'ai été rôliste. J'ai maîtrisé à L'appel de Cthulhu et à ADD (les deux jeux cités). J'ai été goth.

Et bien, je n'ai pas reconnu grand chose.

Sur le plan des easter eggs, ADD, CoC, Iron Maiden, Qix, Tron, la peur (circonscrite quand même) des jeux de rôle et de leur influence satanique, deux ou trois autres choses. C'est peu.
De plus, les joueurs paraissent tout juste en être, les goths sont bien braves, les rockers agricoles, les ordinateurs traités de la manière magique (à tous les sens du terme) qui n'est jamais la bonne.

Sur le plan de l'histoire – car, nonobstant le contexte, une histoire captivante aurait pu emporter l'adhésion –, on va d'une première moitié lente et décalée, au point que je me suis demandé à un moment si le titre n'était pas purement un leurre, à une seconde partie qui soulage car elle démarre enfin vraiment – et n'est pas désagréable à lire – mais offre une histoire à plusieurs niveaux si emberlificotée qu'elle fait ce qu'elle est : artificielle.

Entre chronique rurale, divorce, suicide, vieux et jeunes secrets, embrouilles de lycée, meurtres et magie, police et pots de fleurs, l'album ne choisit jamais son propos et c'est dommage.
Quant aux références à Lynch ou Cronenberg... Cronenberg admettons, Lynch, ma foi...

Romain Brethes n'était pas adolescent dans les 80's. Ceci explique sans doute cela.
Smolderen, qui lui n'était plus adolescent, écrit dans l'article en question : « C'est sûr que cet album peut apparaître comme un contre-pied à la manière dont les années 1980 sont aujourd'hui récupérées par la pop culture ». Je n'entrerai pas dans un débat sur « la manière dont les années 1980 sont aujourd'hui récupérées par la pop culture », je me bornerai à dire que, si les années 80 de la culture de masse sont une piètre recréation de la réalité, celles de Smolderen et Clérisse ne sont guère plus convaincantes.

Alors si ta bio ressemble un peu à la mienne, ami inconnu, passe ton chemin, garde ton argent pour Mishima. Moi, je vais réécouter Les nuits sans Kim Wilde.

Une année sans Cthulhu, Smolderen, Clerisse

Commentaires

Tororo a dit…
Je me range sans hésiter à votre avis, ami connu.
Gromovar a dit…
Aujourd'hui nous sommes deux. Bientôt nous serons des millions.