Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Le petit jardin des fées : L'été meurtrier

Si vous voulez faire un dernière lecture rapide avant la rentrée, "Le petit jardin des fées" d'Anne Duguel - parfois dite Gudule - vous guérira au moins de l'envie d'abuser des vacances au soleil.
Ce court roman, vite lu, ni indispensable ni déplaisant, montre, s'il en était encore besoin, que la bêtise, la crasse, l’étroitesse d'esprit, et la malveillance ne sont pas moins pénibles au soleil.

Trois petites filles avaient l’habitude de se retrouver pour les vacances dans leur « petit jardin des fées », un carré de verdure appartenant à la grand-mère de deux d'entre elles au cœur du petit village de Pastourou, dans le Tarn. Survient un drame atroce. Neuf protagonistes des faits témoignent.

Prêtant sa plume aux neuf personnes les plus impliquées, Anne Duguel fait dire à chacun sa vérité. Chaque témoin décrit la partie du réel qu'il a vue, ce qu'il en a compris une fois passé le filtre de ses informations, de ses croyances, de son idéologie ou de ses préjugés. Elle compose une histoire dont les neufs témoignages, entrelacés tout au long du récit, ne sont chacun qu'une facette. Tout est dans chaque confession et pourtant aucune n'est le tout.

Au fil d'une histoire dont on comprend très vite, hélas, comment elle sera conclue, Duguel dresse un portrait des petitesses humaines, telles que les exacerbe la vie en vase clos dans un petit village entre dépérissement et régénération. Rivalités, médisances, malveillances, coalitions, et stigmatisation, sur fond d'homophobie, de xénophobie, d'allochtonophobie au sens large, de bêtise avinée et de vagabondages sexuels. Tout le monde traditionnel est là, concentré sous les yeux du lecteur comme une essence de parfum. On oublie trop souvent à quel point la « chaleureuse » solidarité des sociétés traditionnelles se paie d'un contrôle social intense et de violents rappels à l'ordre. Pierre Jourde en sait quelque chose.

Le drame du présent trouve son origine dans les drames et les crimes impunis du passé. Qu'on se rappelle de L'été meurtrier. La politique de la poussière sur le tapis, souvent mise en œuvre dans les petites communautés, ne fait que préparer les malheurs à venir. Le village survivra encore. Le fatum s'acharne encore et encore sur la même victime qui prend sur elle tout le mal de la communauté,  le canalisant comme un paratonnerre . Il n'y a plus de fées dans le jardin des fées.

Le petit jardin des fées, Anne Duguel

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