Exquisite corpses - Tynion - Walsh - Bellaire

Depuis 250 ans, les 13 familles les plus riches d'Amérique du Nord se partagent le contrôle du pays à l'insu de tous. Tous les 5 ans, le soir d'Halloween, elles se réunissent, désignent une petite bourgade américaine, recrutent 12 tueurs à tendance psychopathe, et organisent un grand tournoi au terme duquel sera désignée la nouvelle famille dominante. Lâchés dans une petite ville discrète et sans histoire, les criminels n’ont qu’un seul objectif : éliminer leurs adversaires. Pour les habitants d’Oak Valley, Maine (l’arène malchanceuse de cette année), le but est simple : survivre à cette terrible nuit. Bienvenue dans l'arène d'Oak Valley où débute la nouvelle édition de ce jeu de massacre hors norme baptisé EXQUISITE CORPSES ! Exquisite Corpses est le nouveau projet de James ‘serial writer’ Tynion IV . C’est une série de comics qui seront publiés sous au moins deux formats en France : 7 numéros souples (espacés d’un mois, depuis janvier) plus un coffret pour les r...

1984 pour les (très) nuls

"Oink" est une BD dystopique (vraiment ?) one-shot de John Mueller, auteur et dessinateur de BD donc mais connu aussi comme illustrateur et directeur artistique sur des jeux vidéo tels que Quake 3, Unreal Tournament ou Dark Millenium entre autres.

"Oink" est un BD qu'il a écrite et publiées durant les années 90. Elle jouit aujourd’hui d'une version remasterisée sur laquelle Mueller a travaillé cinq années durant.

Créée par un illustrateur, la BD est objectivement très belle, faites de planches composées de cases vastes et aérées, souvent muettes, au design et aux couleurs travaillés, dans lesquelles s'expriment la violence et la noirceur d'un monde en déréliction. Le mise en image est dynamique et vraiment réussie. On verrait avec plaisir une exposition de nombre de ces planches (appel du pied aux Utopiales) ; magnifiques, elles méritent le grand format et un public nombreux.

L'histoire en revanche - un hybride homme-cochon se lance dans une équipée amok pour lutter contre un système qui fait des hybrides des esclaves et des cochons de la nourriture - est assez navrante. Mueller dit lui-même qu'il l'a écrite jeune, et qu'elle est une allégorie sur le caractère totalitaire du système éducatif américain et les difficultés qu'il a eu à s'extraire du mainstream pour devenir artiste. Dont acte. Pourquoi pas, même si ça fait un peu thématique de clip glam metal des années 80 ? Sujet intéressant si bien traité, et allusion à 1984 que le slogan « L'ignorance c'est le bonheur, le bonheur c'est le sacrifice, le sacrifice est exigé » rend explicite.
Seul problème mais de taille : le scénario complet pourrait tenir en trois lignes. Les personnages aussi peu nombreux que sous-développés évoluent dans un monde vide, le world building est proche de zéro (une vague société eugéniste religieuse sans passé ni fin), le nombre d'actions et de lieux où se déploie (j'ai du mal à ne pas rire) le récit est extrêmement faible. Et je tairai par indulgence ce qui concerne les « forces de l'ordre », quatre espèces de zombies Frankenstein à la genèse inexpliquée.

La tentation puérile de ressembler à 1984 met cruellement en lumière la pauvreté de l'ensemble, que seule la jeunesse de l'auteur peut excuser si on parvient à oublier qu'adulte il écrit aimer : « créer des trucs cools ». Des trucs cools ? C'est un peu court Monsieur Mueller. Encore un effort pour devenir profond.

Oink, Le boucher du paradis, John Mueller

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