Mignola - Nixey - Batman La Malédiction qui s'abattit sur Gotham

Sous une couverture aux couleurs passées qui évoque un pulp trop souvent manipulé se trouve La Malédiction qui s'abattit sur Gotham , un petit bijou de Mike Mignola, Richard Pace et Troy Nixey publié en français chez Urban Nomad dans une traduction d'Alex Nikolavitch. 1928. Antarctique. L'Argo, un navire commandé par le jeune milliardaire Bruce Wayne, aborde les côtes de la terre Victoria. Il y retrouve les restes de l'expédition du professeur Cobblepot, de l'université de Gotham. Pris par les glaces, le navire scientifique de Cobblepot est immobilisé. Cela n'a rien d'étonnant. Ce qui l'est, en revanche, c'est l'état de l'équipage. Tous les hommes sont retrouvés morts par Wayne et ses associés (Dick Grayson et Tim Drake notamment) , sauf le professeur Cobblepot, disparu, et un dénommé Grendon, qui a l'air plus mort que vif. Recherches terminées, malgré une issue peu satisfaisante, l'Argo retourne à Gotham. Il ramène Grendon, sauvé in ...

Jenny - Fabrice Colin - "Dick Laurent est mort"


Californie, aujourd'hui. Bradley Hayden est journaliste. Il est marié à April.
Peu d'amis. Un père absent. Une mère qui perd la mémoire. Une belle-famille qui ne l'aime guère. Et un mariage qui se délite lentement mais sûrement.

Un jour, April et lui partent à Las Vegas. Pour sauver quoi ? On se le demande. Mais l'agréable ballade condamnée d'avance vire au cauchemar véritable quand April disparaît. Dans la chambre d'hôtel vide, plus d'April, plus de vêtements, plus rien. Attente, recherche, angoisse qui monte. Fugue ? Enlèvement ? Une seule chose est sûre : April ne donne plus aucun signe de vie.
Des mois plus tard, Bradley, qui n'espère plus et traîne sur les sites de rencontre en ligne, fait la connaissance de Jenny, une obèse larger than life qui l’entraîne, au fil d'un road-trip halluciné, vers une réalité et une vérité dont il n'avait pas la moindre idée.

Ce qui suit sera nécessairement court ; il importe de ne pas spoiler.

Commençons par dire que Jenny est un véritable page-turner. Sur les traces de Bradley, à la recherche de sa femme disparue comme au long des pérégrinations sanglantes que lui impose Jenny, le lecteur lit vite. Il veut comprendre, savoir ce qui se cache vraiment au cœur du très sombre mystère concocté par l'auteur. Alternant les chapitres sur deux trames temporelles décalées, Colin livre un récit à la première personne dans lequel Brad raconte - après - ce qui lui est arrivé et ce qu'il en comprenait au moment où ça arrivait. Brad dit non seulement les faits mais aussi les interprétations, les doutes, les hypothèses, les incompréhensions. Le lecteur n'en sait jamais plus que ce que sait Brad, le narrateur, à l'instant qu'il raconte.

Et qu'il est peu fiable ce narrateur. Qu'il rappelle le Lost Highway de David Lynch.
Lynch, oui, mais aussi Brett Easton Ellis par exemple avec qui Colin partage à la fois un style agréable qui dit une connivence nonchalante avec la réalité américaine contemporaine et ce sens de la narration non fiable qui faisait la force de Lunar Park.
Si tout semble f(l)ou, si Brad paraît fou, les dérives complotistes n'empêchent pas qu'existent de vrais complots ; quant aux paranoïaques, même eux ont parfois des ennemis.

"Jenny" ballade le narrateur et le lecteur, ensemble, d'un personnage douteux à un autre sur un chemin de haines recuites et de vengeance mortelle. Finement construit, le roman livre peu à peu la vérité à un lecteur captivé par la noirceur et la dureté du récit. Celui-ci doit alors se rendre à l'évidence : dans un pays qui semble avoir inventé les tueurs en série et dont Charles Manson est une icône, sous le soleil écrasant de la Côte Ouest, le Mal intrique passé et présent et, comme l'écrivait Shakespeare, il vit pour toujours.

Jenny, Fabrice Colin

Commentaires

arutha a dit…
Tu me donnes bien envie, d'autant que j'aime beaucoup ce que fait Fabrice Colin.
Gromovar a dit…
Tu peux y aller.
shaya a dit…
Ca a l'air d'être un chouette polar en tout cas !
Gromovar a dit…
Très sympa, oui.