Dissipatio H.G. - Guido Morselli

« Il suffit d'un peu de courage.  Plus la douleur est déterminée et précise, plus l'instinct de la vie se débat, et l'idée de suicide tombe.  Quand j'y pensais, cela semblait facile. Et pourtant de pauvres petites femmes l'ont fait. Il faut de l'humilité, non de l'orgueil.  Tout cela me dégoute.  Pas de paroles. Un geste. Je n'écrirai plus. » Ces phrases, les dernières du Métier de vivre de Pavese, sont écrites neuf jours avant son suicide. Cette « idée de suicide », ce désir de mort, le narrateur anonyme de " Dissipation H.G. " les partage. Mais lui recule, n'utilise pas sa « fiancée à l’œil noir », et lorsqu'il sort de la grotte où il pensait mettre fin à ses jours, il réalise qu'il est maintenant seul sur Terre. Que toute l'humanité a disparu. Que ne reste plus que lui dans un monde vide d'hommes. " Dissipatio H.G. " est le journal de son expérience, vécue entre un village de montagne et la ville proche de Zuri

Killing latte


Sortie récente du cinquième volume de la très bonne série multiprimée Chew.
Tony Chu, cibopathe, ressent les "vibrations" de tout ce qu'il mange. En ingérant une chose, il peut voir d'où elle vient, qui l'a touchée, ce qui s'est passée autour. Et ça marche aussi avec du sang ou des bouts de cadavre. Son don d'expert médico-légal est utilisé, dans le cadre d'enquêtes, par la police d'un monde décimé par une grippe aviaire virulente.
Ici, il change de service, est expédié chez les losers, et y découvre étonnamment un plaisir renouvelé dans son travail de police. Mais patatras, il subit ensuite un traitement insupportable aux tenants et aboutissants délirants. Le lecteur croise aussi, dans les pages de "Major League", un sculpteur sur chocolat tellement précis que ce qu'il sculpte fonctionne vraiment, du lait qui tue, de vieux amis/ennemis, une chef de service harceleuse et érotomane, des scientifiques sans scrupules, des néo-nazis, des satanistes et des sosies. Il apprendra également tout sur la vie sexuelle cachée des champions de base-ball.
Scénario à la fois déjanté et construit, qui tangente sans cesse l'absurde sans jamais y tomber, dessins très expressifs émaillés de détails en arrière-plan, de petits textes humoristes ou explicatifs en fond, l'ambiance, comme les images, rappellent les planches du magazine Mad. Ce volume est un grand plaisir de lecture dans lequel l'excès jouissif de l'histoire ne l'empêche nullement d'exister.
Je ne peux que conseiller la lecture de cette excellente série.
Chew t5, Major League, Layman, Guillory

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