Je ne suis pas venu apporter la paix - Nicolas Martin

Ce roman sortira en septembre. Cette chronique fera l'objet d'une republication. « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre! Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée, car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère, et l'on aura pour ennemis les membres de sa famille. » Cette phrase, attribuée par Matthieu au Christ, est à la fois le titre et le point du nouveau roman de Nicolas Martin. Pyrénées, aujourd’hui. Une famille recomposée se rassemble pour veiller les derniers moments du patriarche : Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu ce cri, elle va mourir, la mamma (ici le papa) , ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du sud de l'Italie (ici d’Indonésie) , y a même Giorgio, le fils maudit (là, maudits, fils et filles le sont tous peu ou prou) . Dramatis Personae : Le patriarche, veuf et remarié Judith, sa seconde épouse Diane, p...

L'espoir est une vertu d'esclaves, Cioran


Sortie après une longue attente du tome 3 de la série Zombies, de Peru et Cholet, sobrement intitulé "Précis de décomposition".

C’est toujours une très bonne histoire de zombies, cruelle, dure, profondément nihiliste, même si un faible espoir a l’air de pointer à l’horizon. En dépit d’un secret encore à révéler qui semble doucher le dit espoir (ouf, j’ai craint que l’espoir ne domine).

Impossible de ne pas avoir Walking Dead en tête en lisant quelque histoire de zombies en BD que ce soit. Ici aussi. Certains passages résonnent, mais est-ce évitable ? Il y a des développements obligés dans ce genre de crise, et nul auteur ne peut ne revendiquer la paternité. C’est donc à la folie techniciste des hommes ou à leur inhumanité viscérale que se heurtent les survivants de la série dans cet épisode. Et si certains tentent de rester humain, d’autres ont laissé tout leur bagage civilisationnel derrière eux.

On meurt beaucoup dans "Précis de décomposition" (comme dans le reste de la série), Peru concentrant en trois (ou quatre suivant comment on compte) épisodes, les chocs que d’autres séries distillent sur plus de volumes. On y lutte aussi férocement pour survivre et trouver un havre. On s’y retrouve souvent dans la position de Sisyphe, obligé de tout reprendre à zéro après avoir cru réussir, tant il est difficile de trouver une solution pérenne à une crise d’extinction de cette ampleur, à fortiori quand on a des réflexes d’hommes modernes, assisté sa vie durant par une technique avancée.

La qualité essentielle de ce qui pourrait n’être qu’une nième série de zombies vient de l’approche résolument nihiliste de l’auteur, résumée par les citations qui ornent chaque quatrième de couverture. Ici, c’est Cioran qui s’y colle. Le dessin est toujours beau et la décomposition du monde est joliment montrée au lecteur.

Une histoire dure servie par un dessin efficace. Une mauvaise nouvelle à venir. Vivement la suite !

Précis de décomposition, Zombies t3, Peru, Cholet

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