Elysium Fire - Alastair Reynolds

Elysium Fire est le tome 2 de la trilogie Prefect Dreyfus Emergency , un cycle situé une centaine d'années avant le début de celui des Inhibiteurs , dans le Glitter Band en orbite autour de la planète humaine Yellowstone. Pour le contexte, on lira le billet concernant le premier tome du cycle . Peu après les événements décrits dans Aurora Rising , une forme de calme est revenue dans le Glitter Band. Mais, pour Panoply et son corps de préfets, la vie n'est jamais un long fleuve tranquille. Et deux nouvelles menaces surgissent. D'une part, un populiste braillard nommé Devon Garlin va d'habitat en habitat et, jouant sur la méfiance que suscite une organisation pourtant peu coercitive, prêche une sécession d'avec le Glitter Band. Autorisé par les statuts de l'organisation, ce « Glitterxit » a déjà séduit quelques habitats et d'autres sont susceptibles de suivre. Le préfet Dreyfus, convaincu qu'il y a plus derrière ces événements, enquête sur les agissements...

Hail Lorraine !


Comme pour Locke and Key, lassé d’attendre pour savoir ce qu’il en était de "Rex Mundi" chez Milady Graphics, j’ai commandé les deux derniers tomes de la VO, qui closent la série. Fin d’une aventure qui a commencé pour moi il y a presque dix ans, avec la traduction du premier tome chez Semic, éditeur disparu depuis.

Je ne reviens pas sur la qualité de l’uchronie (France, années 30, empires centraux, nationalismes européens, Eglise Catholique et Inquisitions fortes, présence musulmane en Espagne, quête du Graal dans son hypothèse Bloodline), servie par des facsimilés de presse.
Quand à l’histoire, les intrigues de palais chroniquées dans mon post précédent ont viré au très aigre. Lorraine s’est arrangé pour déclencher une guerre mondiale qui combine des éléments de 14-18 et d’autres de 39-45, et en a profité pour se débarrasser de tous ses adversaires potentiels. Devenant de plus en plus mégalomane et autoritaire, il prend un virage idéologique (et esthétique) qui rappelle fortement le nazisme. Parallèlement, le docteur Saunière et quelques alliés poursuivent la lutte à mort qu’ils mènent pour contrer les visées de Lorraine.

Scénario toujours surprenant, rebondissements plus ouvertement fantastiques que jusqu’alors, les deux derniers tomes, toujours brutaux et durs (mais c’est de guerre mondiale, de révolution, et d’épuration ethnique qu’il s’agit : The stakes are high) grimpent vers une conclusion qui est aussi une apothéose.

Les dessins, cette fois de Ferreyra,  ont un aspect crayonné et colorié qui donne la plupart du temps de très beaux résultats (notamment pour les paysages et l’architecture, mais il y a aussi de beaux visages et uniformes).

Fin d’une belle série uchronique que je ne peux que recommander à tout amateur de ce genre de littérature.

Rex mundi 5, The valley at the end of the world, Nelson, Ferreyra
Rex mundi 6, Gate of God, Nelson, Ferreyra



Commentaires