La Route de Roswell - Connie Willis

Francie (un prénom aussi vieillot et nostalgique que sa porteuse) est une jeune célibataire invitée au mariage de son ex-colocataire de fac devenue sa meilleure amie, Serena. Ce n’est pas la première fois que cette dernière s’amourache avec un gars bizarre au point de vouloir convoler, mais celle-ci est peut-être la bonne. Serena va épouser Russell, un ufologue patenté, ce qui explique que la cérémonie soit prévue à Roswell , capitale mondiale des cinglés de tous poils depuis le fameux crash de 1947. C’est donc dans cette ville du Nouveau-Mexique que Francie débarque. A peine le temps de croiser un ou deux illuminés que Francie est enlevée par un alien en allant chercher des guirlandes dans la voiture de Serena ; un alien qui, loin de ressembler aux petits gris de légende, a plutôt l’air d’un virevoltant muni d’une foultitude de tentacules aussi rapides que précis, des tentacules à l’aide desquels il enserre la jeune femme et l’empêche de fuir. La créature, qui ne s’exprime que par p...

Oui mais non


Dans le petit livre numérique intitulé "Truc" par les éditions ActuSF, il y a deux novellas d’Anne Duguël (on peut dire aussi roman court, ou roman français de blanche ce qui, en taille, revient au même). Mieux eût valu qu’il n’y en eût qu’un.

"Truc" est un texte drôle, enlevé, dans lequel Gudule fait montre de son talent bien connu pour la causticité et l’outrance sous contrôle. Comme dans nombre de ses autres œuvres, elle y met en scène une enfance à la fois martyre et bourreau, elle n’hésite pas s'autoriser ce que peu osent : pointer l’atrocité que peuvent engendrer des liens familiaux corrompus par tout l’affect et toute la névrose enkystée du monde. Elle montre des enfants victimes (faisant saigner les yeux de bien des « mamans » par ce simple fait) et aussi des enfants bourreaux, d’autant plus monstrueux qu’ils font le mal avec une sorte d’ingénuité.
Dardant quelques vérités bien senties sur le fonctionnement de la société du spectacle, sur une pédophilie devenue en peu d’année l’alpha et l’oméga du crime (une sorte d’équivalent contemporain de la sorcellerie médiévale), et sur le besoin de croquemitaines qu’a toute société, Gudule fait montre d’une belle gouaille et d’une ironie complètement déjantée, tout en réussissant l’exploit de ne jamais tomber dans une grosse rigolade pour laquelle on sait que j’ai peu de goût.
Un texte sans surprise, mais drôle, malin, et très agréable à lire.

Dans "Les chiens ne nous méritent pas", la funambule Gudule glisse et tombe d’un fil trop chargé de rires gras. Evoquant la solitude d’une veille femme dans l’une de ces institutions où on enferme les vieux (pour leur bien évidemment) ainsi que la maltraitance à enfant (les deux extrémités de la vie), elle le fait sous forme d’une pochade énorme qui n’aurait pu m’amuser qu’après une ingestion massive de champignons hallucinogènes. De fait j’ai halluciné, mais sans champignon ; la novella m’a suffit. Elle m’a remis en mémoire l’inénarrable chanson « Mon vieux Pataud ».

Truc, Anne Duguël 

Cette nouvelle participe au Challenge JLNN

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