Preaching to the Choir - Adrian Tchaikovsky

Angleterre, aujourd’hui. Ross est l’un des nombreux descendants du clan Enderbough, une très vieille famille anglaise qui remonte au moins à la conquête normande, une famille si ancienne qu’elle a l’influence, le pouvoir et la fortune qui vont avec son ancienneté. Il vit depuis plusieurs années avec Elena Mendes, une étudiante en médecine comme lui, qu’il a rencontrée aux USA, à la prestigieuse université Johns Hopkins. Ross revient aujourd’hui dans la vieille maison familiale pour une réunion de famille à laquelle il a convié Elena, qu’il veut présenter à sa lignée. Le lieu est isolé, la propriété immense. Et Elena comprendra vite que quelque chose ne va pas dans cette famille. Preaching to the Choir est la dernière novella (en date) d’Adrian Tchaikovsky (aka Stakhanovsky) . Le stakhanoviste de l’écriture se lance dans le gothique avec ce deuxième volet de la série Terrible Worlds : Transformations , après Saturation Point . Si, gothique oblige, Elena est le personnage central s...

I wish you a merry Christmas !


Quatrième épisode de la série Grandville. L’épisode de Noël, comme il y en a dans toutes les séries TV, avec ici bien moins de dialogues sirupeux et bien plus d’intelligence scénaristique.
J’ai déjà écrit trois chroniques sur Grandville, je vous y renvoie. Grandville, c’est steampunk, c’est beau, c’est fin, c’est complexe, c’est intelligent. Il faut lire Grandville en VO, en VF, en V n’importe quoi d’autre ; cette série est brillante. De loin, une des meilleures séries en cours actuelles.

Noël approche. A la demande de sa logeuse, Mme Doyle, l’inspecteur Le Brock se lance à la recherche de la jeune nièce de celle-ci, disparue depuis peu. L’enlèvement possible s’avère être une fugue, un départ vers la France pour rejoindre une secte millénariste qui se révèlera bien plus sinistre qu’on n’aurait pu le supposer à priori. Le Brock, seul sur le terrain – enfin, en compagnie d’un de ces « doughfaces » que sont les humains discriminés - mais motivé comme jamais, sauvera la fille, la démocratie et presque le monde, arrêtera un criminel, ceci sans oublier de donner beaucoup d’amour à son amante Billie et d’être à l’heure pour le réveillon de Noël. Une énergie qui ne se dément jamais. Un happy end de bon goût ici.

Comme pour les épisodes précédents, ce "Grandville Noël" peut se lire comme n’importe quelle BD policière et d’action steampunk. C’est enlevé, rythmé, rapide ; on y prendra grand plaisir. Mais le plaisir augmente si on cherche (ou trouve) les références, si on pointe la richesse des détails narratifs, si on se plonge dans le background historique qui commence à se dessiner. On croisera donc, au fil des pages, de nombreuses références à Sherlock Holmes (et pas seulement Mme Doyle), aux sectes millénaristes, aux escrocs qui les dirigent et aux malheurs qu'ils causent de Waco à Jim Jones, à la montée du nazisme, aux malheurs causés par la violence domestique, aux discriminations raciales et aux cycles attentats/répression qu’elles engendrent. On y discutera, bien mieux que dans Da Vinci Code, des évangiles perdus, de leur retour en Occident après les Croisades ‘wink’, des exactions commises pour protéger la version officielle de la foi. On y discutera de l’origine des espèces et de questions cruciales telles que : « l’animal humanisé est-il créé à l’image de Dieu ? » ou « Dieu a-t-il donné la Terre à l'animal humanisé ? ». Je pourrais continuer mais j’arrête là.
Ah si, quand même. Il fallait un Christ pour Noël. Qui mieux qu'une licorne pour tenir ce rôle?

Au-delà de l'histoire et des références, l’essentiel, c’est le plaisir véritable qu’on ressent à voir comment Talbot à l’air de s’amuser en écrivant. Comment il empile humour, clins d’œil, action, et même un amour qui est tout sauf mièvre, dans une sorte de tornade qui n’a pas de limite. On sort de cet album lessivé et furieusement content. Jetez-vous dessus ! Il est encore temps. C'est votre album épisode de Noël.

Grandville Noël, Bryan Talbot

Commentaires

Xapur a dit…
Vil tentateur...
Gromovar a dit…
Il te reste deux jours pour vivre la joie de Noël :)
Vert a dit…
Pourquoi ils ont arrêté de les sortir en France, pourquoi ? :'(
(par contre c'est rigolo, je suis en train de (re)lire l'intégrale 5 de Sandman et je découvre que justement les dessins sont de Bryan Talbot)
Gromovar a dit…
Je dois la lire bientôt. Je verrai ça.