Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Murena Artbook, in memoriam Delaby

"Murena" est une superbe série de BD trop peu chroniquée sur ce blog. Créée par Dufaux au scénario et Delaby au dessin, elle ressuscite la Rome des Césars (Claude d’abord, puis Néron), fascinante, cruelle, barbare, à la culture résolument préchrétienne. On y voit le patricien Lucius Murena, ami de Néron, se bruler aux flammes du pouvoir. Il connaitra la fureur impériale et cherchera la vengeance, verra la folie grandissante de Néron, et entrainera le lecteur à sa suite dans une Rome où la vie ne vallait pas grand chose et où il ne faisait pas bon être de ces chrétiens qui commençait à se multiplier dans l’Urbs. Une série magnifique, tant par le scénario que par le dessin.

Hélas, le 28 janvier 2014, après le tome 9, mourut Delaby.

Paraît aujourd’hui un artbook qui permet au fan de retrouver le travail de Delaby. On y trouve quelques extraits d’interviews qui décrivent les méthodes de travail de Delaby sur la série et les détails de sa collaboration avec Dufaux. S'y trouvent aussi quelques-uns des crédos de l’artiste défunt : sa quête perpétuelle (et qu’il sait vaine) de la perfection graphique, son amour de l’aquarelle, son attachement à la beauté classique, l’importance énorme qu'il accorde aux corps et aux visages (aussi importants en terme de temps de travail que les décors brillamment reconstitués de la Rome impériale), le goût pour les gueules de brutes couturées (parfois involontairement inspiré de visages célèbres) ou pour les femmes « felliniennes » aux courbes généreuses.

Mais l’essentiel est ailleurs. L’essentiel, dans l'ouvrage, ce sont les productions du dessinateur. Une collection de dessins, esquisses, études, mises en place de planches, tant crayonnés qu’à la gouache ou à l’aquarelle, offertes aux yeux de lecteur et lui permettant de retrouver une dernière fois le travail de Delaby sur "Murena". Ces quelques inédits donnent l'illusion que l'artiste travaille encore sur la série, et c'est un plaisir mensonger mais bien agréable.

La fin de l'ouvrage nous apprend que la série continuera, avec Théo (Le trône d’Argile) aux pinceaux, dont nous voyons une première planche rassurante car elle ne semble pas trahir le style imprimé par Delaby à la série.

Murena Artbook, Dufaux, Delaby

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