Seule sur Terre - Charles Yu - Retour de Bifrost 119

Seule sur Terre est un petit recueil de Charles ' Chinatown, Intérieur' Yu qui contient trois textes de longueur à peu près similaire. On y trouve d'abord Seule sur Terre , l'histoire de Jane, seule sur Terre en l'an 3020. Jane est une fille comme il y en a tant. Elle est étudiante, elle s'entend mal avec sa mère, elle doit rejoindre après les vacances la fac de Jupiter, et, pour le moment, elle a « un job d'été ». C'est la nature du job qui rend Jane extraordinaire : elle tient la boutique de souvenirs de la Terre, un monde qui est devenu un parc d'attraction touristique puis un musée puis une simple boutique après le départ de toute l'espèce humaine vers le système solaire puis les étoiles. La jeune fille, qui cherche à attirer le client, y raconte en accéléré l'histoire de la Terre et de l'humanité, puis les différentes tentatives de rendre bankable la planète défigurée par les conséquences de l'anthropocène. Au fil des pages et ...

Oui mais non


Dans le petit livre numérique intitulé "Truc" par les éditions ActuSF, il y a deux novellas d’Anne Duguël (on peut dire aussi roman court, ou roman français de blanche ce qui, en taille, revient au même). Mieux eût valu qu’il n’y en eût qu’un.

"Truc" est un texte drôle, enlevé, dans lequel Gudule fait montre de son talent bien connu pour la causticité et l’outrance sous contrôle. Comme dans nombre de ses autres œuvres, elle y met en scène une enfance à la fois martyre et bourreau, elle n’hésite pas s'autoriser ce que peu osent : pointer l’atrocité que peuvent engendrer des liens familiaux corrompus par tout l’affect et toute la névrose enkystée du monde. Elle montre des enfants victimes (faisant saigner les yeux de bien des « mamans » par ce simple fait) et aussi des enfants bourreaux, d’autant plus monstrueux qu’ils font le mal avec une sorte d’ingénuité.
Dardant quelques vérités bien senties sur le fonctionnement de la société du spectacle, sur une pédophilie devenue en peu d’année l’alpha et l’oméga du crime (une sorte d’équivalent contemporain de la sorcellerie médiévale), et sur le besoin de croquemitaines qu’a toute société, Gudule fait montre d’une belle gouaille et d’une ironie complètement déjantée, tout en réussissant l’exploit de ne jamais tomber dans une grosse rigolade pour laquelle on sait que j’ai peu de goût.
Un texte sans surprise, mais drôle, malin, et très agréable à lire.

Dans "Les chiens ne nous méritent pas", la funambule Gudule glisse et tombe d’un fil trop chargé de rires gras. Evoquant la solitude d’une veille femme dans l’une de ces institutions où on enferme les vieux (pour leur bien évidemment) ainsi que la maltraitance à enfant (les deux extrémités de la vie), elle le fait sous forme d’une pochade énorme qui n’aurait pu m’amuser qu’après une ingestion massive de champignons hallucinogènes. De fait j’ai halluciné, mais sans champignon ; la novella m’a suffit. Elle m’a remis en mémoire l’inénarrable chanson « Mon vieux Pataud ».

Truc, Anne Duguël 

Cette nouvelle participe au Challenge JLNN

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