Roger Zelazny - Le temps d'un souffle, je m'attarde

Ressortie aujourd'hui dans la toujours pertinente collection Dyschroniques du "Destination fin du monde" de Robert Silverberg qui n'était plus disponible en français depuis longtemps. Rappelons que la maison d’édition indépendante Le passager clandestin est une toute petite maison radicale, engagée et militante contre une certaine forme insatisfaisante du monde. Au milieu des non fictions, on y trouve la collection Dyschroniques qui remet à l’honneur des textes anciens de grands noms de la SF.  Nouvelles ou novellas posant en leur temps les questions environnementales, politiques, sociales, ou économiques, ces textes livrent la perception du monde qu’avaient ces auteurs d’un temps aujourd’hui révolu. On notera que chaque ouvrage à fait l’objet d’un joli travail d’édition, chaque texte étant suivi d’une biographie/bibliographie de l’auteur, d’un bref historique des parutions VO/VF, d’éléments de contexte, ainsi que de

Le fou sous le masque


Bedlam TPB 1. Premier TPB de la série de Spencer, Rossmo, Irving.

Ouch !!!

Dans un univers glauque qui rappelle un peu celui de Batman avec justicier solitaire et violent (vu uniquement en fond, le justicier n'est pas le héros), Madder Red, un tueur de masse (de grande masse) connaît une rédemption à la dure par l'entremise d'un traitement psychiatrique secret aux méthodes violentes et aux motivations bien obscures.

Mort pour tous, encore instable mais convaincu d'être redevenu le citoyen utile à la société qu'il n'aurait jamais du cesser d'être, Red sort, incognito, de sa retraite pour aider la police à résoudre une série de meurtres atroces. Il lui faudra remonter à d'autres graves délits pour comprendre et arrêter le meurtrier, sans jamais livrer le secret de sa propre identité.

Imaginez un Hannibal Lecter sous lithium, soigné on ne sait par qui ni pourquoi, lâché dans la nature avec la mission auto assignée d'aider la police à traquer ses semblables. C'est le nouveau Red.

"Bedlam" est un vrai choc. Violent, gore, dérangeant, weird au possible, l'album suit plusieurs fils passé et présent. La construction est millimétrée, l'intrigue haletante. L'histoire et ses mystères agrippent le lecteur et ne le libèrent plus. Il faut tourner les pages (si on ne les a pas lâchées, horrifié), plonger au cœur de l'abjection pour enfin savoir. Un peu.

Flippants, les graphismes de l'album expriment la folie des situations.

A la fin du récit, même si le tueur de l'histoire à été neutralisé, il est clair que de nombreuses zones d'ombre restent à explorer, et que Red a encore beaucoup à dire et à faire. Je me rue donc sur le tome 2.

Bedlam TPB 1, Spencer, Rossmo, Irving

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