The Lion's Tusk - Robert Jackson Bennett

Sache, lecteur, que sortira le 2 septembre Une larme de poison , un excellent roman policier-fantasy de Robert Jackson Bennett  (tome 1 d’un cycle)   dont je disais le plus grand bien après avoir lu la VO . Sache aussi, lecteur, que, si tu lis en anglais, tu peux attendre Une larme de poison en lisant The Lion’s Tusk , une nouvelle qui t’offrira un premier contact avec les deux enquêteurs du cycle. Dans ce court texte qui se passe au cours d’un interminable et ennuyeux voyage vers le Sud, Ana Dolabra (l’enquêtrice) lit le compte-rendu d’une affaire irrésolue vieille de deux siècles (un cold case donc) et, forte de son intelligence hors norme, la résout pour sa distraction et le plaisir de son assistant Dinios Kol – et du lecteur aussi, ça va sans dire. Sache qu’à la lecture de cette nouvelle tu ne découvriras ni les particularités des deux enquêteurs ni le très riche background du Saint Empire de Khanum dans lequel ils vivent et travaillent, mais que tu y croiseras une prem...

Trop con pour choquer


Crossed est une franchise créée par Garth Ennis, le Garth Ennis des comics les plus violents, les plus barrés, les plus sexuels et les plus déjantés, tels que The Boys ou The Pro.

Un virus y transforme les humains qu’il infecte en monstres sanguinaires obsédés par la violence et le sexe brutal qu’ils pratiquent de toutes les manières possibles, de préférence les plus transgressives et écœurantes. Survivalisme extrême post-apocalyptique sans zombie, le point de Crossed est de montrer à quelles bassesses des humains que ne protègeraient plus de leurs instincts primaires les liens de la civilisation s’adonneraient. On peut penser que le point est manqué. Ce n’est pas à un état de nature neutre, dans lequel toutes les options comportementales seraient envisageables, que reviennent les infectés de Crossed, mais bien à un état de violence sadique frénétique et permanente qui ne saurait s’apparenter à un comportement naturel ; dans la nature, la chasse a un sens, la violence gratuite et obsessionnelle n’en a pas, ne serait-ce que du point de vue de la dépense énergétique qu’elle implique.

Après une première série écrite par Ennis et qui posait l’univers et le style, d’autres auteurs prirent la suite dans le cadre de séries-filles à l’intérêt limité qui ne faisait que monter dans l’abjection sans apporter quoi que ce soit.

Retour d’Ennis (et du dessinateur Jacen Burrows) dans ce "Crossed Terres Maudites" composé de deux récits. Tout au moins pour le premier des deux.

Le premier donc, Terres Maudites, classiquement mais bien dessiné, peut se voir comme une réflexion sur l’insensibilité tangentant l’inhumanité qu’il faut développer pour survivre aux situations de chaos extrême. Ce n’est pas mal fait dans le développement, même si de nombreuses séries de BD de zombies (dont le très bon Zombies, de Peru) avait déjà labouré ce sillon, et ça se lit plutôt agréablement. Ennis veut nous dire quelque chose et il le fait de manière satisfaisante, même si c'est sans grande originalité.

Le second et le plus long, Homo Superior, écrit par Delano et mal dessiné par Rizzo, est confus, ce qui est, déjà, un problème. Mais surtout il est grotesque dans sa narration et son texte, au point de ne même pas parvenir à être malsain, ce qui est un comble pour cette série. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, mais le ridicule de l’histoire, des situations, des relations entre « personnages », des narratifs, et des répliques l’emporte sur tout autre sentiment.

A moins d’être un très grand fan d’Ennis, ce volume est donc clairement dispensable.

Crossed Terres Maudites, Ennis, Burrows, et al.

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