Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

Recto/Verso


"Les moissons funestes" est le tome 1 de la série « Ennemis de sang ».

1897, Flandres, Belgique. Quand la femme d’un couple de paysan perd son bébé en couches, elle en devient dérangée au point d’enlever l’un des jumeaux de la famille bourgeoise voisine. Elle entraine alors son mari dans une fuite vers la Wallonie qui fera de lui un mineur de fond dans un pays en pleine révolution Industrielle. Dix ans plus tard, un heureux concours de circonstances scénaristique permettra à Omer, élevé comme leur fils qu’il a toujours cru être, de retrouver sa vraie famille, alors que ses parents « adoptifs » prendront le chemin de l’échafaud. Mais si Père et Mère sont ravis de retrouver l’enfant prodigue, il n’en est pas de même d’Oscar, le jumeau élevé dix ans durant comme un fils unique et qui en a tiré un caractère odieux.

Jumeaux séparés, gentil garçon pauvre, méchant garçon bourgeois, gitans hospitaliers, mineur aviné et violeur, coup de grisou, patron paternaliste, le scénario de cet album, qui accumule les bouleversements dramatiques et ne lésine ni sur les clichés, ni sur les rebondissements opportuns, fait résolument dans le mélo. Quitte à prendre cette voie, on aurait aimé que le scénario aille alors plus dans le réalisme, jusqu’au sordide si nécessaire; or il semble ne regarder la misère que par le trou de la serrure sans jamais oser ouvrir la porte. Dommage. Il y a encore du boulot pour faire oublier « Les maitres de l’orge ».
Ceci dit, l’album n’est pas déplaisant à lire. Il offre une évocation assez fidèle, même si elle paraît bien édulcorée, de la Révolution Industrielle.

Le dessin plonge le lecteur dans l’époque en traitant précisément les installations minières, les nombreuses zones restées rurales, et le contraste entre habitats bourgeois et populaires. De plus, les personnages ont des trognes, et ça, c'est méritoire et adapté. On regrettera seulement que les mains soient souvent fautives, et les visages pas toujours réguliers. La colorisation est de bonne qualité.

Au final, un album un peu tiède mais jamais désagréable.

Ennemis de sang t1, Les moissons funestes, Carin, Caryn

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