Cullen Bunn - Bones of our stars, Blood of our world

Scénariste de comics et romancier, ce n'est apparemment pas le même set de compétences. C'est la conclusion qu'on doit tirer de la lecture de Bones of our stars, Blood of our world , le premier roman du scénariste Cullen Bunn . Là où un comic peut se permettre d'être frénétique, ici trop de personnages se succèdent trop vite dans une histoire convenue qui ne parvient même pas à être gore alors que c'est cette direction qu'elle vise. Ajoutons-y, pour faire bonne mesure, une écriture sans éclat, une enfilade de narrations à la troisième personne qui empêche tout investissement émotionnel, et l'éternelle petite ville insulaire en décrépitude dans laquelle on s'emmerde grave. Nihil novi sub sole , ça a été déjà fait, et beaucoup mieux. Passe ton chemin, lecteur !

Angle mort 8

Je signale tard, mais mieux vaut tard que jamais, la disponibilité en téléchargement gratuit (ou à l'achat au numéro ce qui est mieux) du numéro 8 de la toujours très bonne revue numérique Angle Mort.

On y trouvera une nouvelle de Théodora Goss, intitulée Les beaux garçons, une de Jean-Claude Dunyach, Paysage avec intrus, et une de Léo Henry, Down by the train, à chaque fois avec les interviews des auteurs.

On y trouvera aussi la délicieuse nouvelle Infinis, de la physicienne indienne Vandanah Singh. Sous une forme qui rappelle le conte philosophique, elle raconte l'histoire tourmentée d'une Inde en proie aux tensions religieuses récurrentes et meurtrières entre hindous et musulmans ; elle y raconte aussi et surtout l'histoire d'un homme simple et bon qui rêve de comprendre tout l'Univers par les mathématiques, au sein d'un monde qu'il ne comprend guère, et heureusement entouré de son ami poète, de sa mère bien vieille, et même de ses peu amènes enfants. Elle conte l'histoire de ce moment de grâce durant lequel le génie donne l'intuition d'une autre réalité ou d'une explication plus profonde, intuition qu'il faut saisir puis passer des années à vérifier et à formaliser. Simple et spirituelle, Infinis est une très belle nouvelle, et un hommage vibrant aux mathématiques, dont il ne faut pas se priver.

Cette lecture participe au Challenge JLNN


Commentaires