Palaces of the Crow - Ray Nayler

Lituanie. 1941. L’opération Barbarossa . Toi et moi, lecteur, savons ce qui arrive. Les protagonistes du roman, assurément pas. Ces protagonistes dont je parle sont quatre jeunes personnes, entre l’enfance et l’adolescence, que le vent de la guerre emportera, transformera, cassera jusqu’à ce que ne restent que les vestiges de ce qu’ils furent ou auraient pu être. Qui sont-ils quand le roman commence ? D’abord (pas d’inquiétude, je ne spoile rien qui ne soit lisible dès l’abord du roman) Neriya, une brillante jeune fille juive de quatorze ans, qui perd sa famille quand le shtetl dans lequel ils passaient l’été est attaqué. Seule, elle fuit. Czeslaw, un très jeune soldat de l’Armée Rouge, d’origine polonaise (il a menti sur son âge pour pouvoir s’engager et soulager ainsi sa mère seule) . Czeslaw a perdu son unité et ses camarades. Déserteur, seul, il fuit. Kezia, une jeune Rom dont la famille est tuée sans motif aucun. Seule, elle fuit. Et Le Garçon, qui ne parle pas ou plus, que Kezia...

Farewell Philippe Delaby


Fin 2014, plus de deux ans après la sortie du tome 3, un peu mou du genou, arrive enfin le quatrième et dernier volume du second cycle de la série Complaintes des landes perdues (21 ans après la sortie du premier tome du premier cycle et 10 après celle du premier tome du second cycle). Je sais, c’est dur ; il faut suivre.

Arrive donc la conclusion de ce cycle des Chevaliers du Pardon, et c'est bien agréable, même si elle me paraît expédiée un peu vite. Les secrets sont levés, on comprend qui se cache sous le casque du Guinéa Lord, on rencontre enfin la mystérieuse Dame à l’Hermine, on voit Seamus devenir un vrai Chevalier du Pardon et Sill Valt affronter son plus terrible adversaire. On a même des nouvelles du Cryptos, démon maléfique et tentateur dont le pouvoir de divination est une arme à double tranchant pour les Chevaliers, Sill Valt en particulier. Quand a Sanctus, elle résiste encore et toujours brillamment à l’adversité.

Même si le traitement de l’histoire est, je le répète, un peu rapide, le scénario est agréable à suivre.
Le monde y est pour beaucoup. Celui décrit par Dufaux est merveilleux au sens premier, presque étymologique, du terme. Magie ancienne, acier luisant, charmes subtils, fées et sorcières, sang et foudre, tout cela et bien d’autres choses se trouvent dans les pages magnifiques des albums de ce cycle.
Car il importe de dire que l’histoire de Dufaux est sublimée par le dessin de Delaby (servi par une colorisation impeccable de Sébastien Gérard), si beau qu’il coupe le souffle. Le duo de Muréna sévit ici aussi, une histoire de qualité étant soutenue par une mise en image comme on en voit peu.

Hélas, les amateurs de BD le savent, Philippe Delaby a raccroché les pinceaux le 28 janvier 2014. L’album a été terminé (21 dernières planches) par Jérémy dont le dessin se rapproche de celui de Delaby même s’il ne l’égale pas ; si peu de dessinateurs l’égalaient, sans parler de le surpasser. C’est une perte énorme pour le monde de la BD.

Un bien beau cycle dont Dargaud ressort les trois premiers tomes parallèlement à la sortie du quatrième ; les nouveaux venus peuvent donc se procurer le tout d’un seul coup. Il faudrait le faire ; dommage de se priver de ce bel objet de bande dessinée.

Complainte des landes perdues, t4, Sill Valt, Dufaux, Delaby, Jeremy

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