Moreno - Rebelka - Et lorsque ma vengeance s'abattra sur vous

Ici et maintenant. Le père Stygian (sic!) est un exorciste officiel du Vatican, un praticien néanmoins dont les méthodes ne sont pas celles de l’officiel De Exorcismis et Supplicationibus Quibusdam . Non, le père Stygian, lui, utilise un rituel datant d’avant même la fondation de l’Église Catholique. Mais, si motivé et déterminé soit-il, le religieux est vieux, fatigué, son temps est compté. Il est donc plus qu’urgent pour lui de former un successeur. C’est du moins ce à quoi l’incite fortement la hiérarchie vaticane, car lui-même n’est guère enclin à exposer un nouveau novice aux horreurs des entités démoniaques. Nolens volens , le vieil exorciste voit donc débarquer dans son presbytère de Puerto Cristina, la ville la plus méridionale du monde, un prêtre bien plus jeune que lui, le père Barrera. En disgrâce depuis un accident mortel ayant impliqué un nourrisson, rongé par la culpabilité et en quête d’une peut-être impossible rédemption, le père Barrera devient l’apprenti de Stygian. I...

Murena Artbook, in memoriam Delaby

"Murena" est une superbe série de BD trop peu chroniquée sur ce blog. Créée par Dufaux au scénario et Delaby au dessin, elle ressuscite la Rome des Césars (Claude d’abord, puis Néron), fascinante, cruelle, barbare, à la culture résolument préchrétienne. On y voit le patricien Lucius Murena, ami de Néron, se bruler aux flammes du pouvoir. Il connaitra la fureur impériale et cherchera la vengeance, verra la folie grandissante de Néron, et entrainera le lecteur à sa suite dans une Rome où la vie ne vallait pas grand chose et où il ne faisait pas bon être de ces chrétiens qui commençait à se multiplier dans l’Urbs. Une série magnifique, tant par le scénario que par le dessin.

Hélas, le 28 janvier 2014, après le tome 9, mourut Delaby.

Paraît aujourd’hui un artbook qui permet au fan de retrouver le travail de Delaby. On y trouve quelques extraits d’interviews qui décrivent les méthodes de travail de Delaby sur la série et les détails de sa collaboration avec Dufaux. S'y trouvent aussi quelques-uns des crédos de l’artiste défunt : sa quête perpétuelle (et qu’il sait vaine) de la perfection graphique, son amour de l’aquarelle, son attachement à la beauté classique, l’importance énorme qu'il accorde aux corps et aux visages (aussi importants en terme de temps de travail que les décors brillamment reconstitués de la Rome impériale), le goût pour les gueules de brutes couturées (parfois involontairement inspiré de visages célèbres) ou pour les femmes « felliniennes » aux courbes généreuses.

Mais l’essentiel est ailleurs. L’essentiel, dans l'ouvrage, ce sont les productions du dessinateur. Une collection de dessins, esquisses, études, mises en place de planches, tant crayonnés qu’à la gouache ou à l’aquarelle, offertes aux yeux de lecteur et lui permettant de retrouver une dernière fois le travail de Delaby sur "Murena". Ces quelques inédits donnent l'illusion que l'artiste travaille encore sur la série, et c'est un plaisir mensonger mais bien agréable.

La fin de l'ouvrage nous apprend que la série continuera, avec Théo (Le trône d’Argile) aux pinceaux, dont nous voyons une première planche rassurante car elle ne semble pas trahir le style imprimé par Delaby à la série.

Murena Artbook, Dufaux, Delaby

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