The Witling - Vernor Vinge - Les Traquenards de Giri

" The Witling " (Les Traquenards de Giri en VO ?!?) est le premier vrai roman du grand Vernor Vinge, publié en 1976. Giri, une planète sur laquelle vivent les Azhiri, un peuple humanoïde stocky aux puissants pouvoirs télépathiques. Les Azhiri communs peuvent « sentir » les structures ou les êtres, téléporter leur corps ou de la matière sur de grandes distances, tuer même en tordant l'usage de la téléportation. De ce fait, leur technologie est assez primitive, guère mieux que médiévale, tant leurs pouvoirs, de téléportation notamment, rendent inutiles de grands efforts de recherche dans le domaine des transports ou de l'armement. Pourquoi fabriquer des armes quand on tue par la pensée ? Pourquoi tracer des routes quand des lacs de transit suffisent ? Dans le même ordre d'idées, il n'y a en général pas de portes aux maisons – on se téléporte de pièce en pièce –, et le palais du Roi de l'été s'étend sur deux hémisphères quand celui du Roi de l'hiver

The Weird anthology (note 9)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Family, de la grande auteur américaine d'horreur Joyce Carol Oates, est un texte inquiétant qui décrit une situation objectivement fantastique comme « naturelle » ; de fait, personne dans la « famille » ne semble s’émouvoir du caractère étrange de sa vie et de son environnement. Mais n’est ce pas le cas de toutes les familles, chacune certaine de sa normalité et de celle de sa vie ?

Dans un texte au glissement vers le Weird superbement maîtrisé, Oates utilise les souvenirs de son enfance dans une famille rurale pauvre, et donne de ce monde isolé et en rémission de crise économique une vision qui se déforme progressivement comme à travers un verre de lampe jusqu’à devenir un huis clos monstrueux, dans une ferme en déliquescence habitée par une famille entre "Eraserhead" et les rednecks tarés de "Massacre à la tronçonneuse". Rien de spectaculaire. Mais beaucoup de dérangeant. C’était le but. Il est atteint.

Family, Joyce Carol Oates

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