Spectres - Thomas Gunzig

Futur pas trop lointain. Léa est une physicienne brillante, de ces esprits qui révolutionnent le monde en initiant ce que Kuhn nommait un changement de paradigme. Ces esprits sont extraordinairement rares ; ils ont façonné l’état de la science telle que nous la connaissons aujourd’hui. Poussée par un mandarin qui l’inspire avant de lui voler sa découverte, Léa met au jour une autre dimension, à côté de la nôtre. D’abord profondément déprimée, Léa est remise en selle par une autre physicienne avec qui elle va travailler à « envoyer » de la matière de notre dimension dans le Plan Dimensionnel Secondaire. Financée à hauteur de plusieurs milliards de dollars par un milliardaire démesuré, l’expérience réussit au-delà de toutes les espérances. On peut envoyer et ramener de la matière entre les plans, on peut aussi le faire avec des êtres vivants sans conséquence négative. Il devient alors temps de rentabiliser l’investissement par l’envoi d’un complexe d’extraction minière lancé da...

Hail Lorraine !


Comme pour Locke and Key, lassé d’attendre pour savoir ce qu’il en était de "Rex Mundi" chez Milady Graphics, j’ai commandé les deux derniers tomes de la VO, qui closent la série. Fin d’une aventure qui a commencé pour moi il y a presque dix ans, avec la traduction du premier tome chez Semic, éditeur disparu depuis.

Je ne reviens pas sur la qualité de l’uchronie (France, années 30, empires centraux, nationalismes européens, Eglise Catholique et Inquisitions fortes, présence musulmane en Espagne, quête du Graal dans son hypothèse Bloodline), servie par des facsimilés de presse.
Quand à l’histoire, les intrigues de palais chroniquées dans mon post précédent ont viré au très aigre. Lorraine s’est arrangé pour déclencher une guerre mondiale qui combine des éléments de 14-18 et d’autres de 39-45, et en a profité pour se débarrasser de tous ses adversaires potentiels. Devenant de plus en plus mégalomane et autoritaire, il prend un virage idéologique (et esthétique) qui rappelle fortement le nazisme. Parallèlement, le docteur Saunière et quelques alliés poursuivent la lutte à mort qu’ils mènent pour contrer les visées de Lorraine.

Scénario toujours surprenant, rebondissements plus ouvertement fantastiques que jusqu’alors, les deux derniers tomes, toujours brutaux et durs (mais c’est de guerre mondiale, de révolution, et d’épuration ethnique qu’il s’agit : The stakes are high) grimpent vers une conclusion qui est aussi une apothéose.

Les dessins, cette fois de Ferreyra,  ont un aspect crayonné et colorié qui donne la plupart du temps de très beaux résultats (notamment pour les paysages et l’architecture, mais il y a aussi de beaux visages et uniformes).

Fin d’une belle série uchronique que je ne peux que recommander à tout amateur de ce genre de littérature.

Rex mundi 5, The valley at the end of the world, Nelson, Ferreyra
Rex mundi 6, Gate of God, Nelson, Ferreyra



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