Le Pèse-Dieu, Ian Soliane

Un père décide de descendre aux Limbes pour sauver sa fille, Jade, qui s’est suicidée. Au fil d’une lente pérégrination il chemine vers elle, qui l’attend ou pas. Il espère la ramener. Y parviendra-t-il ? Le Pèse-Dieu est le dernier roman de Ian Soliane . L’auteur y aborde une fois encore les deux questions du deuil et de l’incompréhension fondamentale entre IA et humanité. Les deux étant liées, me semble-t-il, car comment l’IA, qui n’a aucune occasion de l’éprouver, pourrait-elle comprendre le deuil ? Dans ce court et dense roman, Soliane raconte la catabase de son héros (anonyme car, face au deuil, tous sont égaux ou, au moins, génériques) . L’homme n’est pas Orphée . Il ne cherche pas sa femme, si vite perdue, mais sa fille, suicidée trop jeune, à 22 ans. Il ne descend pas aux Enfers mais entre dans les Limbes, le serveur géant de simulation dans lequel sont envoyées post-mortem les consciences qui le souhaitent. Il n’a pas à supplier Hadès et Perséphone, ni à charmer quiconque pa...

Trop con pour choquer


Crossed est une franchise créée par Garth Ennis, le Garth Ennis des comics les plus violents, les plus barrés, les plus sexuels et les plus déjantés, tels que The Boys ou The Pro.

Un virus y transforme les humains qu’il infecte en monstres sanguinaires obsédés par la violence et le sexe brutal qu’ils pratiquent de toutes les manières possibles, de préférence les plus transgressives et écœurantes. Survivalisme extrême post-apocalyptique sans zombie, le point de Crossed est de montrer à quelles bassesses des humains que ne protègeraient plus de leurs instincts primaires les liens de la civilisation s’adonneraient. On peut penser que le point est manqué. Ce n’est pas à un état de nature neutre, dans lequel toutes les options comportementales seraient envisageables, que reviennent les infectés de Crossed, mais bien à un état de violence sadique frénétique et permanente qui ne saurait s’apparenter à un comportement naturel ; dans la nature, la chasse a un sens, la violence gratuite et obsessionnelle n’en a pas, ne serait-ce que du point de vue de la dépense énergétique qu’elle implique.

Après une première série écrite par Ennis et qui posait l’univers et le style, d’autres auteurs prirent la suite dans le cadre de séries-filles à l’intérêt limité qui ne faisait que monter dans l’abjection sans apporter quoi que ce soit.

Retour d’Ennis (et du dessinateur Jacen Burrows) dans ce "Crossed Terres Maudites" composé de deux récits. Tout au moins pour le premier des deux.

Le premier donc, Terres Maudites, classiquement mais bien dessiné, peut se voir comme une réflexion sur l’insensibilité tangentant l’inhumanité qu’il faut développer pour survivre aux situations de chaos extrême. Ce n’est pas mal fait dans le développement, même si de nombreuses séries de BD de zombies (dont le très bon Zombies, de Peru) avait déjà labouré ce sillon, et ça se lit plutôt agréablement. Ennis veut nous dire quelque chose et il le fait de manière satisfaisante, même si c'est sans grande originalité.

Le second et le plus long, Homo Superior, écrit par Delano et mal dessiné par Rizzo, est confus, ce qui est, déjà, un problème. Mais surtout il est grotesque dans sa narration et son texte, au point de ne même pas parvenir à être malsain, ce qui est un comble pour cette série. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, mais le ridicule de l’histoire, des situations, des relations entre « personnages », des narratifs, et des répliques l’emporte sur tout autre sentiment.

A moins d’être un très grand fan d’Ennis, ce volume est donc clairement dispensable.

Crossed Terres Maudites, Ennis, Burrows, et al.

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