Alastor de Sombregarde 1 - Dobbs - Morinière

Un champ de bataille enfin apaisé. Des corps à perte de vue. Les armées du Mal ont été vaincues. Les paladins du Bien et leurs alliés elfes viennent achever les blessés et neutraliser les cadavres enmagiqués. Au milieu du carnage, un nécromancien gobelin nommé Guulghar a survécu par pure chance. Discrètement, il s’extrait de la masse des macchabées moins chanceux que lui, récupère son bâton (qui porte le crâne animé de son frère Huulghar) , et parvient à ranimer un chevalier de la mort, Alastor de Sombregarde, que des mages elfes s’apprêtaient à bannir définitivement. Les deux (trois) , peut-être uniques « survivants » de la Sombre Garde, partent de conserve vers les terres du chevalier pour y retrouver l’épouse du paladin déchu. Une longue et lente chevauchée qui les amène à traverser maints territoires et à vivre maintes aventures. Disons-le tout de suite : dès sa splendide couverture, cet album est en tous points magnifique. La présentation éditeur évoque Don Quichotte...

L'espoir est une vertu d'esclaves, Cioran


Sortie après une longue attente du tome 3 de la série Zombies, de Peru et Cholet, sobrement intitulé "Précis de décomposition".

C’est toujours une très bonne histoire de zombies, cruelle, dure, profondément nihiliste, même si un faible espoir a l’air de pointer à l’horizon. En dépit d’un secret encore à révéler qui semble doucher le dit espoir (ouf, j’ai craint que l’espoir ne domine).

Impossible de ne pas avoir Walking Dead en tête en lisant quelque histoire de zombies en BD que ce soit. Ici aussi. Certains passages résonnent, mais est-ce évitable ? Il y a des développements obligés dans ce genre de crise, et nul auteur ne peut ne revendiquer la paternité. C’est donc à la folie techniciste des hommes ou à leur inhumanité viscérale que se heurtent les survivants de la série dans cet épisode. Et si certains tentent de rester humain, d’autres ont laissé tout leur bagage civilisationnel derrière eux.

On meurt beaucoup dans "Précis de décomposition" (comme dans le reste de la série), Peru concentrant en trois (ou quatre suivant comment on compte) épisodes, les chocs que d’autres séries distillent sur plus de volumes. On y lutte aussi férocement pour survivre et trouver un havre. On s’y retrouve souvent dans la position de Sisyphe, obligé de tout reprendre à zéro après avoir cru réussir, tant il est difficile de trouver une solution pérenne à une crise d’extinction de cette ampleur, à fortiori quand on a des réflexes d’hommes modernes, assisté sa vie durant par une technique avancée.

La qualité essentielle de ce qui pourrait n’être qu’une nième série de zombies vient de l’approche résolument nihiliste de l’auteur, résumée par les citations qui ornent chaque quatrième de couverture. Ici, c’est Cioran qui s’y colle. Le dessin est toujours beau et la décomposition du monde est joliment montrée au lecteur.

Une histoire dure servie par un dessin efficace. Une mauvaise nouvelle à venir. Vivement la suite !

Précis de décomposition, Zombies t3, Peru, Cholet

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