Painstaking - Rich Larson

Nous parlions ce matin de guerrier immortel, de facteur de régénération, de combats surhumains, dans une ambiance mythologique. On peut lire en VO un texte bien plus court de Rich Larson. Il s'intitule Painstaking et est lisible là . Autre salle, autre ambiance, autre origine du pouvoir, mais même genre de personnage. Un homme, modifié pour se régénérer sans limite, doit fuir ceux qui veulent sa mort dans une Namibie du futur. Il parcourt pour ce faire une ville que Larson décrit avec force détails, comme il le fait toujours, construisant un monde dont on sent la cohérence même si on n'en voit qu'une infime partie. Il donne aussi l'occasion, chemin faisant, de s'interroger sur l'identité potentielle d'un double bourgeonné. Qu'est donc le double pour moi ? Un jumeau ? Un frère ? Un fils ? Un clone ? Une copie carbone ou un individu doté dès son apparition d'une personnalité et d'un agenda propres ? Même si le texte laisse un peu sur sa faim, Lar...

Tilman Razine est toujours vivant


"La ballade de Tilman Razine" est le huitième volume de la série La grande évasion. Kris s’y montre une fois de plus excellent.

En 1942, à Leningrad, des prisonniers se souviennent, un prisonnier raconte, la légende de Tilman Razine reprend vie.
Tilman Razine, bandit sibérien légendaire, profita du voyage inaugural, imaginaire, du Transsibérien en 1900 pour exiger, et réussir, la libération des bagnards qui construisirent la ligne - à l’aide de fonds en bonne partie français rappelons-le.

Plus de 9000 km de voie, une semaine de voyage de Moscou à Vladivostok, le Transsibérien est, de ces trains légendaires du XIXème siècle, sans doute le plus colossal, ayant nécessité presque 20 ans de travaux et le sacrifice de milliers d’hommes. Il symbolise visuellement la politique d’industrialisation menée par Serge Witte en Russie durant le règne de Nicolas II.

Si le voyage inaugural décrit dans l’album, dont Nicolas II est l’un des passagers, est inventé, il n’en est pas moins vrai que le chantier fut réalisé conjointement par des ouvriers anglais et des bagnards russes, et que le contournement du lac Baïkal n’était pas terminé à cette date ce qui imposait de traverser le lac sur un brise-glace réellement inauguré lui en 1900.
C’est à ce voyage inaugural qu’assiste le lecteur parallèlement aux manigances de Tilman Razine pour prendre le contrôle du train et libérer les prisonniers. Il y retrouve un peu de l’ambiance du Crime de l’Orient Express d’Agatha Christie, et un développement intéressant sur l’espoir comme source de liberté, sur le fait qu’un homme qui incarne une idée peut être incarné par n’importe quel homme. Une idée ne meurt jamais.

L’histoire est parfaitement racontée par Kris, calibrée exactement pour les 64 pages du one-shot, exercice toujours difficile car la progression narrative est délicate sur un format si court.
Le dessin est correct, les couleurs, déclinant des nuances de blanc, mettent dans l’ambiance d’une Sibérie couverte de neige.
C’est donc un album recommandable, au parfum léger de V for Vendetta.

La ballade de Tilman Razine, Kris, Martinez, Delf

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