Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Recto/Verso


"Les moissons funestes" est le tome 1 de la série « Ennemis de sang ».

1897, Flandres, Belgique. Quand la femme d’un couple de paysan perd son bébé en couches, elle en devient dérangée au point d’enlever l’un des jumeaux de la famille bourgeoise voisine. Elle entraine alors son mari dans une fuite vers la Wallonie qui fera de lui un mineur de fond dans un pays en pleine révolution Industrielle. Dix ans plus tard, un heureux concours de circonstances scénaristique permettra à Omer, élevé comme leur fils qu’il a toujours cru être, de retrouver sa vraie famille, alors que ses parents « adoptifs » prendront le chemin de l’échafaud. Mais si Père et Mère sont ravis de retrouver l’enfant prodigue, il n’en est pas de même d’Oscar, le jumeau élevé dix ans durant comme un fils unique et qui en a tiré un caractère odieux.

Jumeaux séparés, gentil garçon pauvre, méchant garçon bourgeois, gitans hospitaliers, mineur aviné et violeur, coup de grisou, patron paternaliste, le scénario de cet album, qui accumule les bouleversements dramatiques et ne lésine ni sur les clichés, ni sur les rebondissements opportuns, fait résolument dans le mélo. Quitte à prendre cette voie, on aurait aimé que le scénario aille alors plus dans le réalisme, jusqu’au sordide si nécessaire; or il semble ne regarder la misère que par le trou de la serrure sans jamais oser ouvrir la porte. Dommage. Il y a encore du boulot pour faire oublier « Les maitres de l’orge ».
Ceci dit, l’album n’est pas déplaisant à lire. Il offre une évocation assez fidèle, même si elle paraît bien édulcorée, de la Révolution Industrielle.

Le dessin plonge le lecteur dans l’époque en traitant précisément les installations minières, les nombreuses zones restées rurales, et le contraste entre habitats bourgeois et populaires. De plus, les personnages ont des trognes, et ça, c'est méritoire et adapté. On regrettera seulement que les mains soient souvent fautives, et les visages pas toujours réguliers. La colorisation est de bonne qualité.

Au final, un album un peu tiède mais jamais désagréable.

Ennemis de sang t1, Les moissons funestes, Carin, Caryn

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