Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Birthright, Williamson, pop corn comic

Sortie récente chez Delcourt de "Le Retour", tome1 de la série Birthright de Williamson, Bressan, Lucas.

USA, de nos jours. Le jeune Mikey joue au base-ball à la campagne avec son père, Aaron. Un coup de fil à sa femme plus tard, Aaron réalise que Mikey n'est pas ressorti du bois proche où il lui avait lancé la balle. Appels, panique, recherches, rien n'y fait. Mikey a disparu corps et biens. Accusé un temps du meurtre de son fils tant le scénario de la disparition est invraisemblable, Aaron, brisé, perd sa femme - qui le croit coupable - et sombre dans un alcoolisme destructeur. Seul son second fils, Brennan, croit encore en lui. Pour ce que ça sert...

Et voici qu'un an après la disparition de Mikey, la police arrête un colosse surarmé, habillé comme un barbare de fantasy, qui prétend être Mikey, revenu d'une autre dimension où il aurait été un "Elu", le héros tyrannicide de tout un peuple. Vieilli du fait d'un écoulement différent du temps, endurci par d'innombrables combats dans un monde magique, Mikey aurait été renvoyé sur la Terre de ses origines pour arrêter les derniers criminels de guerre en fuite. Mis en présence de sa famille, il parvient, en partie grâce à eux, à échapper à la police pour remplir la mission salvatrice qu'il dit être la sienne ; c'est maintenant la Terre qui doit être sauvée. Mais dit-il bien la vérité sur son aventure ? Les enjeux sont-ils vraiment ceux qu'ils présentent ?

Si certains se demandent si j'ai spoilé ci-dessus par inadvertance, qu'ils se rassurent. Les mensonges contenus dans le discours de Mikey sont mis en évidence dès les premières pages, ce qui est très regrettable imho du point de vue scénaristique. On y perd toute surprise.

Reste un déroulement qui est objectivement plaisant à lire, entre action violente (ici et maintenant) et récit de high fantasy (le passé que raconte Mikey), même si, en dépit des flashbacks, le tout est très linéaire et même si, de plus, rien n'est très futé ni très profond dans tout ça.

Sur le plan graphique, les colorisations sont saturées et plutôt jolies. Les graphismes sont trop simples, presque enfantins par moments. En revanche, dès qu'il y a de l'action, le dessin explose et suggère un dynamisme très efficace.

"Le Retour" est donc un album agréable à lire mais nullement indispensable. Il rappelle un peu trop les comics d'il y a quelques années, au scénario et à la narration inoffensifs.

Birthright t1, Le Retour, Williamson, Bressan, Lucas

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