No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Recoveries - Susan Palwick


New-York, aujourd'hui. C'est un triple anniversaire pour Vanessa : 28 ans qu'elle est née, 10 ans que ses parents (récupérés par des aliens ?) ont disparu, 1 an qu'elle est sobre pour obéir à une injonction judiciaire de traitement (séances d'Alcooliques Anonymes compris).
Un beau jour donc, qu'elle fête au restaurant avec Minta, sa marraine d'abstinence, et Kat, son ami d'enfance.

Ce jour de célébration est aussi celui où l'injonction de Vanessa se termine, à minuit. Et ça terrorise Kat. Car la jeune femme, qui raconte, est sûre que, sitôt l'injonction levée, Vanessa va replonger tête la première dans ses errements alcoolisés. Elle doit intervenir, l'empêcher, et pour ce faire lui révéler un incroyable secret.

"Recoveries" est une nouvelle intrigante, et drôle, et émouvante.
Intrigante car on se demande ce que peuvent cacher les non-dits qu'on sent.
Drôle et émouvante car, racontant la soirée d'anniversaire et le passé en flashbacks, Susan Palwick y montre deux jeunes femmes touchantes, abandonnées ou c'est tout comme, un peu perdues, qui font avec leurs troubles de manière clairement insatisfaisante. Deux jeunes femmes qui sont chacune le point de stabilité de l'autre. Deux jeunes femmes que leur histoire personnelle a placées en marge en même temps qu'elle a alimenté leur amitié aussi indéfectible qu'un peu improbable.
Kat, qui parle, le fait de la manière ironique de celle à qui on ne la fait pas et qui fait mouche à chaque fois dans ses analyses de situation. Une honnêteté aidée par le ton à la deuxième personne qui permet de parler de soi comme témoin de soi, car s'il y a à dire sur Vanessa, la barque de Kat est chargée aussi.
Honnêteté, intelligence, ironie, c'est ce qui fait qu'une vraie histoire d'amitié peut ne pas être mièvre.

Finalement, l'amitié qui les a soutenu depuis si longtemps leur permettra aujourd'hui d'aller encore plus loin. Vers quoi ? Pour le savoir, il faudra lire "Recoveries", une très jolie nouvelle, racontée à la deuxième personne du singulier, par Susan Palwick. Elle est téléchargeable sur le site Tor.

Recoveries, Susan Palwick

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