Alex Landragin : l'homme des passages

Alex Landragin vient de recevoir le Prix Planète-SF 2026 à l'unanimité du jury pour son roman fantastique Le Livre des passages . Il a gentiment accepté de répondre à quelques questions pour ce blog et le site du Prix. •  Un écrivain né en France, vivant en Australie, d’origine arménienne, et maîtrisant aussi bien l’anglais que le français : voilà qui n’est pas banal. Qui êtes-vous, monsieur Landragin ? L’histoire de ma famille est passionnante, mais trop longue pour être racontée ici. Je suis né en France, à Épernay, fils d’un vigneron issu d’une longue lignée de vignerons. Du côté de ma mère, d’origine arménienne, l’histoire est jalonnée de fuites successives face à divers cataclysmes, menant finalement en France via la Turquie et l’Union soviétique. C’est donc un héritage complexe. Nous avons fini par nous installer en Australie. Plus tard, ma famille a migré vers un autre pays, mais je suis resté seul en Australie ; si, au début, ce fut à contrecœur, aujourd’hui, je ne voudrai...

Hail Lorraine !


Comme pour Locke and Key, lassé d’attendre pour savoir ce qu’il en était de "Rex Mundi" chez Milady Graphics, j’ai commandé les deux derniers tomes de la VO, qui closent la série. Fin d’une aventure qui a commencé pour moi il y a presque dix ans, avec la traduction du premier tome chez Semic, éditeur disparu depuis.

Je ne reviens pas sur la qualité de l’uchronie (France, années 30, empires centraux, nationalismes européens, Eglise Catholique et Inquisitions fortes, présence musulmane en Espagne, quête du Graal dans son hypothèse Bloodline), servie par des facsimilés de presse.
Quand à l’histoire, les intrigues de palais chroniquées dans mon post précédent ont viré au très aigre. Lorraine s’est arrangé pour déclencher une guerre mondiale qui combine des éléments de 14-18 et d’autres de 39-45, et en a profité pour se débarrasser de tous ses adversaires potentiels. Devenant de plus en plus mégalomane et autoritaire, il prend un virage idéologique (et esthétique) qui rappelle fortement le nazisme. Parallèlement, le docteur Saunière et quelques alliés poursuivent la lutte à mort qu’ils mènent pour contrer les visées de Lorraine.

Scénario toujours surprenant, rebondissements plus ouvertement fantastiques que jusqu’alors, les deux derniers tomes, toujours brutaux et durs (mais c’est de guerre mondiale, de révolution, et d’épuration ethnique qu’il s’agit : The stakes are high) grimpent vers une conclusion qui est aussi une apothéose.

Les dessins, cette fois de Ferreyra,  ont un aspect crayonné et colorié qui donne la plupart du temps de très beaux résultats (notamment pour les paysages et l’architecture, mais il y a aussi de beaux visages et uniformes).

Fin d’une belle série uchronique que je ne peux que recommander à tout amateur de ce genre de littérature.

Rex mundi 5, The valley at the end of the world, Nelson, Ferreyra
Rex mundi 6, Gate of God, Nelson, Ferreyra



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