La Mort à lunettes - Tome - Goffaux - Redj

Il y a des albums qui montrent et d'autres qui laissent déduire. " La Mort à lunettes " est de la seconde catégorie, tout le suggère. Son titre d'abord, dont on dira qu'il est énigmatique. Son début ensuite, violent et tragique, qu'on relit les premières pages passées en observant mieux les visages pour être sûr que c'est bien un flashforward – et donc toute la suite un flashback. Ses ellipses enfin, nombreuses, qui disent une biographie seulement par les portes qu'elle ferme lors d'un road trip final de New-York à Las Vegas aux début des années 2000, entre tournée d'adieu et baroud d'honneur pour Malcolm/Malek, un jeune noir new-yorkais converti à l'Islam en prison puis enrôlé dans un programme de com' de l'US Army. Un voyage conclusif avant l'Afghanistan que Malek entreprend avec l'aide et la compagnie d'Alexander, un vieux juif exilé à NY rencontré par hasard à l'église dans laquelle Malek fait le ménage. Le v

Le fou sous le masque


Bedlam TPB 1. Premier TPB de la série de Spencer, Rossmo, Irving.

Ouch !!!

Dans un univers glauque qui rappelle un peu celui de Batman avec justicier solitaire et violent (vu uniquement en fond, le justicier n'est pas le héros), Madder Red, un tueur de masse (de grande masse) connaît une rédemption à la dure par l'entremise d'un traitement psychiatrique secret aux méthodes violentes et aux motivations bien obscures.

Mort pour tous, encore instable mais convaincu d'être redevenu le citoyen utile à la société qu'il n'aurait jamais du cesser d'être, Red sort, incognito, de sa retraite pour aider la police à résoudre une série de meurtres atroces. Il lui faudra remonter à d'autres graves délits pour comprendre et arrêter le meurtrier, sans jamais livrer le secret de sa propre identité.

Imaginez un Hannibal Lecter sous lithium, soigné on ne sait par qui ni pourquoi, lâché dans la nature avec la mission auto assignée d'aider la police à traquer ses semblables. C'est le nouveau Red.

"Bedlam" est un vrai choc. Violent, gore, dérangeant, weird au possible, l'album suit plusieurs fils passé et présent. La construction est millimétrée, l'intrigue haletante. L'histoire et ses mystères agrippent le lecteur et ne le libèrent plus. Il faut tourner les pages (si on ne les a pas lâchées, horrifié), plonger au cœur de l'abjection pour enfin savoir. Un peu.

Flippants, les graphismes de l'album expriment la folie des situations.

A la fin du récit, même si le tueur de l'histoire à été neutralisé, il est clair que de nombreuses zones d'ombre restent à explorer, et que Red a encore beaucoup à dire et à faire. Je me rue donc sur le tome 2.

Bedlam TPB 1, Spencer, Rossmo, Irving

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