Ossuaire - Elodie Denis

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire, en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi, dans le Bifrost 124 , une poignante nouvelle d’Elodie Denis. Intitulé Ossuaire , le ...

Debout les babous


Pour "After the Fall, Before the Fall, During the Fall", Nancy Kress a gagné le Nebula de la meilleure novella 2012 o_O    Y avait quoi en face ?

Kress, dont l’intelligence et la profondeur d’esprit me séduisent d'habitude, livre ici un récit post-apocalyptique + ante-apocalyptique + apocalyptique + voyage dans le temps + thriller. Le tout en 185 pages. Ouch ! Avec cette novella, Kress illustre malheureusement une nouvelle fois l’adage « Qui trop embrasse mal étreint » ; elle y ajoute une actualisation de « Vite et bien ne vont jamais ensemble ».

Trois fils dans le texte : l’apocalypse en train de se préparer (pas de spoiler ici) alors qu’une consultante de la police, spécialiste en analyse statistique des données, enquête sur de mystérieux enlèvements d’enfants, l’apocalypse en court, le post-apo dans lequel survivent les auteurs des enlèvements dans un étrange complexe futuriste (construit par qui ? il faudra lire pour, peut-être, le savoir, en s’attendant à peu). Les trois fils sont entrelacés, chapitres très courts qui se succèdent sans interruption du rythme.

Ce qui résulte du tissage de ces trois fils est insatisfaisant, décevant, étonnant pour un lauréat Nébula (quoique…) comme pour Nancy Kress (là, oui, vraiment).
Difficile d’éprouver des émotions véritables pour les personnages. Tout est trop court, trop peu développé, intrigue comme acteurs de celle-ci. L’enquête perd rapidement tout intérêt pour l’enquêtrice même, et s’abime dans le bruit de fond. Le contexte post-apo est incompréhensible, même si les tourments hormonaux du jeune Pete (le garçon qui nous guide dans le futur) contribuent à jeter sur lui quelques lumières. La préparation de l’apocalypse, parce qu’elle est montrée par vignettes d’une page dont le sens peine à émerger, est le seul élément de tension du texte ; et quelle déception lorsqu’on comprend enfin comment le tout était lié. Le Deus ex Machina final est narrativement misérable en plus d’être convenu au possible. La morale de l’histoire  (car il y en a une, et oui ! ) est pontifiante et clairement un peu naïve. Quelque part, on dirait un livre pour enfant ; en tout cas, il pourrait sans trop de difficulté être adapté comme tel sans rien perdre de ce qu’il dit. Ou, en chaussant d’autres lunettes (3D ?), un blockbuster hollywoodien avec cataclysme mondial, sauvetage familial, and so on. On attend durant 185 pages qu’il se passe quelque chose d'innovant, d’étonnant, de brillant. En vain.

J’arrête là, venant d’illustrer l’adage « Qui aime bien châtie bien ».

After the Fall, Before the Fall, During the Fall, Nancy Kress

Commentaires

Lorhkan a dit…
En face ? Il y avait Ken Liu, entre autres... :D
Bon, ça ne vaut pas dire grand chose, hein, mais bon.
Gromovar a dit…
Je n'arrive pas à croire que le Liu n'était pas meilleur, même s'il foire de temps en temps lui aussi.
Lune a dit…
Super d'accord avec toi (je crois que du coup la fin du monde s'annonce).