Gotham Central t4 - Brubaker - Rucka et al.

Quelques derniers mots pour signaler la sortie du tome 4 conclusif de la série Gotham Central . J'ai déjà dit tout le bien qu'on pouvait penser de la série . C’est absolument excellent, l’un des meilleurs comics policiers qu’on puisse lire, avec un Batman presque absent, ombre tutélaire qui protège la ville, surtout contre elle-même, et des policiers profondément humains qui tentent d’accomplir leur mission au milieu de la corruption et des destructions périodiques occasionnées par les guerres des super-héros. A Gotham, il faut encore plus de courage que dans le reste du monde pour sortir dans les rues avec un badge. Dans ce dernier numéro, on trouve réunies quatre histoires (+ en petit bonus la suite et fin des aventures de Josie McDonald avant son affectation à Gotham Central) . Loi naturelle montre la ville du point de vue d’un de ses innombrables flics ripous, devenu ici meurtrier. En voix off, il raconte sa misérable vie quotidienne, son manque d’empathie et son absence t...

Ni terre, ni mer - Megaton - The worst things happen at sea


Olivier Megaton (dont j'ignorais complètement l'existence même) est le réalisateur de Taken n° x et de Transporteur n° y, autant de films d'action que je n'ai pas vus. Quoi qu'il en soit, le garçon a décidé d'écrire un scénario de BD et livre ce "Ni terre, ni mer" dont le premier tome (sur deux) est sorti récemment. Il s'est associé pour cela les graphistes Nicola Genzianella et Sylvain Ricard.

Croisière en voilier. A bord, cinq jeunes adultes (les fameux YA de l'édition SFFF ?), deux hommes, trois femmes. Ils se connaissent visiblement depuis longtemps et ont connu, dans le passé, un drame, dont aucun n'a très envie de se souvenir, qui a causé la mort de l'un d'entre eux et provoqué des fractures ouvertes au sein de la petite bande.
Erreur de navigation ? cartes marines fausses ? manipulation délibérée ? Toujours est-il que la croisière tourne mal et que le voilier se trouve pris dans une tempête qui le fait s'échouer sur les rochers d'un phare au milieu de l'océan. Un phare qui était éclairé ou éteint ? Les avis divergent.
Les naufragés y sont accueillis par deux gardiens peu amènes, Serge et Pierre, qui refusent de passer un appel radio et s'insinuent peu à peu dans les secrets des cinq jeunes. La tension et l'énervement montent alors que le temps passe sans que rien ne bouge et que les questions en suspens ne trouvent pas de réponse satisfaisante.

Le malaise ressenti pourrait être mis sur le seul compte de la promiscuité avec deux inconnus taciturnes et intrusifs – sans oublier les non-dits et rancœurs au sein du groupe – mais les choses vont progressivement dégénérer jusqu'à devenir très inquiétantes. Comme dirait BFMTV, le pronostic vital des membres du groupes est engagé.

Avec "Ni terre, ni mer", Megaton livre un thriller en huis-clos efficace à défaut d'être très original. Alternant entre le présent du naufrage et le passé de la croisière, le scénariste décrit un groupe qu'un secret funeste pourrit depuis deux ans et des personnalités aussi laides que les physiques qui les portent sont agréables, le tout dans une chambre jaune maritime d'où on peut se demander si quelqu'un en sortira vivant. On pense à quantité de films d'horreur du genre de Souviens-toi l'été dernier, ou à un Dix Petits Nègres qui ne seraient que cinq (ou sept c'est selon), et si on aime ce genre d'histoires on appréciera aussi un album où Megaton, sans innover, parvient à faire monter la pression de manière satisfaisante.

Le dessin est correct, les effets de couleurs compensant des visages souvent peu satisfaisants.

Suite et fin en octobre pour cette histoire qu'il vaudra mieux imho lire en enfilade pour en apprécier le rythme.

Ni terre, ni mer t1, Megaton, Genzianella, Ricard

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