L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

The Weird anthology (note 3)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.

Parlons ici d'une des nouvelles que j'aime le plus, une nouvelle lue il y a bien longtemps dans le recueil "Gravé sur chrome", en VF, et qui est encore supérieure en VO dans "The Weird".

The Belonging Kind, Le Genre Intégré en français, est imho la meilleure nouvelle de William Gibson (coécrite avec John Shirley). Et pourtant elle n'est pas cyberpunk, évoquant plutôt une Amérique des années moderne stylisée.

C'est un texte sur lequel j'ai du mal à être objectif tant je l'ai dans la tête depuis 20 ans, et tant il me fait penser à certains clubs de jazz que j'adorais fréquenter, justement pour leur ambiance fin de nuit (voire fin de tout) décrite dans la nouvelle. Qu'on sache seulement qu'il y a un secret caché qui se révèle au narrateur comme au lecteur, que tous deux s'enfoncent de concert (c'est le cas de le dire) dans une atmosphère progressivement de plus en plus inquiétante, qu'on y voit des bars de nuit et les gens qui les fréquentent, ces gens toujours les mêmes, toujours présents, différents dans le phénotype mais identiques dans le génotype. Jusqu'à la révélation. Superbe texte. Vraiment.

The Belonging Kind, William Gibson et John Shirley

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