Cullen Bunn - Bones of our stars, Blood of our world

Scénariste de comics et romancier, ce n'est apparemment pas le même set de compétences. C'est la conclusion qu'on doit tirer de la lecture de Bones of our stars, Blood of our world , le premier roman du scénariste Cullen Bunn . Là où un comic peut se permettre d'être frénétique, ici trop de personnages se succèdent trop vite dans une histoire convenue qui ne parvient même pas à être gore alors que c'est cette direction qu'elle vise. Ajoutons-y, pour faire bonne mesure, une écriture sans éclat, une enfilade de narrations à la troisième personne qui empêche tout investissement émotionnel, et l'éternelle petite ville insulaire en décrépitude dans laquelle on s'emmerde grave. Nihil novi sub sole , ça a été déjà fait, et beaucoup mieux. Passe ton chemin, lecteur !

Killing latte


Sortie récente du cinquième volume de la très bonne série multiprimée Chew.
Tony Chu, cibopathe, ressent les "vibrations" de tout ce qu'il mange. En ingérant une chose, il peut voir d'où elle vient, qui l'a touchée, ce qui s'est passée autour. Et ça marche aussi avec du sang ou des bouts de cadavre. Son don d'expert médico-légal est utilisé, dans le cadre d'enquêtes, par la police d'un monde décimé par une grippe aviaire virulente.
Ici, il change de service, est expédié chez les losers, et y découvre étonnamment un plaisir renouvelé dans son travail de police. Mais patatras, il subit ensuite un traitement insupportable aux tenants et aboutissants délirants. Le lecteur croise aussi, dans les pages de "Major League", un sculpteur sur chocolat tellement précis que ce qu'il sculpte fonctionne vraiment, du lait qui tue, de vieux amis/ennemis, une chef de service harceleuse et érotomane, des scientifiques sans scrupules, des néo-nazis, des satanistes et des sosies. Il apprendra également tout sur la vie sexuelle cachée des champions de base-ball.
Scénario à la fois déjanté et construit, qui tangente sans cesse l'absurde sans jamais y tomber, dessins très expressifs émaillés de détails en arrière-plan, de petits textes humoristes ou explicatifs en fond, l'ambiance, comme les images, rappellent les planches du magazine Mad. Ce volume est un grand plaisir de lecture dans lequel l'excès jouissif de l'histoire ne l'empêche nullement d'exister.
Je ne peux que conseiller la lecture de cette excellente série.
Chew t5, Major League, Layman, Guillory

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