Katie - Michael McDowell

Katie est une jeune femme orpheline de mère qui vit dans la roaring America de l’après-Guerre de Sécession. Katie est une voyante incroyable, capable de découvrir par un simple contact les secrets et l'avenir d'une personne. Katie est aussi une psychopathe, une tueuse en série comme on n’en voit pas souvent sous une couverture aussi élégante que celle que les esthètes de Monsieur Toussaint Louverture ont concoctée pour ce roman de Michael McDowell. Philomela Drax est une jeune femme qui vit avec sa mère veuve dans une petite ville du New Jersey. Soumise au mépris d’une bonne société pas toujours charitable, Philo est bonne, modeste, déterminée. Philo va, pour son malheur et celui de sa famille, croiser la route de Katie et de la sienne. Katie est le dernier roman traduit en français de Michael McDowell. Toujours par Monsieur Toussaint Louverture, toujours dans une présentation qui donne envie d’acheter le contenant quel que soit son contenu. Des trois œuvres de McDowell publi

The Weird anthology (note 9)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Family, de la grande auteur américaine d'horreur Joyce Carol Oates, est un texte inquiétant qui décrit une situation objectivement fantastique comme « naturelle » ; de fait, personne dans la « famille » ne semble s’émouvoir du caractère étrange de sa vie et de son environnement. Mais n’est ce pas le cas de toutes les familles, chacune certaine de sa normalité et de celle de sa vie ?

Dans un texte au glissement vers le Weird superbement maîtrisé, Oates utilise les souvenirs de son enfance dans une famille rurale pauvre, et donne de ce monde isolé et en rémission de crise économique une vision qui se déforme progressivement comme à travers un verre de lampe jusqu’à devenir un huis clos monstrueux, dans une ferme en déliquescence habitée par une famille entre "Eraserhead" et les rednecks tarés de "Massacre à la tronçonneuse". Rien de spectaculaire. Mais beaucoup de dérangeant. C’était le but. Il est atteint.

Family, Joyce Carol Oates

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