Exquisite Corpses t3 - Tynion - Walsh - Bellaire

Suite et fin de la série Exquisite Corpses (avant une saison 2 déjà annoncée) . La fin du jeu approche. Les morts se multiplient, tant parmi les civils piégés d'Oak Valley que parmi les tueurs en compétition. Ils ne sont plus que cinq au début du TPB et, tu le sais, lecteur, il ne peut en rester qu'un. Tu te prépares donc à une conclusion attendu dans laquelle se vérifiera le caractère inhumain du jeu et de ses organisateurs (l'élimination du garde-chasse est significative) . Mais Tynion, aussi brillant que d'habitude, nous réserve deux nouveaux rebondissements (si ce n'est plus, tout dépend comment on compte) , après celui qui concluait déjà le volume précédent et surprenait par l'identité du concurrent éliminé. C'est donc à un roller-coaster épique, tant émotionnel que polémologique, que l'auteur et ses dessinateurs (!) convient ses lecteurs pour un final en feu d'artifice. Viens, lecteur ! Ne rate pas ce grand spectacle. Exquisite Corpses TPB3, Ty...

Tainaron - Leena Krohn, la ville des Beetles

"Tainaron", une ville fictive inventée par l’auteur finlandaise Leena Krohn. Une ville weird qui rappelle celle des Saint et des Fous de Vandermeer. Une ville habitée par une race insectoïde, décrite au fil de trente lettres par une narratrice inconnue et humaine en visite à Tainaron, pour une raison que le lecteur ne connaitra pas, et qui n’a pour seul guide (fixer devrait-on dire) que le taciturne Longhorn, insecte de son état.

D’une missive à la suivante, le lecteur pénètre ce topos définitivement étranger. Il y croise les lucioles - fascinantes et éphémères, la reine – écrasée par le poids de sa maternité servile, le prince – désespéré depuis la perte de son amour, des insectes en cours de métamorphose – gelés dans d’interminables phases pupiques – que le processus transforme au point d'en faire de toutes nouvelles personnes. Il y apprend aussi l’existence d’un culte sacrificiel, l’impossibilité de cartographier une ville en transformation constante, et y côtoie des personnages qui inquiètent par l’étrangeté de leur incompréhensible comportement. De processions étranges en souvenirs et regrets d’une vie d’avant, il y partage les rythmes d’une ville que l’hiver menace, la certitude d’une hibernation à venir, l’effroi optimiste de nouvelles métamorphoses qui changeront les habitants autant qu’elles transformeront la ville.

Etranger, poétique, surprenant, "Tainaron" emmène le lecteur dans un voyage en terre inconnue. Le (court) livre est d’une lecture douce et apaisante même si on peut regretter une lenteur/langueur par moments pesante. Une fois refermé, on aimerait des suites, plus dynamiques, on aimerait que des individualités fortes s’invitent dans la communauté des insectes, on aimerait qu’après avoir raconté un lieu Krohn y installe une histoire.

On notera que Krohn, qui a failli obtenir le World Fantasy Award pour "Tainaron", vient de voir beaucoup de ses œuvres traduites en anglais dans l’omnibus Collected Fiction, préfacé par Jeff Vandermeer ça n’étonnera personne.

Tainaron, Leena Krohn


L'avis de Martlet

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