Baron Cimetière - Morgane Caussarieu

On le sait (et si on l’ignorait on vient de l’apprendre) , je ne lis pas de YA, je n’aime pas ce genre que je trouve trop souvent simple et caricatural. Et c’est encore pire depuis que la sainte trilogie Grief, Identity, Relief y est devenue récurrente. Mais Baron Cimetière est écrit par Morgane Caussarieu, une autrice qui est tout sauf mièvre et dont le style est toujours un plaisir. Et j’adore le Baron Samedi .  Alors, je me suis laissé tenter. Tel le Kaa du Livre de la Jungle , Caussarieu sait convaincre. Aujourd’hui, la Nouvelle-Orléans. Mika est un adolescent parisien de presque dix-sept ans arrivé là grâce à un billet d’avion opportunément envoyé par une vieille grand-tante qu’il ne connaissait pas. Opportunément, dis-je, car Mika avait besoin de quitter la France au plus vite après y avoir fait ce qu’on comprend être une grosse connerie. Le jeune homme qu’on découvre est tourmenté par une enfance compliquée, une relation amoureuse qui a tourné, semble-t-il, en eau de boud...

Starve - Brian Wood - Cauchemar dans la cuisine mondiale


Gavin Cruikshank. 55 ans. Homosexuel refoulé. Alcoolique. Drogué.
Gavin est aussi un chef internationalement connu et le créateur de Starve, la plus prestigieuse des émissions type Masterchef.
Mais ça c’était avant, aujourd’hui il n’en reste rien. Loin des fourneaux et des paillettes, jour après jour tous identiques, Gavin s’étourdit en Asie pour s’oublier lui-même.
Sauf qu’on revient le chercher ; il doit faire les huit dernières émissions de la saison.

"Starve" est une très bonne surprise.
Rien à voir avec Chew ici. Pas de paranormal, pas d’enquête. En revanche, un monde très dystopique qui combine bouleversement climatique, extinction massive des espèces et creusement abyssal des inégalités mondiales. Pas si incroyable que ça donc. Hélas !
Même le jeu télévisé de Gavin, d’abord plutôt sage, a été transformé par son successeur en une sorte de monstre, succession d’épreuves plus délirantes les unes que les autres qui doivent de moins en moins à la cuisine pure et de plus en plus à la volonté de faire du spectaculaire tout en régalant un jury de personnalités qui peut ainsi sans vergogne étaler son privilège sous les yeux énamourés de millions de téléspectateurs.

Pour retrouver une image de lui-même qui lui plaise, pour nouer un lien avec sa grande fille, pour faire la paix avec sa (toujours) femme qui le hait, Gavin accepte les épreuves imposées par un programme devenu fou, et ploie sans craquer sous les assauts meurtriers de ses ennemis véritables qui veulent plus que son humiliation, sa mort.

Dur, réaliste, nanti d’un world-building et d’un character-building de grande qualité, "Starve" ne peut pâtir que de graphismes assez laids à mon goût. On peut au moins trouver qu’ils sont plutôt sombres ce qui colle bien à l’ambiance du monde comme de l’histoire.

Une lecture à recommander donc, et pas seulement aux fans de compétitions culinaires.

Starve TPB 1, Wood, Zezelj, Stewart

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