Dust to Dust - Jones - Bram

Quelques mots sur le one-shot Dust to Dust du duo JG Jones et Phil Bram. USA, milieu des années 30, dans la ville de New Hope en Oklahoma. La crise économique, la sécheresse et de mauvais choix économiques ont plongé la petite ville dans une dépression plus forte encore que celle qui touche le reste du pays et du monde. Alors qu’une journaliste de Chicago vient documenter la misère, le shérif local, un homme tourmenté par une enquête gravement ratée, doit tenter d’arrêter un inquiétant tueur en série contre l’inclination du maire qui préférerait, comme celui de Jaws , qu’on soit discret sur l’affaire. Avec Dust to Dust , Jones et Bram offrent un album qui est, objectivement, très beau. Les décors, les espaces, les bâtiments et les objets sont superbement rendus en lavis de gris et d’ocre, plein de petits détails qui font vrai jusqu’aux pains de savon Kirkman. L’histoire, elle, coche toutes les cases du bingo de l’époque : misère post-dépression, chômage, sécheresse et tempête de pouss...

Recto/Verso


"Les moissons funestes" est le tome 1 de la série « Ennemis de sang ».

1897, Flandres, Belgique. Quand la femme d’un couple de paysan perd son bébé en couches, elle en devient dérangée au point d’enlever l’un des jumeaux de la famille bourgeoise voisine. Elle entraine alors son mari dans une fuite vers la Wallonie qui fera de lui un mineur de fond dans un pays en pleine révolution Industrielle. Dix ans plus tard, un heureux concours de circonstances scénaristique permettra à Omer, élevé comme leur fils qu’il a toujours cru être, de retrouver sa vraie famille, alors que ses parents « adoptifs » prendront le chemin de l’échafaud. Mais si Père et Mère sont ravis de retrouver l’enfant prodigue, il n’en est pas de même d’Oscar, le jumeau élevé dix ans durant comme un fils unique et qui en a tiré un caractère odieux.

Jumeaux séparés, gentil garçon pauvre, méchant garçon bourgeois, gitans hospitaliers, mineur aviné et violeur, coup de grisou, patron paternaliste, le scénario de cet album, qui accumule les bouleversements dramatiques et ne lésine ni sur les clichés, ni sur les rebondissements opportuns, fait résolument dans le mélo. Quitte à prendre cette voie, on aurait aimé que le scénario aille alors plus dans le réalisme, jusqu’au sordide si nécessaire; or il semble ne regarder la misère que par le trou de la serrure sans jamais oser ouvrir la porte. Dommage. Il y a encore du boulot pour faire oublier « Les maitres de l’orge ».
Ceci dit, l’album n’est pas déplaisant à lire. Il offre une évocation assez fidèle, même si elle paraît bien édulcorée, de la Révolution Industrielle.

Le dessin plonge le lecteur dans l’époque en traitant précisément les installations minières, les nombreuses zones restées rurales, et le contraste entre habitats bourgeois et populaires. De plus, les personnages ont des trognes, et ça, c'est méritoire et adapté. On regrettera seulement que les mains soient souvent fautives, et les visages pas toujours réguliers. La colorisation est de bonne qualité.

Au final, un album un peu tiède mais jamais désagréable.

Ennemis de sang t1, Les moissons funestes, Carin, Caryn

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