Gromovar, coach lecture de l'été

L’été approche (je sais, ce n’est pas évident à l’œil nu) . Que lire cet été quand tu auras un peu plus de temps que d’habitude, lecteur ? Tu as plus de temps, c’est le moment alors de lire ce  Guerre et Paix que tu gardes toujours pour quand tu seras moins pris. Dans le cas improbable où tu aurais déjà lu Guerre et Paix , je peux te donner quelques conseils de secours, quelques lectures d’urgence pour tenir le temps d’aller à la bibliothèque chercher l’ Ulysse de James Joyce. First things first , si tu n’as que peu de temps et veux lire une bien belle histoire SF, une de celles avec lesquelles, normalement, on entre en SF comme en religion pour ne plus jamais en sortir, je te conseille La Marche funèbre des marionnettes d’Adam-Troy Castro. Tu as peut-être un peu plus de temps. Penche-toi alors sur Délivrez-nous du bien , un révoltant thriller de Joan Samson qui enflammera ton sens de l’injustice. Assez court encore mais plus propice à assombrir un été qui s’annonce radieux entre tr

Recto/Verso


"Les moissons funestes" est le tome 1 de la série « Ennemis de sang ».

1897, Flandres, Belgique. Quand la femme d’un couple de paysan perd son bébé en couches, elle en devient dérangée au point d’enlever l’un des jumeaux de la famille bourgeoise voisine. Elle entraine alors son mari dans une fuite vers la Wallonie qui fera de lui un mineur de fond dans un pays en pleine révolution Industrielle. Dix ans plus tard, un heureux concours de circonstances scénaristique permettra à Omer, élevé comme leur fils qu’il a toujours cru être, de retrouver sa vraie famille, alors que ses parents « adoptifs » prendront le chemin de l’échafaud. Mais si Père et Mère sont ravis de retrouver l’enfant prodigue, il n’en est pas de même d’Oscar, le jumeau élevé dix ans durant comme un fils unique et qui en a tiré un caractère odieux.

Jumeaux séparés, gentil garçon pauvre, méchant garçon bourgeois, gitans hospitaliers, mineur aviné et violeur, coup de grisou, patron paternaliste, le scénario de cet album, qui accumule les bouleversements dramatiques et ne lésine ni sur les clichés, ni sur les rebondissements opportuns, fait résolument dans le mélo. Quitte à prendre cette voie, on aurait aimé que le scénario aille alors plus dans le réalisme, jusqu’au sordide si nécessaire; or il semble ne regarder la misère que par le trou de la serrure sans jamais oser ouvrir la porte. Dommage. Il y a encore du boulot pour faire oublier « Les maitres de l’orge ».
Ceci dit, l’album n’est pas déplaisant à lire. Il offre une évocation assez fidèle, même si elle paraît bien édulcorée, de la Révolution Industrielle.

Le dessin plonge le lecteur dans l’époque en traitant précisément les installations minières, les nombreuses zones restées rurales, et le contraste entre habitats bourgeois et populaires. De plus, les personnages ont des trognes, et ça, c'est méritoire et adapté. On regrettera seulement que les mains soient souvent fautives, et les visages pas toujours réguliers. La colorisation est de bonne qualité.

Au final, un album un peu tiède mais jamais désagréable.

Ennemis de sang t1, Les moissons funestes, Carin, Caryn

Commentaires