No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Angle mort 8

Je signale tard, mais mieux vaut tard que jamais, la disponibilité en téléchargement gratuit (ou à l'achat au numéro ce qui est mieux) du numéro 8 de la toujours très bonne revue numérique Angle Mort.

On y trouvera une nouvelle de Théodora Goss, intitulée Les beaux garçons, une de Jean-Claude Dunyach, Paysage avec intrus, et une de Léo Henry, Down by the train, à chaque fois avec les interviews des auteurs.

On y trouvera aussi la délicieuse nouvelle Infinis, de la physicienne indienne Vandanah Singh. Sous une forme qui rappelle le conte philosophique, elle raconte l'histoire tourmentée d'une Inde en proie aux tensions religieuses récurrentes et meurtrières entre hindous et musulmans ; elle y raconte aussi et surtout l'histoire d'un homme simple et bon qui rêve de comprendre tout l'Univers par les mathématiques, au sein d'un monde qu'il ne comprend guère, et heureusement entouré de son ami poète, de sa mère bien vieille, et même de ses peu amènes enfants. Elle conte l'histoire de ce moment de grâce durant lequel le génie donne l'intuition d'une autre réalité ou d'une explication plus profonde, intuition qu'il faut saisir puis passer des années à vérifier et à formaliser. Simple et spirituelle, Infinis est une très belle nouvelle, et un hommage vibrant aux mathématiques, dont il ne faut pas se priver.

Cette lecture participe au Challenge JLNN


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