The Blacktongue Thief - Christopher Buehlman

Kinch Na Shannack appartient à la Takers Guild , nom officiel de la Guilde des Voleurs. Comme la plupart de ses confrères et consœurs, il est endetté envers l’organisation en contrepartie de la formation qu’il a reçue. Une dette qu’il doit payer, sous peine de mort à plus ou moins brève échéance. Voilà pourquoi, quand une mission lui est confiée, il s’exécute sans discuter – alors même qu’il ne connaît pas la nature exacte de la tâche qu’on attend de lui. Tout ce qu’on lui a ordonné, c’est d’accompagner une femme chevalier en route pour Oustrim, un royaume situé à l’autre bout de la carte, qui vient d’être envahi par une armée de géants. Compétent dans le crochetage, le combat au couteau, l’escalade de murs, l’art d’amortir ses chutes, le tissage de mensonges, la fabrication de pièges, et capable de lancer quelques petits sortilèges, Kinch est un voleur doué et efficace. La femme qu’il doit convaincre d’accepter sa compagnie se nomme Galva, et c’est une combattante redoutable. Si The B...

Mort pour son prèche


Une chose est parfaitement réussie dans "Punk Rock Jesus", c’est l’esthétique punk du début. Les premières pages crades « coloriées » au marqueur mettent dans l’ambiance de ce que voulait faire Sean Murphy en rappelant les fanzines punk tel le célèbre et éphémère Sniffin’ Glue. Par la suite, reste un dessin parfois bordélique dans la mise en scène, mais on ne saura jamais si c’est totalement volontaire.

2019, la société de téléréalité Ophis clone Jésus à partir du Saint Suaire et livre sa vie recluse en pâture à trois milliards de téléspectateurs surexcités par l’événement. Chris est-il vraiment un clone de Jesus Christ ? A qui « appartient-il » ? Quel peut être l’impact d’une tel événement sur les croyants ? Et sur les autres ? Comme on le voit, il y a matière à poser des questions et à en poser au lecteur. « Jesus » s’en posera lui-même après un évènement dramatique. Sa réponse créera le chaos.

Disons-le clairement, "Punk Rock Jesus" est un comics agréable à lire, plutôt malin, et pourtant il n’est pas parfait.

Les personnages sont rapidement attachants car leur destin est tragique. Chris, clone potentiel du Christ, né sur une ile forteresse, élevé à la Bible et ignorant du vrai monde comme le Truman du Truman Show, vit sous la férule d’un producteur de télévision violent, ordurier et manipulateur, bien moins amène que celui qui gérait la vie de Truman dans le film éponyme ; Thomas, le meilleur personnage sans doute, fils d’un couple assassiné de membres de l’IRA, tueur efficient, croyant véritable, protecteur de Chris, soumis par la « Vierge Marie » à un double bind terrifiant, est sans doute le plus humain de tous ; Gwen, la mère vierge du Christ, broyée par le système de la téléréalité, ne réalisera que trop tard que rien n’est gratuit dans la vie ; Sarah, chercheuse en génétique obnubilée par la recherche d’une solution à l’augmentation du CO2, vendra son âme pour poursuivre sa mission : et le « vrai méchant  de l'histoire », Mr Slate, producteur de l’émission et organisateur de tout le bordel. Plus quelques autres.

L’histoire, rapide, parfois trop, entraine sans peine. Les questions traitées sont de vraies questions, les personnages accrochent le lecteur. Le problème, si problème il y a, est que Murphy traite trop de sujets en trop peu de pages. Du coup le focus change sans cesse, certaines situations sont résolues trop vite ou restent à l’état de background non développé. Certains retournements paraissent trop soudains, peu crédibles à ce rythme. L’action prime, elle avance sans répit. Il y a dans "Punk Rock Jesus" quelque chose de l’excès, de la rapidité, et de la caricature qu’on trouvait dans les Judge Dredd.

Murphy dénonce les excès de la téléréalité et le voyeurisme des spectateurs. Il livre une charge violente, d’autant plus qu’elle est finalement portée par Chris, contre les conséquences obscurantistes des religions. Il aborde en filigrane la question du réchauffement climatique. Il raconte au lecteur de l’histoire tragique de l’Irlande (toujours occupée aujourd’hui par l’ Angleterre), de la naissance de l’IRA, de son action, de ses ombres. Il montre l’union sacrée des trois monothéismes contre la « menace athée ». Tout ça est bel et bon ; et aussi tout ça va trop vite. Il y aurait fallu le double de pages. Tant pis.

On notera que "Punk Rock Jesus" sortira bientôt en français chez Urban Comics.

Punk Rock Jesus, Sean Murphy

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
Une oeuvre punk qui a donc les défauts de ses qualités ! Ca a l’air complètement déjanté ^^