Aurora Rising - Alastair Reynolds

Alastair Reynolds est un auteur britannique de SF de grand renom. Il a créé le célèbre cycle des Inhibiteurs dont la revue Bifrost disait en 2023 qu’il constituait la partie « la plus renommée, at assurément la plus volumineuse » de son œuvre. Aurora Rising (titre original : The Prefect) est un roman qui se passe au XXVe siècle, environ cent ans avant l’intrigue principale du cycle. Il peut se lire (comme ses deux suites) indépendamment du cycle principal, et montre aux lecteurs qui le connaîtraient un univers qui n’a pas encore sombré dans la déréliction liée au désastre de la Pourriture fondante. Yellowstone est le monde humain le plus avancé. Un cauchemar atmosphérique constellé de villes sous dôme. Autour de Yellowstone gravitent environ dix mille habitats orbitaux qui forment le Glitter Band . 100 millions de personnes vivent dans ces habitats qui sont tous strictement souverains. Seule condition pour faire partie de l’ensemble : accepter et respecter un système qui place le ...

Tainaron - Leena Krohn, la ville des Beetles

"Tainaron", une ville fictive inventée par l’auteur finlandaise Leena Krohn. Une ville weird qui rappelle celle des Saint et des Fous de Vandermeer. Une ville habitée par une race insectoïde, décrite au fil de trente lettres par une narratrice inconnue et humaine en visite à Tainaron, pour une raison que le lecteur ne connaitra pas, et qui n’a pour seul guide (fixer devrait-on dire) que le taciturne Longhorn, insecte de son état.

D’une missive à la suivante, le lecteur pénètre ce topos définitivement étranger. Il y croise les lucioles - fascinantes et éphémères, la reine – écrasée par le poids de sa maternité servile, le prince – désespéré depuis la perte de son amour, des insectes en cours de métamorphose – gelés dans d’interminables phases pupiques – que le processus transforme au point d'en faire de toutes nouvelles personnes. Il y apprend aussi l’existence d’un culte sacrificiel, l’impossibilité de cartographier une ville en transformation constante, et y côtoie des personnages qui inquiètent par l’étrangeté de leur incompréhensible comportement. De processions étranges en souvenirs et regrets d’une vie d’avant, il y partage les rythmes d’une ville que l’hiver menace, la certitude d’une hibernation à venir, l’effroi optimiste de nouvelles métamorphoses qui changeront les habitants autant qu’elles transformeront la ville.

Etranger, poétique, surprenant, "Tainaron" emmène le lecteur dans un voyage en terre inconnue. Le (court) livre est d’une lecture douce et apaisante même si on peut regretter une lenteur/langueur par moments pesante. Une fois refermé, on aimerait des suites, plus dynamiques, on aimerait que des individualités fortes s’invitent dans la communauté des insectes, on aimerait qu’après avoir raconté un lieu Krohn y installe une histoire.

On notera que Krohn, qui a failli obtenir le World Fantasy Award pour "Tainaron", vient de voir beaucoup de ses œuvres traduites en anglais dans l’omnibus Collected Fiction, préfacé par Jeff Vandermeer ça n’étonnera personne.

Tainaron, Leena Krohn


L'avis de Martlet

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