Department of Truth t6 - Tynion - Simmonds - Cadonici

Le TPB 6 de la série Department of Truth , récemment sorti, est plaisant mais trop court sur le fil principal. Poussé par Cole, Lee est décidé à dire la vérité, à la faire éclater en public, afin que le Département retrouve une vraie direction, perdue depuis la démission de Nixon et la mise en roue libre de l’agence. Mais quel serait l’effet d’une telle entrée dans la lumière ? Si Cole et Ruby, de plus en plus dubitatifs sur leurs propres activités, espèrent qu’elle permettra de (re)mettre vraiment le Département au service de l’amélioration de la vie des gens, Lee, même s’il a parlé au mari journaliste de Cole, hésite sur le bien fondé de son acte. Il doute tant que, malgré une longue conversation sous les étoiles avec son vieil ami The Hat, il finit par aller proposer ses services à un Président qui a érigé les contre-vérités en réalité révélée, et les faits alternatifs en arguments politiques. Qu’adviendra-t-il alors ? On peut craindre le pire. Episodes de transition ici, d’autant p...

In the House of Aryaman, a Lonely Signal Burns - Elizabeth Bear


"In the House of Aryaman, a Lonely Signal Burns", est une novella d'Elizabeth Bear, le premier de la série intitulée Sub-Inspector Ferron Mysteries, autrement dit une série policière.

Dernier quart du XXIème siècle, Bangalore, Inde. Un homme, Dexter Coffin (misère !), est retrouvé mort dans son appartement fermé. Mais est-ce bien lui ? Et est-ce seulement un homme d'ailleurs ?
Car, de fait, on n'a retrouvé sur le sol qu'un tas de chair sanguinolent, ce qui resterait d'un homme qu'on aurait retourné de l'intérieur pour lui mettre le dedans dehors. Pour la sous-inspecteur Ferron et son assistant Indrapramit, une enquête difficile commence avec ce meurtre en chambre close. D'autant que le chat-perroquet du mort, seul témoin potentiel du meurtre, semble avoir eu la mémoire effacée.

Avec "In the House of Aryaman, a Lonely Signal Burns", Bear inaugure une série police procedural dans un univers entre cyberpunk et solarpunk, et s'essaie à l'indofuturisme. Rien n'y manque. Qu'on en juge !

Lieu :

Une Inde après les mystérieuses Naughties, dont on ne sait rien mais dont on peut imaginer qu'elles furent terribles – et sûrement peu ou prou guerrières climatiques.
Une Inde dans laquelle la plupart des gens sont sans emploi et vivent de l'aide sociale ; live « on basic » ou « on dole », comme sur la Terre surpeuplée de The Expanse, un rêve pour certains parait-il.
Une Inde qui a accompli le grand virage écologique, avec appartements familiaux ou individuels adaptées, plantes GM récupératrices d'énergie solaire et d'eau de rosée, production électrique individuelle par la marche ou le pédalage, etc.
Une Inde dans laquelle les biotechnologies règnent en maîtresses, entre plantes éco-responsables, modification de l'ADN pré et/ou post naissance, animaux de compagnie chimères tels que les chat-perroquets ou les renards GM (ceux-ci passés de mode).
Un monde sans lequel on ne se déplace quasiment plus entre pays, pour des raisons énergétiques évidentes, comme à la fin du magistral En panne sèche de Eschbach.

Personnes :

Des ajustements neurochimiques de l'humeur, permettant d'adapter au mieux son état d'esprit à la situation conjoncturelle ou au bruit de fond de son existence.
Des améliorations cyber. offrant connexion et infos dans le champ de vision, filtrage des sensations entrantes, etc.
Une IA algorithmique d'enquête policière.
Des univers de réalité virtuelle immersive, dans lesquels certains se perdent, notamment la mère de Ferron (d'où problème domestique, problèmes d'argent, névrose familiale, and so on).
Le choix pour chacun de redéfinir à tout moment son identité et son nom (qu'on appelle d'ailleurs Handle, le terme informatique signifiant Pseudo).

Et puis, il y a un « signal posthume » venu de la galaxie d'Andromède, qu'on resitue dans la cosmogonie indienne dans un souci d'exotisme de bon ton.

Last but not least, Bear n'oublie pas de checker – sans zèle excessif – la case Appropriation culturelle « “Cute,” said Indrapramit dryly, following her gaze. “The Yank is going native.” » ou la LGBT-friendly « It was in a kinship block teaming with her uncles and cousins, her grandparents, great-grandparents, her sisters and their husbands (and in one case, wife). »

Mais, imho, qui trop embrasse mal étreint.

Présentant un monde très (trop?) foisonnant, se créant la possibilité d'ajouter du vrai drama familial aux enquêtes policières, instillant du mystérieux SF par le biais de l'étoile pulsante, s'essayant sans vrai succès à l'humour, Bear bombarde le lecteur de background et se retrouve à bâcler son enquête en chambre close (elle avait pourtant joué la sécurité en choisissant le classique des classiques) dont la solution arrive si vite que c'en est absurde, après un de ces twists qui utilisent la science comme parfois la magie

Finissant la lecture, on a l'impression d'avoir, au mieux, vu un pilote, au pire, visité l'appartement témoin d'une résidence en time-sharing. Perso, guère envie de poursuivre, les ficelles sont trop grosses et trop nombreuses.

In the House of Aryaman, a Lonely Signal Burns, Elizabeth Bear

Commentaires

Alias a dit…
De Elizabeth Bear, j'avais lu "Karen Memory", un western steampunk (tendance lesbien, non-binaire et non-eurocentré) et je vois très bien le genre de truc abominablement foisonnant que ça peut donner en futuriste.

Ça me fait quand même un peu envie, je dois dire.
Gromovar a dit…
Tu peux y aller, ça se lit en une heure.
Alias a dit…
Ah ben ouais, si c'est du foisonnant en une heure de lecture, c'est probablement un peu hardcore, mais j'y jetterai un œil si ça passe à ma portée.