Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

Sherlock Holmes and the Sussex Sea Devils - James Lovegrove


Well, well, well.
J'avais beaucoup aimé jusque là le pastiche holmesien de James Lovegrove. Il ne réussit pas la passe de trois avec ce "Sherlock Holmes and the Sussex Sea Devils" qui clôt la trilogie.

En dépit de quelques références explicites, cette histoire sent bien plus le pulp que le récit lovecraftien ou holmesien. Pas de mystère, pas ou peu d'enquête, l'histoire est linéaire à faire peur, les questions trouvent leurs réponses sans délai ni difficulté, les éléments mythologiques sont utilisés comme des objets magiques de jeux de rôles – et passons sur un certain Grand Ancien bien mal utilisé.

Donc, pour la faire courte, Holmes, très peu vieillissant, s'est retiré dans le Sussex. Il sauve une pauvre fille enlevée par un culte d'idiots et promise à l'anéantissement. Ceci fait, il découvre avec effroi l'annihilation du Club Dagon, l'inner circle occulte du Club Diogène. Mycroft down ! Holmes et son archennemi Moriarty/R'luhlloig se dirigent vers l'acmé de leur confrontation.

Puis, après une interminable poursuite dans le sous-sol de Londres, on croit que des Profonds locaux passent à l'acte dans le Sussex, mais, en fait, non. Ce sont des espions allemands déguisés dans un sous-marin !!!

Et tout ce monde part pour R'lyeh ! Car le dieu extérieur, qui a pris possession de l’ambassadeur allemand (alors que nous sommes en 1911 et que les tensions sont vives), orchestre deux guerres simultanées. Une, qu'il essaie de fomenter afin de déchirer l'Europe pour le plaisir de la destruction, et l'autre, qu'il mène contre les Grands Anciens et qu'il a presque gagnée. Ne reste que Cthulhu – qui rêve et attend.

Et donc, Moriarty/R'luhlloig entraîne le couple Holmes/Watson en sous-marin vers R'lyeh pour le combat final (comme dans les films de maffres).  R'luhlloig et Cthulhu s'interpelleront et se battront comme des catcheurs mexicains (authentique, hélas, avec cette fin authentique, hélas : Cthulhu raised his arms aloft in triumph while what was left of R’luhlloig dissipated like dust blown away by a strong breeze.). Force reste à Cthulhu, avec l'aide consciente et volontaire de Holmes.

Du pulp, et pas du meilleur. Triste fin, pour la trilogie et pour le détective.

Sherlock Holmes and the Sussex Sea Devils, James Lovegrove

Commentaires