Bifrost 121 : entre dossier Walton et nouvelle de Nayler

Dans le Bifrost numéro 121, on trouve un copieux dossier Jo Walton ( dont je rappelle qu'elle a eu le Prix Planète-SF en 2017 pour Mes Vrais Enfants )  sous une couverture de Florence Magnin. Le numéro s’ouvre sur l’édito du boss qui rappelle à tous quel est l’âge canonique (trente ans) du Bélial et, de facto, de la revue Bifrost. Un édito en forme de bilan (d’étape) et de mise en lumière des (pas si subtils) changements qui ont affecté le monde de l’édition entre alors et maintenant. Suivent quatre nouvelles puis toutes les rubriques habituelles, critiques des nouveautés, scientifiction, and so on. On y trouve même les lauréats du Prix des lecteurs Bifrost 2025 : en catégorie francophone Résonances , de Mina Jacobson, et en traduction Joe 33 % , de Suzanne Palmer. Bravo à eux deux et au traducteur Pierre-Paul Durastanti qui s’est chargé du Palmer. Quatre nouvelles donc. D’abord, Contraction d’Iris de Peter Watts, un texte très wattsien qui met en scène, dans un futur p...

Pline - Yamazaki - There ye be monsters


Suite de la biographie imaginée de Pline avec ce tome 3 qui met Poppée en couverture mais ne lui donne qu'un rôle mineur.

On continue d'y suivre les traces du célèbre naturaliste romain. Certes, en dépit de mon affirmation précédente, Poppée illumine de sa beauté quelques pages du manga et intrigue pour pousser Néron à l'épouser (et à tuer sa première femme Octavie). Ses manœuvres encouragent l'irresponsabilité et l'inconstance d'un empereur bien peu digne de sa charge. Elles éloignent aussi de lui ses plus proches amis et conseillers (parmi lesquels Pline) qui craignent à juste titre pour leur vie. Le sage ira se mettre au vert du côté de Pompéi et d'Herculanum ; sans doute pas la meilleure idée de sa vie.

Mais le manga ne contient pas que la politique impériale romaine. C'est toute la Rome du Ier siècle qui défile entre ses pages.

Une ville violente et dangereuse.
Une ville aux finances mises à mal par les dépenses somptuaires de l'empereur.
Une ville où commencent à prêcher les disciples de la nouvelle religion chrétienne.
Une ville où haut niveau d’ingénierie et superstition cohabitent, où on croit aux monstres les plus invraisemblables - telles ces licornes que seules des vierges peuvent amadouer.

Pline, malade, y étudie les insectes et y disserte sur la nature humaine.
Habité par l'amour de la connaissance, il place l'éducation au sommet de tout et fait du développement de l'esprit l'objectif évident de toute bonne vie humaine.
Passionné de nature, il respecte les animaux que l'humain domine et dit avoir plus confiance dans un éléphant que dans un esclave (en raison du fait que ce dernier est humain).
Homme à la pensée complexe, il est capable de dire qu'il n'y a pas de nature servile qui serait le propre des esclaves, ce qui ne l'empêche nullement d'en acheter ou d'en utiliser. A Rome, vis comme les Romains.

Ce balayage de nombreux thèmes est à la fois la force et la faiblesse du manga. La mosaïque est riche mais tout parait un peu survolé. A la suite du touche-à-tout Pline, le lecteur passe d'un sujet à l'autre, sans avoir le temps de vraiment s'attarder. Ca reste néanmoins d'une lecture agréable, et le sujet est assez original pour mériter plus qu'un intérêt distrait.

Pline 3, Yamazaki, Miki

Commentaires