Aurora Rising - Alastair Reynolds

Alastair Reynolds est un auteur britannique de SF de grand renom. Il a créé le célèbre cycle des Inhibiteurs dont la revue Bifrost disait en 2023 qu’il constituait la partie « la plus renommée, at assurément la plus volumineuse » de son œuvre. Aurora Rising (titre original : The Prefect) est un roman qui se passe au XXVe siècle, environ cent ans avant l’intrigue principale du cycle. Il peut se lire (comme ses deux suites) indépendamment du cycle principal, et montre aux lecteurs qui le connaîtraient un univers qui n’a pas encore sombré dans la déréliction liée au désastre de la Pourriture fondante. Yellowstone est le monde humain le plus avancé. Un cauchemar atmosphérique constellé de villes sous dôme. Autour de Yellowstone gravitent environ dix mille habitats orbitaux qui forment le Glitter Band . 100 millions de personnes vivent dans ces habitats qui sont tous strictement souverains. Seule condition pour faire partie de l’ensemble : accepter et respecter un système qui place le ...

1984 pour les (très) nuls

"Oink" est une BD dystopique (vraiment ?) one-shot de John Mueller, auteur et dessinateur de BD donc mais connu aussi comme illustrateur et directeur artistique sur des jeux vidéo tels que Quake 3, Unreal Tournament ou Dark Millenium entre autres.

"Oink" est un BD qu'il a écrite et publiées durant les années 90. Elle jouit aujourd’hui d'une version remasterisée sur laquelle Mueller a travaillé cinq années durant.

Créée par un illustrateur, la BD est objectivement très belle, faites de planches composées de cases vastes et aérées, souvent muettes, au design et aux couleurs travaillés, dans lesquelles s'expriment la violence et la noirceur d'un monde en déréliction. Le mise en image est dynamique et vraiment réussie. On verrait avec plaisir une exposition de nombre de ces planches (appel du pied aux Utopiales) ; magnifiques, elles méritent le grand format et un public nombreux.

L'histoire en revanche - un hybride homme-cochon se lance dans une équipée amok pour lutter contre un système qui fait des hybrides des esclaves et des cochons de la nourriture - est assez navrante. Mueller dit lui-même qu'il l'a écrite jeune, et qu'elle est une allégorie sur le caractère totalitaire du système éducatif américain et les difficultés qu'il a eu à s'extraire du mainstream pour devenir artiste. Dont acte. Pourquoi pas, même si ça fait un peu thématique de clip glam metal des années 80 ? Sujet intéressant si bien traité, et allusion à 1984 que le slogan « L'ignorance c'est le bonheur, le bonheur c'est le sacrifice, le sacrifice est exigé » rend explicite.
Seul problème mais de taille : le scénario complet pourrait tenir en trois lignes. Les personnages aussi peu nombreux que sous-développés évoluent dans un monde vide, le world building est proche de zéro (une vague société eugéniste religieuse sans passé ni fin), le nombre d'actions et de lieux où se déploie (j'ai du mal à ne pas rire) le récit est extrêmement faible. Et je tairai par indulgence ce qui concerne les « forces de l'ordre », quatre espèces de zombies Frankenstein à la genèse inexpliquée.

La tentation puérile de ressembler à 1984 met cruellement en lumière la pauvreté de l'ensemble, que seule la jeunesse de l'auteur peut excuser si on parvient à oublier qu'adulte il écrit aimer : « créer des trucs cools ». Des trucs cools ? C'est un peu court Monsieur Mueller. Encore un effort pour devenir profond.

Oink, Le boucher du paradis, John Mueller

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