Hitler peignait des roses - Harlan Ellison - Retour de Bifrost 117

Hitler peignait des roses est l'un des quatre recueils de Harlan Ellison parus en français aux Humanoïdes Associés à la fin des années 70. Y sont rassemblés quinze nouvelles précédées d'une introduction de l'auteur lui-même. Dans celle-ci, intitulée Enfin révélé ce qui a tué les dinosaures ! Et ça n'a pas l'air d'aller très fort pour vous non plus , Ellison développe longuement, sur un ton amusant et agressif et disons même amusant car agressif, la consternation que lui inspire la pratique excessive de la télévision par ses contemporains. Dans des termes qui évoqueront aux lecteurs d'aujourd'hui ce qui s'écrit sur les réseaux sociaux, Ellison accable un média hypnotique et abrutissant responsable selon lui d'une vive dégradation de la capacité à distinguer entre réalité et illusion. Une inquiétude visionnaire, validée par l'ère de post-vérité dans laquelle nous vivons dorénavant ; que n'avons-nous écouté Ellison ! Pour lui, c'est dan...

La glace et le sel - Zarate - Détumescent


4ème de couv (que je ne donne jamais d'habitude mais là, je manque trop d'idées) :
Le Déméter entre dans le port de Whitby en pleine tempête. À bord du navire sans équipage, le capitaine gît, sans vie, attaché au gouvernail tandis que, dans la cale, dorment de mystérieuses caisses pleines de terre. C’est ainsi que Dracula, dans le roman de Bram Stoker, arrive à Londres.
À partir des quelques lignes retrouvées dans la poche du capitaine, José Luis Zárate reconstruit la tragédie de la traversée.
La brûlure du soleil, la morsure du sel, la promiscuité exacerbent les sensations. Le capitaine, rongé de désir, rêve de goûter à la peau et au corps de ses hommes. Le vampire boit leur sang, mais le désir est une soif que rien n’étanche. Du pont à la cale, des appétits refoulés à la jouissance sans entraves, José Luis Zárate revisite brillamment la figure du vampire, cette insatiable machine désirante.

On sait (ou pas) que Dracula est l'un des romans et l'un des personnages qui m'ont le plus bouleversé.
Il suffit de taper le mot Dracula dans le moteur de recherche du blog. Et il y manque bien sûr tout ce qui a été lu ou vu avant.

Alors, j'étais impatient d'embarquer enfin à bord du Demeter pour y assister au tragique voyage de Varna à Whitby, de l'Europe archaïque au monde moderne, des enfants de la nuit à Mina et Lucy.

Je m'attendais à tout sauf à ce que le roman se focalise sur les délires érotiques d'un capitaine homosexuel aussi priapique que frustré.

Qu'est-ce qu'Actes Sud et Dracula sont-ils allés faire dans cette galère ? J'ai beau chercher, je ne trouve pas.

On me dira 'Eros et Thanatos'. Non. Ils ont bon dos Eros et Thanatos. Ils sont autrement plus délicatement suggérés et entremêlés dans le roman de Bram Stoker.

En dépit de sa jolie écriture, la délicatesse c'est ce qui manque à Zarate, au contraire de l'obsession. Rappelons quand même que c'est lui qui écrivit Petits Chaperons, que je n'ai pas le plaisir d'avoir lu mais dont le résumé dit assez : « Recueil de micro-nouvelles dans lesquelles le petit chaperon rouge et le loup explorent une facette inédite de leur relation, mais la mère-grand n'est pas en reste ! »

La glace et le sel, Jose Luis Zarate

Commentaires

Sans appel ! Dommage l'idée de départ était séduisante.
Gromovar a dit…
L'idée, oui.