The Lion's Tusk - Robert Jackson Bennett

Sache, lecteur, que sortira le 2 septembre Une larme de poison , un excellent roman policier-fantasy de Robert Jackson Bennett  (tome 1 d’un cycle)   dont je disais le plus grand bien après avoir lu la VO . Sache aussi, lecteur, que, si tu lis en anglais, tu peux attendre Une larme de poison en lisant The Lion’s Tusk , une nouvelle qui t’offrira un premier contact avec les deux enquêteurs du cycle. Dans ce court texte qui se passe au cours d’un interminable et ennuyeux voyage vers le Sud, Ana Dolabra (l’enquêtrice) lit le compte-rendu d’une affaire irrésolue vieille de deux siècles (un cold case donc) et, forte de son intelligence hors norme, la résout pour sa distraction et le plaisir de son assistant Dinios Kol – et du lecteur aussi, ça va sans dire. Sache qu’à la lecture de cette nouvelle tu ne découvriras ni les particularités des deux enquêteurs ni le très riche background du Saint Empire de Khanum dans lequel ils vivent et travaillent, mais que tu y croiseras une prem...

Vibrionnant


Nouvel opus de la série « L’homme de l’année » qui peut faire penser, par son personnage principal, à l’excellent 1917. Penser seulement. Malheureusement.

Abdullah est un enfant esclave offert à l’explorateur Antoine d’Abbadie par un chef de tribu. A son retour en France, et alors que l’esclavage a été aboli, Antoine et Abdullah se sont attachés l’un à l’autre au point qu’Antoine ramène avec lui Abdullah et en fait son fils adoptif. Il l’élève dans son château et l’éduque de la meilleure façon. Mais, saisi par la volonté traditionnelle ( ? ) de prouver sa valeur guerrière, Abdullah fugue pour aller trouver et tuer son lion ( ? ). Dépouillé par des malfaiteurs, sans le sou, il s’engage dans les troupes coloniales et ira de combats en combats, se couvrant de gloire militaire, sous le regard souvent dépréciatif d’officiers racistes. Puis, après avoir rencontré un émir algérien qui lui ouvre une autre vision du monde, il fraie par désœuvrement avec la branche algérienne de l’Internationale, avant de rentrer en France, de participer à la débâcle de 1870, de déserter et d’aller combattre jusqu’à la mort pour la Commune. Dans tout cela, guère d’engagement politique, surtout une soif de guerre que le Temps permet d’assouvir.

En racontant une histoire qui s’étend sur plusieurs décennies, Pécau survole tout sans rien développer. Abdu vole de guerre en guerre comme un pois sauteur sans que jamais le contexte ou les enjeux ne soient traités. Le personnage lui-même n’est guère attachant, sauf à considérer que, africain lettré perdu dans des guerres qui ne le concernent pas, il l’est par nature. Pour moi, ses caractéristiques de guerrier d’exception doublé d’un homme instruit sentent plus le personnage de jeu de rôle (guerrier doté d’un trait particulier) que la création littéraire.

Et de la Commune on ne voit pas grand chose, ni déroulement, ni symbole, si ce n’est quelque figures incontournables (Jules Vallès, Louise Michel) qui semblent être là car elles se devaient d’être dans l’album. Il est impossible à quelqu’un qui ne connaitrait pas l’histoire de la Commune de comprendre ce qui se passe, à quoi s’activent les uns et les autres, et même qui sont les uns et les autres.
Il serait temps qu’en France les idolâtres encore nombreux de la Commune comprennent que la majorité des gens qui vivent dans ce pays aujourd’hui ne connaissent pas l’histoire de la Commune, sans compter que souvent ils n’en ont, de surcroit, rien à foutre. Ce n'est pas ce genre d'ouvrage, si allusif qu'il ne semble destiné qu'à des happy few à qui leur pépé aura chanté, des trémolos dans la voix, Le temps des cerises qui leur donnera l'envie de s'intéresser à cette page d'Histoire.

Graphiquement, et en dépit d'une superbe couverture, le dessin est inégal, quelques belles images, des visages trop ressemblants, et une Afrique globalement ratée.

L’homme de l’année, t5, 1871, Pécau, Dellac, Thorn

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