Minor Arcana vol III - Lemire - Delpeche

Minor Arcana , la nostalgique et inquiétante histoire de retour au bercail dont je disais beaucoup de bien , se poursuit aujourd’hui avec un Volume 3 intitulé The Moon . Beaucoup de fils commencent à se relier dans ce troisième tome sous les yeux de Theresa : Tu découvriras, lecteur, les liens qui unissent les mystérieux arcanistes, qu’on a vu intriguer dans le tome précédent, avec certains mafieux locaux qui ne font pas que trafiquer des substances illicites. Visiblement des liens qui s’avèrent bien plus serrés que de simples liens d’affaire. Tu comprendras, mieux que jusque là, que le combat du nouvel ami de la mère de l’héroïne – qui lui a valu une bonne avoinée – n’est pas, lui non plus, déconnecté des secrets de la ville. Tu verras aussi l’enquête sur le frère disparu de Kelly, son amie, progresser à pas de géant. Et, tu commences à le deviner j’espère, lui aussi est lié aux secrets que renferme la petite ville de Limberlost. Les pouvoirs de prédiction de Theresa prouvent dans...

Hail Lorraine !


Comme pour Locke and Key, lassé d’attendre pour savoir ce qu’il en était de "Rex Mundi" chez Milady Graphics, j’ai commandé les deux derniers tomes de la VO, qui closent la série. Fin d’une aventure qui a commencé pour moi il y a presque dix ans, avec la traduction du premier tome chez Semic, éditeur disparu depuis.

Je ne reviens pas sur la qualité de l’uchronie (France, années 30, empires centraux, nationalismes européens, Eglise Catholique et Inquisitions fortes, présence musulmane en Espagne, quête du Graal dans son hypothèse Bloodline), servie par des facsimilés de presse.
Quand à l’histoire, les intrigues de palais chroniquées dans mon post précédent ont viré au très aigre. Lorraine s’est arrangé pour déclencher une guerre mondiale qui combine des éléments de 14-18 et d’autres de 39-45, et en a profité pour se débarrasser de tous ses adversaires potentiels. Devenant de plus en plus mégalomane et autoritaire, il prend un virage idéologique (et esthétique) qui rappelle fortement le nazisme. Parallèlement, le docteur Saunière et quelques alliés poursuivent la lutte à mort qu’ils mènent pour contrer les visées de Lorraine.

Scénario toujours surprenant, rebondissements plus ouvertement fantastiques que jusqu’alors, les deux derniers tomes, toujours brutaux et durs (mais c’est de guerre mondiale, de révolution, et d’épuration ethnique qu’il s’agit : The stakes are high) grimpent vers une conclusion qui est aussi une apothéose.

Les dessins, cette fois de Ferreyra,  ont un aspect crayonné et colorié qui donne la plupart du temps de très beaux résultats (notamment pour les paysages et l’architecture, mais il y a aussi de beaux visages et uniformes).

Fin d’une belle série uchronique que je ne peux que recommander à tout amateur de ce genre de littérature.

Rex mundi 5, The valley at the end of the world, Nelson, Ferreyra
Rex mundi 6, Gate of God, Nelson, Ferreyra



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