No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Sandman aux Enfers


Le second volume de la série "Sandman" publiée par Urban Comics possède les qualités de son prédécesseur.

Je passe le speech introductif qu’on trouvera ici à propos du tome 1 et en vient directement au fait de ce tome 2.

Deux arcs sous la couverture :

« Le pays des rêves », cycle, ou pas, de quatre récits indépendants assez décevants, mis à part le premier qui traite de l’emprisonnement de la muse Calliope par un écrivain à court d’inspiration, et dans lequel on apprend que le Rêve a eu un fils bien connu des hellénistes. Ironie du sort ou légende urbaine, Gaiman aurait eu beaucoup de mal à écrire cette histoire ; le résultat est très satisfaisant en tout cas. Ce cycle compte aussi l’hommage de Gaiman au « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare et là, je crois vraiment qu’il faut avoir été un lycéen américain ou anglais, l’avoir étudié en classe et éventuellement joué sur scène pour en tirer la substantifique moelle – Joe Hill aussi l’utilise extensivement dans « Locke and Key ». Pour ma part, je me sens toujours trop spectateur d’un récit qui ne me parle pas émotionnellement quand cette pièce est évoquée quelque part.

« La saison des brumes », conte en huit épisodes où est narrée la descente du Rêve aux Enfers pour libérer sa très ancienne amante qu’il y avait injustement exilé. Rattrapé par une culpabilité que Le Destin rendait inévitable, il décide d’aller réparer un très ancien tort, au péril de sa vie.
Dans ce redux du mythe d’Orphée (tiens donc !), Gaiman se fait le plaisir de changer les rôles aux Enfers, au détriment de deux archanges qui finiront par y trouver une nouvelle motivation, et convoque un grand nombre des divinités humaines sous les yeux du lecteur. Venues dans le palais du Rêve pour y plaider leur cause, toutes veulent obtenir l’usufruit des Enfers abandonnés par Lucifer. Gaiman offre ainsi aux lecteurs une de ces distributions comme on en trouvait dans les vieux films de guerre avec une pléthore de stars. La Loi et le Chaos, Odin et Thor, Bast et Anubis, et bien d’autres, profitent d’un souper dans la salle de réception du Château du Rêve puis intriguent nuitamment pour obtenir satisfaction. Que fera le Rêve ? Et Gaiman pensait-il déjà à American Gods ?
Récit fluide, palpitant, même lorsqu’il digresse et quitte le Palais du Rêve pour conter l’histoire d’un garçon martyrisé dans un internat par les bullys de service, aussi cons morts qu’ils l’étaient vivants, cette « Saison des brumes » est hautement recommandable.

Sandman Intégrale, tome 2, Neil Gaiman

Commentaires

Vert a dit…
C'est vrai que la saison des brumes laisse présager American Gods (et la boucle est bouclée avec Delirium qui fait un caméo dans le roman ^^).

"je crois vraiment qu’il faut avoir été un lycéen américain ou anglais, l’avoir étudié en classe et éventuellement joué sur scène pour en tirer la substantifique moelle"
L'avoir vu au théâtre aide beaucoup (et ça éclaircit tellement de références obscures d'auteurs anglais !). Il a refait la même chose sur la Tempête dans The Wake, c'est magnifique (mais là encore connaitre la pièce d'origine aide, c'est très intellectuel comme comic en fait xD)
Gromovar a dit…
Wait and see Wake donc.
Lorhkan a dit…
Hé bien on peut dire que tu avances !
Je pense que je relirai le volume 1 avant de m'attaquer à celui-ci, histoire de tout me remettre en tête (et d'en faire une chronique par la même occasion).
Gromovar a dit…
Allez, je lirai volontiers.

Et pour le 3 de toute façon il faudra attendre décembre.