Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

Murena Artbook, in memoriam Delaby

"Murena" est une superbe série de BD trop peu chroniquée sur ce blog. Créée par Dufaux au scénario et Delaby au dessin, elle ressuscite la Rome des Césars (Claude d’abord, puis Néron), fascinante, cruelle, barbare, à la culture résolument préchrétienne. On y voit le patricien Lucius Murena, ami de Néron, se bruler aux flammes du pouvoir. Il connaitra la fureur impériale et cherchera la vengeance, verra la folie grandissante de Néron, et entrainera le lecteur à sa suite dans une Rome où la vie ne vallait pas grand chose et où il ne faisait pas bon être de ces chrétiens qui commençait à se multiplier dans l’Urbs. Une série magnifique, tant par le scénario que par le dessin.

Hélas, le 28 janvier 2014, après le tome 9, mourut Delaby.

Paraît aujourd’hui un artbook qui permet au fan de retrouver le travail de Delaby. On y trouve quelques extraits d’interviews qui décrivent les méthodes de travail de Delaby sur la série et les détails de sa collaboration avec Dufaux. S'y trouvent aussi quelques-uns des crédos de l’artiste défunt : sa quête perpétuelle (et qu’il sait vaine) de la perfection graphique, son amour de l’aquarelle, son attachement à la beauté classique, l’importance énorme qu'il accorde aux corps et aux visages (aussi importants en terme de temps de travail que les décors brillamment reconstitués de la Rome impériale), le goût pour les gueules de brutes couturées (parfois involontairement inspiré de visages célèbres) ou pour les femmes « felliniennes » aux courbes généreuses.

Mais l’essentiel est ailleurs. L’essentiel, dans l'ouvrage, ce sont les productions du dessinateur. Une collection de dessins, esquisses, études, mises en place de planches, tant crayonnés qu’à la gouache ou à l’aquarelle, offertes aux yeux de lecteur et lui permettant de retrouver une dernière fois le travail de Delaby sur "Murena". Ces quelques inédits donnent l'illusion que l'artiste travaille encore sur la série, et c'est un plaisir mensonger mais bien agréable.

La fin de l'ouvrage nous apprend que la série continuera, avec Théo (Le trône d’Argile) aux pinceaux, dont nous voyons une première planche rassurante car elle ne semble pas trahir le style imprimé par Delaby à la série.

Murena Artbook, Dufaux, Delaby

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