Aurora Rising - Alastair Reynolds

Alastair Reynolds est un auteur britannique de SF de grand renom. Il a créé le célèbre cycle des Inhibiteurs dont la revue Bifrost disait en 2023 qu’il constituait la partie « la plus renommée, at assurément la plus volumineuse » de son œuvre. Aurora Rising (titre original : The Prefect) est un roman qui se passe au XXVe siècle, environ cent ans avant l’intrigue principale du cycle. Il peut se lire (comme ses deux suites) indépendamment du cycle principal, et montre aux lecteurs qui le connaîtraient un univers qui n’a pas encore sombré dans la déréliction liée au désastre de la Pourriture fondante. Yellowstone est le monde humain le plus avancé. Un cauchemar atmosphérique constellé de villes sous dôme. Autour de Yellowstone gravitent environ dix mille habitats orbitaux qui forment le Glitter Band . 100 millions de personnes vivent dans ces habitats qui sont tous strictement souverains. Seule condition pour faire partie de l’ensemble : accepter et respecter un système qui place le ...

Hail Lorraine !


Comme pour Locke and Key, lassé d’attendre pour savoir ce qu’il en était de "Rex Mundi" chez Milady Graphics, j’ai commandé les deux derniers tomes de la VO, qui closent la série. Fin d’une aventure qui a commencé pour moi il y a presque dix ans, avec la traduction du premier tome chez Semic, éditeur disparu depuis.

Je ne reviens pas sur la qualité de l’uchronie (France, années 30, empires centraux, nationalismes européens, Eglise Catholique et Inquisitions fortes, présence musulmane en Espagne, quête du Graal dans son hypothèse Bloodline), servie par des facsimilés de presse.
Quand à l’histoire, les intrigues de palais chroniquées dans mon post précédent ont viré au très aigre. Lorraine s’est arrangé pour déclencher une guerre mondiale qui combine des éléments de 14-18 et d’autres de 39-45, et en a profité pour se débarrasser de tous ses adversaires potentiels. Devenant de plus en plus mégalomane et autoritaire, il prend un virage idéologique (et esthétique) qui rappelle fortement le nazisme. Parallèlement, le docteur Saunière et quelques alliés poursuivent la lutte à mort qu’ils mènent pour contrer les visées de Lorraine.

Scénario toujours surprenant, rebondissements plus ouvertement fantastiques que jusqu’alors, les deux derniers tomes, toujours brutaux et durs (mais c’est de guerre mondiale, de révolution, et d’épuration ethnique qu’il s’agit : The stakes are high) grimpent vers une conclusion qui est aussi une apothéose.

Les dessins, cette fois de Ferreyra,  ont un aspect crayonné et colorié qui donne la plupart du temps de très beaux résultats (notamment pour les paysages et l’architecture, mais il y a aussi de beaux visages et uniformes).

Fin d’une belle série uchronique que je ne peux que recommander à tout amateur de ce genre de littérature.

Rex mundi 5, The valley at the end of the world, Nelson, Ferreyra
Rex mundi 6, Gate of God, Nelson, Ferreyra



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