L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Pline - Yamazaki - There ye be monsters


Suite de la biographie imaginée de Pline avec ce tome 3 qui met Poppée en couverture mais ne lui donne qu'un rôle mineur.

On continue d'y suivre les traces du célèbre naturaliste romain. Certes, en dépit de mon affirmation précédente, Poppée illumine de sa beauté quelques pages du manga et intrigue pour pousser Néron à l'épouser (et à tuer sa première femme Octavie). Ses manœuvres encouragent l'irresponsabilité et l'inconstance d'un empereur bien peu digne de sa charge. Elles éloignent aussi de lui ses plus proches amis et conseillers (parmi lesquels Pline) qui craignent à juste titre pour leur vie. Le sage ira se mettre au vert du côté de Pompéi et d'Herculanum ; sans doute pas la meilleure idée de sa vie.

Mais le manga ne contient pas que la politique impériale romaine. C'est toute la Rome du Ier siècle qui défile entre ses pages.

Une ville violente et dangereuse.
Une ville aux finances mises à mal par les dépenses somptuaires de l'empereur.
Une ville où commencent à prêcher les disciples de la nouvelle religion chrétienne.
Une ville où haut niveau d’ingénierie et superstition cohabitent, où on croit aux monstres les plus invraisemblables - telles ces licornes que seules des vierges peuvent amadouer.

Pline, malade, y étudie les insectes et y disserte sur la nature humaine.
Habité par l'amour de la connaissance, il place l'éducation au sommet de tout et fait du développement de l'esprit l'objectif évident de toute bonne vie humaine.
Passionné de nature, il respecte les animaux que l'humain domine et dit avoir plus confiance dans un éléphant que dans un esclave (en raison du fait que ce dernier est humain).
Homme à la pensée complexe, il est capable de dire qu'il n'y a pas de nature servile qui serait le propre des esclaves, ce qui ne l'empêche nullement d'en acheter ou d'en utiliser. A Rome, vis comme les Romains.

Ce balayage de nombreux thèmes est à la fois la force et la faiblesse du manga. La mosaïque est riche mais tout parait un peu survolé. A la suite du touche-à-tout Pline, le lecteur passe d'un sujet à l'autre, sans avoir le temps de vraiment s'attarder. Ca reste néanmoins d'une lecture agréable, et le sujet est assez original pour mériter plus qu'un intérêt distrait.

Pline 3, Yamazaki, Miki

Commentaires