Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Souris, ventre fécond, et bête immonde


"Legend, part one", est le quatrième volet de la saga de Karic, la souris templière.

La série a définitivement pris le tournant de la guerre totale. Toutes les parties se ruent frénétiquement vers l’affrontement final, d’où sortira la restauration de l’équilibre ou l’entrée du monde des souris dans une ère de ténèbres sous la domination d’Icarus le fou, voire de ses peu fiables alliés, les druides rats.

Alors que le roi prépare l’assaut sacrilège qui doit asseoir sa victoire finale et renverser ce dieu borgne qu’il rêve de remplacer, les récits se déroulent et les vérités se font jour ; les détails obscurs du passé s’éclairent enfin dans ce volume.

Les protagonistes de la guerre des templiers racontent les évènements qui ont conduit à la tyrannie. Les manipulations des uns et des autres, qui ont alimenté la course à la guerre, apparaissent, et l’incurie orgueilleuse des prêtres du blé est, encore plus qu’auparavant, mise en évidence. L’accession d’Icarus au pouvoir est narrée, pour l’édification d’Alexis, la courtisane qui flatte tous ses plus bas instincts, et sous les yeux navrés de Lady Lorelie, la favorite déchue qui, seule, tente de ramener Icarus à un peu de raison ; l’évocation de la vie du capitaine Tosk illustre, sous un autre angle, les évènements qui ont placé Icarus sur un trône usurpé. Quand aux templiers de passé, ils ne sortent pas vraiment grandis du rappel de ce qui fut leur idéologie impérialiste et les excès de leur certitudes suffisantes.

Mais "Legend" n’est pas que le passé raconté, c’est aussi le temps présent qui se déroule. Et dans le présent, il y a les manipulations de Pilot - décidément incapable d’être autre chose qu’un traitre menteur, perfide, et manipulateur -, la fracture renouvelée entre factions templières – entretenue par un Ronan incapable de maitriser ses sentiments ou son orgueil blessé -, l’espoir de créer un ordre de prêtre enfin régénéré sous l’impulsion de Seamus, des combats, des massacres, une guerre sans prisonnier dont nul ne peut se tenir à l’écart.

Et encore, la folle violence du roi perdant l’esprit entre ses deux femmes qui sont le bon et le mauvais génie de sa conscience, le rougeoiement des braises de la résistance, la cruauté ordinaire de créatures élevées entre donjons et chambres de torture, l’éducation totalitaire des rats dans un Lebensborn murin bien mal nommé « la nurserie », les hauts faits d’arme d’un Lieto malheureusement manipulé pour devenir l’instrument de la vengeance et d’une dévorante ambition, l'embrasement de la légende de Karic qui soutient le courage des souris opprimées et à laquelle il croit lui-même enfin.

En terme d'avis, je vais faire bref pour ne pas trop me répéter. Les dessins, spectaculaires, servent parfaitement l’action. L’histoire, dans laquelle la compréhension du passé éclaire les malheurs du présent, est toujours nourrie de mythologies anciennes ou contemporaines auxquelles Glass apporte sa touche, son innovation, tel ces scaldes qui racontaient, chacun à sa manière personnelle, des légendes vieilles comme le monde. C’est donc toujours très bon. Il faut continuer.

The Mice Templar, vol 4.1, Legend Part One, Glass, Oeming, Santos, Guerra

Commentaires

Xapur a dit…
Vil tentateur
Gromovar a dit…
J'ai rien dit ;)