An Eye for Property - Tanya Fordwalker

« Le jeu n’en vaut pas la chandelle… mais empêcher qu’elle s’éteigne » R. E. Howard Dans un futur proche, la société Splice of Life offre à tout client proche de la mort et décidé à payer une forte somme (le Passenger) du temps de vie supplémentaire dans le corps d’un jeune bien vivant (le Driver) , qui lui servira de corps d’emprunt un certain temps par semaine ou par jour ; une version hi-tech des cavales de Damballa. Une puce insérée dans le cerveau du Driver contient la personnalité scannée du Passenger. A des jours et heures contractuellement décidés, la personnalité du Passenger est activée puis prend le contrôle du corps de son Driver dont la conscience s’éteint dans l’intervalle. A la fin de la période contractuellement convenue, la conscience du Passenger se remet en sommeil et c’est le Driver qui revient aux commandes. Mais que se passerait-il si quelque chose buguait dans la puce ? An Eye For Property est une nouvelle de Tanya Fordwalker lisible sur le site React...

Retour de chronique : La révolte d'Albi - Claude Mamier

Retour de chronique publiée dans Bifrost 74
2056. Les grandes entreprises françaises du BTP gagnent le juteux marché de la reconstruction d’Alexandrie, partiellement détruite lors de l’effondrement du mur d’Aboukir, digue gigantesque élevée au XIXème siècle et qui n’aura pas résisté à l’élévation du niveau des mers. Cerise sur le gâteau, on reconstruira même la phare d’Alexandrie comme symbole de la renaissance de la ville meurtrie.
En contrepartie, la France accueille quelques centaines de milliers de réfugiés égyptiens sur son sol. Accueil très temporaire car il est acquis que, sitôt la reconstruction terminée, d’ici trois à cinq ans, les réfugiés devront rentrer chez eux. Le voudront-ils ? Les y forcera-t-on ?

Quatre personnages tentent de faire entrer le lecteur dans cette histoire. En vain, car d’histoire, au sens de progression narrative un tant soit peu intéressante, il n’y en a pas.

L’auteur décrit les destins de Renaud, anarchiste forcené en paroles mais velléitaire en actes, qui anime la radio libre d’Albi, Ahmed, conteur égyptien réfugié à Albi et révolté par les injustices faites à ses compatriotes, Robinson, fils de Renaud et ingénieur expatrié sur le chantier du Phare, et enfin Fathi, berbère parti chercher sa voie dans la grande ville puis retourné dans son village pour y poursuivre le rêve, brisé à Alexandrie, d’une Commune réalisée. Pourquoi pas ?

Mais ce qui pêche, c’est le récit. Ahmed part pour la France, il arrive à Albi où il rencontre Renaud qui va faire de lui un participant régulier de ses émissions. Puis il participe à un mouvement de protestation contre le retour forcé des réfugiés, trahis par un gouvernement français en mal de contrôle. Robinson reconstruit le phare sans grand enthousiasme puis rentre en France, où il assiste à la conclusion du mouvement. Fathi part pour Alexandrie, y intègre une Commune lovée dans les ruines de la ville, puis, après la destruction de celle-ci par la police égyptienne, rentre dans son oasis pour en organiser une autre, qui finit par connaitre le même destin. C’est peu car tout ceci est rapide, survolé, dépourvu d’affect émouvant ou de progression dramatique véritable. Trois ans entre le début et la fin du roman, sans rien entre les deux. Les évènements se succèdent sans qu’on y voit tension ni construction et servent surtout de prétexte à placer, comme pour s’en pourlécher, des marqueurs de l’anarchisme ou de la gauche progressiste. Le lecteur aura donc l’occasion de voir une France où la révolte de 2029 a imposé le revenu universel, des flics génériques bêtes et brutaux et des militaires génériques qui ne le sont pas moins, un gouvernement français, menteur comme de juste, utilisant à bien mauvais escient une découverte scientifique dans le bût de surveiller les individus, une population indifférente, des immeubles nommés Ravachol ou Bakounine au sein d’une Commune autogérée dans laquelle chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins, l’éducation des enfants décrite comme « fascisme, dictature du parti unique ». Et j’en passe.

Finalement le roman pose une seule question intéressante. Une communauté anarchiste peut-elle échapper à la loi d’airain de l’oligarchie ? La réponse de Mamier n’est pas optimiste.

A éviter. Mieux vaut lire un tract.

La révolte d'Albi, Claude Mamier

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