Moreno - Rebelka - Et lorsque ma vengeance s'abattra sur vous

Ici et maintenant. Le père Stygian (sic!) est un exorciste officiel du Vatican, un praticien néanmoins dont les méthodes ne sont pas celles de l’officiel De Exorcismis et Supplicationibus Quibusdam . Non, le père Stygian, lui, utilise un rituel datant d’avant même la fondation de l’Église Catholique. Mais, si motivé et déterminé soit-il, le religieux est vieux, fatigué, son temps est compté. Il est donc plus qu’urgent pour lui de former un successeur. C’est du moins ce à quoi l’incite fortement la hiérarchie vaticane, car lui-même n’est guère enclin à exposer un nouveau novice aux horreurs des entités démoniaques. Nolens volens , le vieil exorciste voit donc débarquer dans son presbytère de Puerto Cristina, la ville la plus méridionale du monde, un prêtre bien plus jeune que lui, le père Barrera. En disgrâce depuis un accident mortel ayant impliqué un nourrisson, rongé par la culpabilité et en quête d’une peut-être impossible rédemption, le père Barrera devient l’apprenti de Stygian. I...

The Weird anthology (note 9)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Family, de la grande auteur américaine d'horreur Joyce Carol Oates, est un texte inquiétant qui décrit une situation objectivement fantastique comme « naturelle » ; de fait, personne dans la « famille » ne semble s’émouvoir du caractère étrange de sa vie et de son environnement. Mais n’est ce pas le cas de toutes les familles, chacune certaine de sa normalité et de celle de sa vie ?

Dans un texte au glissement vers le Weird superbement maîtrisé, Oates utilise les souvenirs de son enfance dans une famille rurale pauvre, et donne de ce monde isolé et en rémission de crise économique une vision qui se déforme progressivement comme à travers un verre de lampe jusqu’à devenir un huis clos monstrueux, dans une ferme en déliquescence habitée par une famille entre "Eraserhead" et les rednecks tarés de "Massacre à la tronçonneuse". Rien de spectaculaire. Mais beaucoup de dérangeant. C’était le but. Il est atteint.

Family, Joyce Carol Oates

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