Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Quietus - Tristan Palmgren - Bof


14ème siècle. La peste noire traverse l’Europe dont elle tue en peu d’années entre un tiers et la moitié de la population. Au milieu de la catastrophe, précisément en Italie du Nord, se trouve le monastère chartreux du Sacré Cœur dans lequel s’est réfugié, il y a des années et pour échapper à un scandale de mœurs, celui qui est depuis devenu le frère Niccolucio. Un monastère qui, à l'épicentre de l'épidémie, ne restera pas longtemps un havre.

Non loin de là, à Florence, Habidah est en mission. Venue d’un autre plan de la réalité avec une équipe de scientifiques, Habidah est une exoanthropologue. La mission de son groupe est l’étude des moyens qu’utilise(ra) l’Europe pour survivre au quasi-effondrement. Une connaissance peut-être vitale pour le monde d'origine d’Habidah, un multivers en proie à une forme de peste tout aussi dévastatrice que celle qui touche l’Europe médiévale.
Important. Capital. En immersion secrète, ces universitaires doivent observer, rapporter, et ne surtout JAMAIS intervenir.

Au Sacré Cœur, de malades en décès, Niccolucio voit tous ses frères mourir les uns après les autres dans l’enclave perdue qu’est devenue le monastère. A la fin, quand ne reste plus que lui, Niccolucio, à bout de désespoir, quitte à pied le Sacré Cœur pour chercher, sans vraiment l’espérer, du secours à l’extérieur. Mais le chemin est trop rude et, alors qu’il va mourir dans le froid, il est sauvé in extremis par une Habidah qui ne supporte plus de voir les cadavres s’amonceler sous ses yeux.

Commence entre les deux une étrange relation, entre volonté de non-ingérence et impératif de faire le bien. Compliqué, sans nul doute.
Comme si ça ne suffisait pas, on comprend vite (Habidah un peu moins) qu’un des membres de l'équipe est un agent sous couverture, envoyé pour faire avancer un agenda caché ; les Amalgamates (des IA surpuissantes) qui gouvernent la partie du multivers d’où sont originaires les scientifiques veulent en effet bien plus de la Terre que de simples informations. Et tout se compliquera encore quand un nouvel acteur entrera dans le jeu, une entité – aussi incroyable que ça paraisse – plus puissante que les Amalgamates. De mensonge en trahison et de coup bas en manipulation, de Florence à Avignon, les enjeux montent de plus en plus dans une confrontation qui décidera non seulement de l’avenir de la Terre mais aussi de celui de centaines de milliers de plans (rien que ça !).

Il y avait du potentiel dans le pitch de "Quietus". De fait, de secrets en secrets, on tourne les pages pour savoir le fin mot de l’histoire, et on lit relativement vite ce premier roman. On y trouve même un certain nombre de passages que leur mode de narration rend captivant (tous des passages dans lesquels Niccolucio est confronté à la mort de masse et tente comme il peut d’y réagir avec dignité et courage).

Néanmoins, le bilan est globalement négatif.

D’abord, un style trop souvent trop plat nuit à l’intérêt (à moins d’être une brute insensible de lecteur au kilomètre). Les phrases courtes et simples s’enchaînent comme dans une rédaction de collège, grammaticalement correcte mais sans génie véritable. Ca décrit ; ce n’est pas écrit.
De plus, au fil des nombreuses pages, on finit par trouver que bien des fils sont trop longs ou semblent superflus s’ils sont rapportés aux colossaux enjeux interplanaires en cours.

Ensuite, "Quietus" souffre, hélas, de la comparaison avec tous les autres romans dont il s’inspire peu ou prou.
En vrac, on peut citer Le Grand Livre de Connie Willis pour sa description inoubliable de la peste, Eiffelheim de Flynn pour la rencontre entre extra-terrestres et médiévaux, le cycle de la Culture de Banks pour les IA géantes aux noms amusants, le cycle d’Hyperion de Simmons pour son « Espace qui lie », le Il est difficile d'être un dieu des frères Strougatski pour la question de l'interventionnisme, etc. Et vers la fin, entre résurrection et omnipotence, on se demande même s’il n’y a pas une tentative de métaphore biblique.
Palmgren a le droit, comme auteur, de rendre hommage à d’autres, mais il importe alors d’être différent ou à la hauteur. Ca ne me paraît pas être le cas ici.

Enfin, à vouloir traiter des situations trop énormes, trop extraordinaires, on finit par les rendre aussi banales que décevantes dans la simplicité même de leur résolution finale (un problème récurrent dans ce genre de configuration). De plus, à quoi sert de parler de centaines de milliers de plans si chacun n’est utilisé, comme c’est le cas dans tant de médiocres planet-opera, que comme simple lieu planétaire uniforme réduit à un seul point d’intérêt, que comme simple lieu ponctuel sur une carte du monde (ici du multivers) ?

On peut éviter.

Quietus, Tristan Palmgren

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