The Blacktongue Thief - Christopher Buehlman

Kinch Na Shannack appartient à la Takers Guild , nom officiel de la Guilde des Voleurs. Comme la plupart de ses confrères et consœurs, il est endetté envers l’organisation en contrepartie de la formation qu’il a reçue. Une dette qu’il doit payer, sous peine de mort à plus ou moins brève échéance. Voilà pourquoi, quand une mission lui est confiée, il s’exécute sans discuter – alors même qu’il ne connaît pas la nature exacte de la tâche qu’on attend de lui. Tout ce qu’on lui a ordonné, c’est d’accompagner une femme chevalier en route pour Oustrim, un royaume situé à l’autre bout de la carte, qui vient d’être envahi par une armée de géants. Compétent dans le crochetage, le combat au couteau, l’escalade de murs, l’art d’amortir ses chutes, le tissage de mensonges, la fabrication de pièges, et capable de lancer quelques petits sortilèges, Kinch est un voleur doué et efficace. La femme qu’il doit convaincre d’accepter sa compagnie se nomme Galva, et c’est une combattante redoutable. Si The B...

Quand on veut tuer son chien...


Entre la couverture de gauche et celle de droite il y a neuf ans. Pourquoi Corbeyran et Bouillez ont-ils mis neuf ans pour conclure leur histoire. Je l’ignore. Si quelqu’un sait, je suis preneur. En tout cas, il aurait été dommage de ne pas donner une fin à cette histoire tant elle est intrigante et joliment réalisée. C’est enfin fait.

Une ville, Spleen City. Où ? Quand ? On ne sait pas. Une terrible épidémie a frappé ; beaucoup moururent, de nombreux autres furent envoyés croupir dans des lazarets, un état d’urgence sanitaire fut instauré, très attentatoire aux libertés publiques. Dix ans plus tard, la PEST n’est toujours pas éradiquée malgré des recherches intenses ; l’état d’urgence est toujours en vigueur ; la vie à Spleen City est morne et sans espoir, d’autant plus qu’on est plus bas dans l’échelle sociale, la PEST étant réputée toucher préférentiellement les strates inférieures.

C’est dans ce contexte qu’Abélard Tournemine, citoyen lambda chargé de prélèvements dans les eaux des marais pollués entourant la ville, fait une découverte surprenante. Les eaux sont redevenues pures ; il serait donc théoriquement possible de quitter la ville meurtrie. Etonnamment, il s’avère vite que cette information dérange en haut lieu plus qu’elle ne satisfait, d’autant que tout n’est pas clair non plus concernant la PEST.

Corbeyran crée ici un monde clos limité à une seule ville d’où on ne peut s’enfuir. Spleen City est une cité inégalitaire, hiérarchisée, divisée en niveaux en fonction du statut social des habitants. Elle est dirigée par une administration corrompue, autoritaire, et ploutocratique qui garde un terrible secret. A la chape de plomb qu’imposent la police, les « détecteurs », et les « régulateurs », s’ajoute le contrôle moral qu’assurent une religion ad hoc et sa milice armée.

Dans ce monde régulé, l’auteur fait d’un citoyen de base un héros malgré lui qui conduira la résistance à l’oppression et fera éclater la vérité. Confronté à des dirigeants sans scrupule, il devra, à grands peines et avec une aide inattendue, se débattre entre les mensonges colportés par les institutions, lutter pour rester en vie, et obtenir les preuves de la corruption qui gangrène la société, obérant toute possibilité de développement pour la population.

Le récit est servi par un dessin très intéressant. Les personnages ont des trognes (sans souci de réalisme), ils sont souvent liés à des extensions mécaniques à l’aspect très lo-tech. Les costumes, ainsi que certains véhicules, évoquent une France du début du siècle matinée de sociétés secrètes. Les bâtiments (pavillons, hôtels particuliers, petits commerces) se situent quelque part entre le Délicatessen de Caro et Jeunet et la « France éternelle » d’Amélie Poulain (et de Jeunet tout seul). Disons pour finir que des systèmes mécaniques délirants occupent la plupart des images, remplissant des fonctions diverses et parfois obscures. L’ensemble est étrange mais vraiment agréable à l’œil, participant au caractère « hors du temps » de Spleen City.

A noter pour les amateurs qu’on rencontre dans PEST un personnage nommé Aristide Nix, régulateur, le héros de Régulateur.

PEST 1 et 2, Le défosseur et Les boites noires, Corbeyran, Bouillez

Commentaires

Tigger Lilly a dit…
J'aime bien les couv' et ça a l'air sympa. Je me le note.
Gromovar a dit…
C'est sympa et futé à la fois.