L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Dessous - Bones - Que fait Mr Seguin ?


"Dessous, La montagne des morts", de Bones (?!?), est le premier tome d’une trilogie BD fantastique sur fond de Grande Guerre. Il est sensé pouvoir se lire en one-shot. Et il m’a honnêtement très déçu.

Je pensais ne pas le chroniquer pour ne pas ajouter le temps de la chronique à celui, décevant, de la lecture. Mais, je lis ici et là des chroniques positives (dans ce style inénarrable de certains qui font des défauts des demi-qualités ou des points négligeables), et il me semble donc important de fournir aux lecteurs éventuels un autre son de cloche. Charge à eux ensuite de faire à leur guise.

D’abord, sur l’aspect one-shot, il y a une fin certes, mais c’est clairement un tome d’exposition (et où beaucoup de pages servent à exposer bien peu de faits), pas du tout un one-shot. Si c’est utilisé comme argument de vente, c’est fallacieux. Ne pas acheter si on n’a pas l’intention de poursuivre !

D’autre part, l’album en lui-même n’est guère satisfaisant (que ce soit en one-shot ou pas). Voyons pourquoi.

1916, Argonne. En investissant une tranchée allemande silencieuse depuis plusieurs jours, les soldats français tombent sur un charnier dans lequel vivent des monstres – comment les appeler autrement – dont on comprend qu'ils furent des soldats humains, avant d’être « habités » par d’étranges créatures qui les ont transformés et les contrôlent sous l’impulsion centrale d’un genre de Shub-Niggurath (Ïa Ïa la Chèvre Noire aux Mille Chevreaux) souterrain. Chefs allemands et chefs français se demandent si cette « chose » peut être militarisée et l'espèrent fortement. Tous s’activent donc dans ce but, négligeant l’agenda, sûrement différent, d’une entité très ancienne qui - dans quel but inconnu ? - tente les hommes par télépathie.

On est ici entre The Thing et Cthulhu, en plein milieu de la Grande Conflagration. J’aime ces trois univers. J’aurais du apprécier.
Hélas, l’histoire est terriblement simple, atrocement linéaire et prévisible, et nonobstant pas toujours claire dans les enchainements des dialogues ou des actions. Les personnages ne sont pas plus épais que du papier à cigarette. Quant à la Grande Guerre, elle est un décor, et guère plus.
Les dessins ne sont pas plaisants (sauf à considérer que, dès que c’est sombre ça évoque 14-18 et/ou le fantastique), et surtout leur imprécision, pour les visages en particulier, ne contribuent pas la clarté du récit. Et je ne parle pas des pages entières de dialogues en allemand non traduit.
Sur la Grande Guerre, il y a bien mieux à lire, notamment en BD. On en trouvera en suivant le tag 14-18 en bas de cette chronique.

Dessous, La montagne des morts, Bones

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