Hyde Street t2 - Johns - Reis

Sortie du nouvel opus de la série Hyde Street , le comic EC-style de Johns et Reis publié chez Urban depuis quelques mois. Ce tome 2, intitulé Le Hachoir du passé , prolonge le récit entamé dans son prédécesseur , et permet de découvrir de nouveaux résidents de la démoniaque Hyde Street. Le lecteur a donc l’occasion d’approfondir sa connaissance du très dérangeant Pranky, mais aussi de rencontrer la voyante arnaqueuse Sœur Orité ou le chirurgien extrême Docteur Ego (avec ses deux assistantes) . Il fera surtout la connaissance du terrifiant Boucher de Hyde Street, que le Monstre mutique tenait enfermé depuis des décennies. Il en apprendra plus (plus encore s’il regarde attentivement les images) sur le mystérieux Compteur qui mène le jeu dans le purgatoire que constitue Hyde Street. Il croisera même une jeune Marilyn Monroe pleine de rêves et d’espérances. C’est toujours Mr X-Ray qui porte le récit, a fortiori ici quand sa fille – reniée et abandonnée dans une autre vie – tente d’entrer...

Recto/Verso


"Les moissons funestes" est le tome 1 de la série « Ennemis de sang ».

1897, Flandres, Belgique. Quand la femme d’un couple de paysan perd son bébé en couches, elle en devient dérangée au point d’enlever l’un des jumeaux de la famille bourgeoise voisine. Elle entraine alors son mari dans une fuite vers la Wallonie qui fera de lui un mineur de fond dans un pays en pleine révolution Industrielle. Dix ans plus tard, un heureux concours de circonstances scénaristique permettra à Omer, élevé comme leur fils qu’il a toujours cru être, de retrouver sa vraie famille, alors que ses parents « adoptifs » prendront le chemin de l’échafaud. Mais si Père et Mère sont ravis de retrouver l’enfant prodigue, il n’en est pas de même d’Oscar, le jumeau élevé dix ans durant comme un fils unique et qui en a tiré un caractère odieux.

Jumeaux séparés, gentil garçon pauvre, méchant garçon bourgeois, gitans hospitaliers, mineur aviné et violeur, coup de grisou, patron paternaliste, le scénario de cet album, qui accumule les bouleversements dramatiques et ne lésine ni sur les clichés, ni sur les rebondissements opportuns, fait résolument dans le mélo. Quitte à prendre cette voie, on aurait aimé que le scénario aille alors plus dans le réalisme, jusqu’au sordide si nécessaire; or il semble ne regarder la misère que par le trou de la serrure sans jamais oser ouvrir la porte. Dommage. Il y a encore du boulot pour faire oublier « Les maitres de l’orge ».
Ceci dit, l’album n’est pas déplaisant à lire. Il offre une évocation assez fidèle, même si elle paraît bien édulcorée, de la Révolution Industrielle.

Le dessin plonge le lecteur dans l’époque en traitant précisément les installations minières, les nombreuses zones restées rurales, et le contraste entre habitats bourgeois et populaires. De plus, les personnages ont des trognes, et ça, c'est méritoire et adapté. On regrettera seulement que les mains soient souvent fautives, et les visages pas toujours réguliers. La colorisation est de bonne qualité.

Au final, un album un peu tiède mais jamais désagréable.

Ennemis de sang t1, Les moissons funestes, Carin, Caryn

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